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Dragon Quest 8, avant même de sortir en France, est un monument du RPG Japonais. Tout aussi prisés que les Final Fanatsy, les Dragon Quest étaient jadis leurs rivaux, avant que Square Soft ne fusionne avec Enix, en 2003. Mais je ne vais pas revenir plus en arrière. Dragon Quest 8 est sorti il y a un an et demi au Japon (Nov 2004). Alors, ce test ne s'adresse pas au fan de la série, qui a terminé le jeu dix fois, en déchiffrant les kanjis. Pour celui-ci, je dirais simplement que cette fois, c'est de l'anglais sous-titré en français. Non, ici je vais m'adresser au novice, à celui qui, quand il a vu pour la première fois la jaquette, s'est écrié: "Oh, c'est Sangoku, c'est un RPG sur DBZ ?".

Le royaume de Trodain a été frappé par la magie du puissant Dhoulmagus. Des ronces géantes ont envahi le château, la princesse a été transformée en jument et le roi en espèce de maître Yoda lifté. Ça commence bien ! Vous, vous avez rejoint le groupe et accepté de les aider. Un certain Yangus, rustre au possible, a également rejoint l'équipe. Ah, j'allais oublier Munchie, le petit hamster, votre pote de toujours. Il ne vous reste plus qu'à parcourir le monde, à la recherche du terrifiant Dhoulmagus, pour défaire son sortilège !

