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Si je vous dis, Marlon Brando, Al Pacino et James Caan mis en scène par Francis Ford Copola. Si en plus je vous rajoute une musique mythique signée Nino Rota qui fait Tadadadada dada dada (enfin, écrit comme ça, cela ne rend pas vraiment). Et en plus, comme ça, en cadeau, je vous rajoute un New York des années 45. Vous me dites... The Godfather bien sûr, qui ne se traduit pas par "Le père des dieux", mais bel et bien par le Parrain. Vous avez toutjours rêvé d'entrer dans la famille Corleone, de côtoyer le Don et de bosser aux côtés de Luca Brasi, alors, EA vous exauce.

Votre père était un fidèle de Don Corleone. Malheureusement, lors d'une mission qui a mal tourné, celui-ci s'est fait méchamment bourrer le buffet avec du plomb. En guise de reconnaissance pour son sacrifice, votre mère a été placée sous la protection du Don. Mais aujourd'hui, vous filez du mauvais coton. Pour vous éviter de finir en taule ou dans une boîte en sapin, votre mère demande une faveur au Parrain ; vous apprendre un métier. Et qui choisir de mieux que Luca Brasi comme maître de stage ?

Avant de nous lancer sur les pentes dangereuses du crime organisé, faisons une petite halte par le salon de beauté. En effet, avant de commencer votre aventure, vous aurez la possibilité de confectionner votre héros des pieds à la tête, du lobe de l'oreille à la courbure du menton. A priori, avec un peu de patience et de physionomie, il est possible de modéliser n'importe qui, y compris vous. Vous pouvez devenir héros à part entière d'un jeu vidéo. Si ça c'est pas de l'immersion.
Vous pourrez également piocher des fringues d'époque dans une garde-robe. Cette dernière est tout de même relativement limitée. Mais, à ma grande surprise, les vêtements que vous choisirez modifieront le respect que vous inspirez et les réactions des passants. Ainsi, en dépensant un peu d'argent pour un costume cravate, au lieu de votre T-Shirt pourri, les remarques des PNJ dans la rue passeront de « Mon dieu qu'il pue », à, «Quelle classe cet homme ! ». Malheureusement, pour avoir des ensembles classieux, il faut mettre le prix. Et comme partout, l'argent ne tombe pas des arbres (sauf peut être dans Zelda ou Animal Crossing).
Côté action, on se rend vite compte qu'en exploitant la licence du Parrain, Electronic Arts a voulu faire son GTA-Like sous une forme assez proche de True Crime. La famille Corleone vous donnera des missions qui permettront de faire avancer le scénario. Mais à côté de cela, il faudra vous faire un peu de tunes par vous même. Parmi vos activités annexes, vous aurez le choix entre braquer des banques et des camions, extorquer de l'argent et placer des commerces sous votre protection, ou rendre des services aux autres gars de Corleone. Petit à petit, vous gagnerez en notoriété et pourrez investir dans des fringues. De simple sous-fifre, vous passerez les rangs de la pègre. À chaque nouveau niveau, vous pourrez progresser dans l'un de vos talents (tir, santé, combat, connaissance de la rue...). Hélas, une fois en jeu, vos améliorations seront gérées automatiquement.
Pour la plupart des missions, il faudra faire preuve d'un bourrinisme exemplaire. Et c'est là le principal défaut du jeu. La plupart des missions se règlent au poing, au pistolet et au fusil. Il faudra transformer en spaghettis bolognaises les tripes des gars qui se dressent sur la route de la famille, et faire couler de la sauce tomate de ceux qui n'arrivent pas à se décider assez vite. Certes, il est possible de menacer les gens en faisant varier une jauge de pression (un peu comme dans The Punisher). Cependant, cette phase reste trop anodine pour présenter un réel intérêt.
Mais que fait la police ! Eh bien, elle attend que vous lui versiez des pots de vin. Une fois dans la rue, vous possédez un degré de surveillance. Plus vous arrosez les flics véreux, plus ils vous oublient et vous laissent mener votre business en toute quiétude. Ceux qui vous poseront le plus de problèmes ne seront pas les gars en uniforme, mais les hommes de main des autres familles. À force de tabasser une mafia, vous allez remplir une jauge de vendetta, qui pourra pousser ses membres au règlement de compte. Il faudra alors faire attention à ne pas se prendre une rafale meurtrière et gratuite en empruntant le mauvais trottoir. Un doigt qui glisse malencontreusement sur une gâchette, ça arrive souvent.
De temps à autre, il vous sera donné de prendre des véhicules pour tailler la route un peu plus vite ou en découdre lors de courses poursuites. Globalement les véhicules se prennent très facilement en main. Même s'ils ne sont pas nombreux (il faut dire que le choix en 50 était moindre), ils ont le mérite de se distinguer rapidement en vitesse. On apprend rapidement lesquels il faut prendre, et lesquels éviter. Le seul ennui, c'est que la caisse choisie ne change pas grand-chose.
Qui plus est, les déplacements d'un bout à l'autre des maps sont très lourds. Les aller-retour entre Little Italy, la maison familiale des Corleone et les rendez-vous de missions sont incessants. On perd son temps à piquer des bagnoles et à se retrouver sur la carte. Des warp instantanés pour démarrer un objectif n'auraient pas été du luxe.
Enfin, sur le point de vue ergonomie, on reconnaît la patte d'EA. Les programmeurs n'ont pas hésité à reprendre le système utilisé dans Fight Night pour les combats à mains nues ou à l'arme blanche. Dommage que dès que l'on prend un flingue en main ce soit la croix et la bannière pour viser en se planquant, sans perdre bêtement de précieuses munitions, ou se faire dégommer comme un lapin cul de jatte.
Bien entendu, il reste un point délicat que je n'ai pas abordé. Je ne savais trop comment y venir, alors je l'ai gardé pour la fin. Que va penser le fan du film, qu'il a déjà vu 20 fois, en VO, en VF au ralenti et en director's cut. Personnellement, je suis un inconditionnel du film et le scénario ne m'a pas paru décalé. Il y a eu une certaine application à développer une trame qui s'intègre dans le scénario du long métrage, sans l'altérer. Alors, oui, c'est très bien fait, mais on a l'impression que tout est calculé d'avance, pour peu que l'on ait déjà vu le Parrain.
En ce qui concerne la modélisation des personnages, elle est très réussie, en partie parce que la plupart des acteurs ont accepté de laisser leur image; sauf Marlon Brando, pour lequel l'acquisition des droits a été un peu compliquée. Il aurait été bête de se passer de gros plans aussi saisissants du Don. Pourtant, ces représentations sont tellement réalistes qu'elles en deviennent plates, sans expression. Heureusement, les missions permettent de débloquer des séquences originales du film, qui nous remettent de suite dans l'ambiance.
Conclusion :
Le Parrain est un jeu correct qui ravira les fans comme les nouveaux venus. Il est agréable, quoiqu’un peu surdosé en matière de violence et de séances de massacre gratuit. Ce GTA-Like tient bien la route et marque l'arrivée d'EA dans un domaine qu'il n'avait pas encore visité. C'est peu être la raison de ce manque de maturité dans certaines phases d'action du jeu.
Les plus : une licence le parrain bien exploitée, l'utilisation du système de Fight Night
Les moins : beaucoup de déplacement inutiles, des approximations dans le gameplay

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