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Aller, on est reparti pour un tour dans les méandres des batailles de la guerre contre les nazis. Si au début le Reich pouvait dormir sur ses deux oreilles, aujourd'hui les joueurs commencent à s'habituer à ces FPS historiques. Toujours plus réalistes et plus fidèles aux contextes Call of Duty 2 compte bien imposer son monopole sur ce terrain là. Désormais, les SS devront laisser leur Lüger sous l'oreiller, s'ils souhaitent passer une nuit en sécurité.

Vous voici en plein milieu des conflits de la Seconde Guerre mondiale. Vous allez devoir amener votre baluchon, vos rangers pleins de boue et votre carcasse encore lasse du débarquement aux quatre coins du monde. L'état major Activision a décidé de vous faire intervenir dans les opérations les plus meurtrières, mais également les plus décisives de la Grande Guerre. De la Normandie, à Stalingrad, en faisant un détour par El Amein en Égypte, vous serez un soutien indispensable aux forces de libérations britanniques, russes et américaines. Enclenchez bien fort votre billonnette, faites une dernière prière, et ruez-vous à l'assaut de l'ennemi.

Des moyens hollywoodiensCall of Duty 2 est avant tout un jeu magnifique. Même si fondamentalent les textures ne sont pas plus évoluées que sur un jeu de tir de la même génération, le rendu global est saisissant. On note une grande précision dans la représentation des détails des personnages. Souvent bâclés aux profits de bots impersonnels, vos ennemis et vos alliés sont très réalistes. On les reconnaîtrait presque si on les croisait dans la rue (bien sûr pas un jeudi soir, après une soirée Infirmière qui se termine au Macumba Guiguette Club). Mais tout de même, c'est très réussi.
Dans le même ordre d'idée, on en peut que saluer les effets climatiques et physiques. Ils sont plus vrais que nature. J'ai presque sorti mon appareil photo numérique pour prendre une photo du soleil couchant sur le désert égyptien. Un des éléments les plus incroyables est la fumée. Jamais je n'ai vu des gaz opaques aussi bien modélisés. Qu'il s'agisse de fumigène qui obstrue la vue, ou d'explosion qui se dissipe peu, à peu, lors du débarquement, laissant entrevoir les positions allemandes, c'est un pur bonheur (à part la vue des mitraillettes nazies bien sûr). Les phénomènes de diffraction et de lumière sont au top. Lorsque vous fixez le soleil pendant quelques instants, vous avez du mal à recadrer correctement vos yeux en face de leur orbite. D'un autre côté, quel imbécile irait s'aveuglait en matant le soleil, alors qu'une patrouille allemande est en train de le dézinguer sans pitié. Poésie quand tu nous tiens ! Ces remarques sont également valables pour des intérieurs globalement sombres, où juste quelques lumières tamisées permettent d'apercevoir un reflet sur un casque ennemi, prêt à vous fendre le coeur. Romantisme quand tu nous tiens
Mais attention. Les fans de FPS, les vrais, trouveront ce titre à la limite de l'intéressant. En effet, les développeurs ont préféré un mode ultra scénarisé, qui ne laisse que peu de place à la liberté. À la manière d'une grande production hollywoodienne, il n'y a que peu de place pour l'improvisation. Les opposants et les alliés ont été littéralement lobotomisés. Comprenez par là, que leur initiative se limite aux déplacements déclenchés par tel ou tel événement. L'IA n'n’est pas d'un niveau plus évolué qu'un Rocky face à un Ivan Drago (tiens d'ailleurs, Stallone rempile pour le 6, je sais ça n'a rien à voir avec COD 2). Elle se contente, comme de bons acteurs, de tenir leur rôle, quitte à se faire démonter la tête pour rien, et quitte à ne pas se replier pour soutenir les positions arrière, quand les premiers bastions tombent.
Le deuxième gros souci, est que même si les lieux de combat paraissent gigantesques (notamment avec une très grande profondeur de champ), on avance très linéairement. Des barrières, des bâtiments, des portes et des ruines bouchent systématiquement les passages autres que ceux qui sont établis.On se retrouve donc confiné à suivre un chemin préétabli de A à Z, sans avoir la moindre chance de faire preuve de génie et d'astuce. Vous êtes militaires, pas maîtres de guerre
Mais toute cette scénarisation à un but précis. Activision n'a pas pris un malin plaisir à vous contraindre à une marche forcée, juste pour vous entendre geindre. Non, grâce à ces points de passage chronométrés, synchronisés et rythmés, il est possible de déclencher des évènements. Et c'est une matière dans laquelle excelle avec maestria Call of Duty 2. Planqué dans des tranchées avec des panzers qui vous passent au-dessus de la tête, en plein coeur d'un pilonnage aérien, ou sous une pluie de douilles ennemies, COD 2 la joue grand spectacle. Et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est rudement efficace.
Si vous possédez une bonne installation sonore chez vous, alors n'hésitez pas à pousser le volume à fond. Tant pis si les voisins se planquent à la cave croyant à une invasion terroriste soudaine. Les personnages cirent, hurlent, gémissent. Les explosions proches provoquent des acouphènes. L'environnement sonore, ponctué de musiques imposantes et dramatiques vous scotche à votre fauteuil.
On a l'impression de se retrouver projeté dans un film, au coeur d'une action qui ne laisse que peu de temps de répit. Seulement voilà, si on a l'intime sentiment de revivre le Soldat Ryan ou Le jour le plus long, on se lasse assez vite. 2h voire 3h de ce spectacle audio visuel, c'est divertissant. Mais au bout d'un moment, ça soule. Imaginez-vous en train de regarder un film comme le Soldat Ryan pendant plus de 5 heures. À la fin, c'est plus les nazis qu'on a envie de dégommer. C'est ce pauvre Matt Damon qui fait sacrifier toute une escouade pour sa pomme. Et dans COD 2. Quand un allié révèle la position du groupe et que l'on se fait surprendre, on a envie de le tuer. Seulement, voilà, dès que vous abattez un de vos compères, vous perdez automatiquement. Alors dans une charge, au milieu de la terre, avec de la fumée partout et des explosions dans tous les coins, expliquez-moi comment on différencie du kaki allemand et du vert américain ? Pourquoi, on ne peut pas s'habiller en rose fluo pour mieux se reconnaître ?
Conclusion :
Call of Duty 2 est une super production du jeu vidéo. Tout est préparé, écrit, calculé et rythmé pour envoyer le joueur dans une autre époque. L'immersion est rapide et très prenante. Seulement, voilà, le côté film interactif a tendance à rendre le Gameplay limité. Le titre est donc à proscrire pour des fragers chevronnés, qui de fait, se plaindront d'un manque de liberté et d'une certaine récurrence de l'action.
Les plus : un jeu très beau, très impressionnant et très immersif
Les moins : un manque de liberté et de folie

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