Commençons par le commencement. Si le héros anonyme ressemble très fortement à un personnage de Dragon Ball, c'est tout simplement parce que le character designer n'est autre qu'Akira Toriyama (le papa de Goku et des boules de Cristal). D'ailleurs dès le début du jeu on va découvrir tout un tas de personnages qui ont des airs de famille avec certains héros connus. Je pense entre autres au médium alcoolo, le Grand Kalderasha qui ressemble étrangement à Hercules Satan, ou le chevalier Angelo qui a un faux air de Trunks. Par conséquent, si je vous dis que le graphisme est entièrement réalisé en Cell Shading, cela ne vous surprendra pas !
L'ambiance est digne d'un dessin animé. Un gros travail a été fait pour rendre les personnages attrayants au possible. Des points d'exclamation, des expressions de visage dans la plus pure tradition manga, et surtout un monde coloré et vivant assurent un très plaisir. L'univers est extrêmement grand et la profondeur de champ reflète largement cette impression. Les bâtiments imposants se voient de loin et grossissent au fur et à mesure qu'on s'en rapproche. Rarement les déplacements ont paru si réalistes dans un jeu. Tout se fait à échelle humaine.
Cependant, en y regardant de près, on se rend vite compte que tout n'est pas aussi fin. Les textures sont assez sobres (voire carrément dépouillées), et il ne faut pas s'amuser à regarder certains objets trop en détail, de peur de voir surgir des polygones. Enfin, régulièrement, les personnages disparaissent d'un coup lorsque vous vous éloignez d'eux. Certe ce n'est pas gênant en soi. Mais on perd énormément en esthétisme.
Pour les amateurs de RPG moderne, Dragon Quest 8 paraîtra simple, trop simple. Et c'est ce qui fait sa force. DQ8, c'est du old school. Ici, pas de système compliqué pour passer les niveaux, équiper les personnages ou attaquer. Le passage de niveau vous octroie automatiquement des points dans vos caractéristiques sans vous demander votre avis. Il vous donne également des points à répartir dans vos compétences (6 pour chaque personnage, réparties, entre les armes, le combat à main nu, et les capacités spéciales). Plus vous montez dans une compétence, plus les bonus qu'elle accorde sont impressionnants. Monter dans le combat à l'épée augmentera vos dégâts, et vous donnera accès à des techniques avancées, comme des dommages accrus sur les dragons.
S'il est impossible de gérer ses caractéristiques (Force, Endurance, Magie...), c'est avant tout pour garantir une aventure prenante avec des ennemis toujours en phase avec votre niveau. Il est très rare de faire des séances de level up compulsives. En général, si vous suivez globalement la trame principale, votre personnage progressera petit à petit, mais régulièrement. Il en va de même pour des combats toujours très bien dosés, au fil de l'aventure. Les affrontements contre les boss sont très souvent sur le fil. Il est rare de se faire exploser lamentablement, ni même d'écraser en deux coups un super méga-chef. Le fait que les points de sauvegarde ne soient disponibles que dans les églises des villages y est pour quelque chose. Quand vous mourrez, vous retournez à l'église la plus proche, ce qui vous oblige bien souvent à vous retaper tout le donjon. Par conséquent, on s'équipe correctement, et on veille à être prêt pour partir dans une nouvelle zone.
Là encore, contrairement aux RPG que l'on voit, les armes sont toujours accessibles rapidement dans les boutiques. On n'a pas besoin de faire cent mille combats pour acheter le meilleur équipement d'une boutique. En terminant le donjon (souvent proche), on a suffisamment de pièces d'or pour s'offrir le meilleur matos. Et c'est sans compter sas le pot du père Trodé. Ce dernier a créé un chaudron magique. En y enfournant deux puis trois objets, ce dernier en crée un flambant neuf, souvent plus puissant, et donc plus rentable à la revente. Mais comme pour tout bon plat, il faudra trouver les recettes parsemées dans des bouquins tout autour du monde.
Enfin, durant les combats, restent des options qui permettent de varier un peu les plaisirs. Tout d'abord, certaines tactiques paramétrées permettent d'automatiser les affrontements. On préféra une stratégie tout en bourinnage pour Yangus (qui du coup tapera tout seul à chaque coup) ou de soutien pour Angelo (qui aura tendance à soigner avant de se lancer dans le combat). En mode manuel, vous pourrez privilégier la défense ou utiliser votre tension. En vous concentrant pendant quelques tours, vous pourrez accroître votre potentiel, permettant de décocher des dégâts terribles (ex: une attaque classique à 30 peut monter à plus de 200 avec 4 tours de tension). Hélas, la moindre altération d'état (comme le sommeil) réinitialise votre tension. Il faut donc, bien gérer tout ça !
Enfin, Dragon Quest VIII, c'est une quête colossale. Tout d'abord, vous démarrez le jeu dans le flou le plus complet. Cela va être à vous de découvrir petit à petit les tenants et les aboutissants lors de petites scénettes et de nombreux flash-back. La trame est tellement bien faite, qu'elle vous tiendra en haleine une bonne centaine d'heures si vous désirez aller au bout de choses. Mais ne vous attendez pas à des rebondissements phénoménaux. Comme je vous l'ai déjà dit, le titre mise sur la simplicité. Cela n'empêche que l'on se prend corps et âmes dans cette odyssée.
Qui plus est, un paquet incroyable de quêtes annexes parsèment votre progression. Le continent à visiter est réellement grand. Si passer d'une ville à une autre par une route principale est assez rapide, il n'en va pas de même si vous commencez à fouiller les recoins des bois à la recherche du moindre trésor. Heureusement, rapidement, des items et des sorts vous permettront de vous téléporter à l'entrée de n'importe quel endroit déjà visité. Cerise sur le gâteau vous adopterez une killer panther (genre Gringer dans Muslcor) qui vous servira de monture et vous fera gagner un temps précieux.
Et le dressage ne s'arrête pas là. Grâce à vos talents, vous pourrez commencer à capturer et à élever des créatures. Vous pourrez alors les aligner dans les combats à la place des héros (pratique pour les laisser au repos), ou les faire combattre dans un colisée. Tiens, ça me rappelle un certain Pokémon. Enfin, des séquences alternatives varieront le gameplay. Vous incarnez Munchie pour des missions d'infiltration dignes d'un Splinter Cell en version hamster. Pour terminer, sachez qu'il faudra à la fois tenir compte du jour et de la nuit, certains objectifs ne pouvant être résolus que dans une partie précise de la journée. Par exemple, la pluaprt des boutiques sont fermées la nuit. Dragon Quest VIII est des plus complets et des plus ludiques !
Conclusion :
Même si Dragon Quest VIII apparaît comme simple et sobre, il n'en est pas moins riche et passionnant. Il est l'aboutissement d'une longue lignée de RPG, que tout fan du genre se doit de posséder. S'il est culte au Japon, c'est également en partie grâce à la plume d'Akira Toriyama qui nous plonge dans un monde que nous n'avons jamais vu, et qui pourtant nous est familier. Enfin, le mélange excellent entre ergonomie, durée de vie et gameplay varié garantit une centaine d'heures de jeu, ce que peu de jeux aujourd'hui peuvent garantir. Dragon Quest 8 est un véritable must, qui devrait figurer das toutes les bonnes ludothèques.
Les plus : Akira Toryiama, le coté old school, l'homogénéité de la difficulté, l'univers attachant
Les moins : un graphisme un peu trop léger dans le détail

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