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J'espère que vous n'avez pas le mal de mer. Aujourd'hui, on prend la direction du grand large. À nous l'écume, les embruns, les crottes de mouettes. À nous l'odeur du sel de mer, du grand air, et du poiscaille. Si vous vous sentez l'âme d'un Kersauson, d'un Riguidel, d'un Tabarly ou d'un Éric Morena, alors enfilez votre ciré, votre gilet de sauvetage et balise de détresse, on sort le trimaran.

Virtual Skipper, ce n’est pas compliqué à comprendre comme histoire. Vous êtes un pro de la voile, et, pour devenir le numéro 1, il va falloir gagner un maximum de régates et de courses autour du monde. Virtual Skipper 4 est issu d'une lignée de jeux destinés à des passionnés de voile. Même si la réalisation est suffisamment souple pour que les débutants en la matière y trouvent leur compte, ces derniers auront très certainement l'impression que le jeu est très long et répétitif.

Avant toute chose, il faut savoir que Virtual Skipper 4 n'est pas destiné qu'à des fondus de voile. L'entrée dans le jeu peut se faire graduellement. Un tutoriel très bien fait et très progressif, permet d'acquérir un vocabulaire technique, à priori barbare, en quelques leçons. Quand vous regarderez la Transat Jaques Vabre, vous pourrez faire votre malin en vous écriant, "Mais pourquoi il a pas empanné autour de la bouée ?" au lieu de dire, "Mais ce couillon, pourquoi il a pas fait un dérapage sur l'eau, vu qu'il avait le vent aux fesses ?".
Rapidement, vous apprendrez à différencier les voiles disponibles, comme le spinnaker, le foc ou le Cod 0. Vous apprendrez à placer votre voilier comme il faut dans le sens du vent. Au bout d'une heure ou deux de pratique, il sera possible d'attaquer le mode solo, et des régates en mode arcade. Pour être sûrs de ne pas vous paumer dans les courses, des lignes représentant, les trajectoires, les bouées de passage et le sens du vent seront affichées en couleur vive. Ce coup de pouce permet de prendre rapidement les départs. Durant les courses, vous n'aurez quasiment qu'à gérer les choix des voiles et l'orientation de la barre du bateau.
Pour les joueurs chevronnés, un mode Simulation beaucoup plus complet sera plus passionnant. Vous devrez à la fois faire attention au vent, mais également à l'attaque des vagues en fonction de leur type), qui font partie intégrante de la gestion. Le réglage des voiles sera à votre charge. De même, il vous faudra composer avec l'ensemble des règles de courses, pour un maximum de réalisme et d'immersion. Cartonner un navire en espérant le faire couler, c'est pas autorisé!
Côté comportement des embarcations, il n'y a pas grand-chose à dire. Le moteur physique qui gère les trajectoires est bluffant. L'ensemble des éléments naturels, qui contribuent au mouvement d'un bateau sont pris en compte : vitesse du vent, trajectoire du vent, hauteur de la houle, rythme des vagues. Par exemple, si vous passez dans une zone agitée, la répétition des creux ralentira inévitablement votre trimaran. Si ces données étaient déjà prises en compte dans les volumes précédents, il faut bien avouer qu'un pas de plus a été fait dans le réalisme.
Les choix que vous faites sont primordiaux dans vos courses. La moindre erreur de stratégie peut être immédiatement sanctionnée. En premier lieu, le changement des voiles met un certain temps. De plus, on ne peut annuler subitement une voile qui se hisse, pour en choisir une autre. De ce fait, il faut être sûr de son choix. Par exemple, hisser un spinnaker dans un virage, alors que l'on va se prendre un vent de face arrêtera net votre engin, comme si un mur s'était dressé au milieu de l'eau. Dans un tel cas, autant vous dire que vous pouvez recommencer la course.
Ce qui pêche le plus, c'est tout ce qui concerne les casses et les avaries. J'ai eu beau essayé d'empanner à 30 noeuds, mon monocoque n'a pas bronché. Dans le même ordre d'idée, il est impossible de démâter. Lors d'un choc avec un concurrent, tout ce que vous risquez est une pénalité, ou une danse d'Hélène (je fais le tour de moi même et je vais en a-vant).
Côté graphisme, Focus nous la joue Full Monty et sort le grand jeu. La modélisation est tout simplement somptueuse. Franchement, l'eau est plus vraie que nature. Dans les eaux tropicales, j'ai manqué mettre mon maillot de bain et plonger dans mon écran. Les monocoques et les multicoques sont également à l'honneur, avec un détail certain pour les voiles, des effets de transparence saisissants, et un équipage actif à l'intérieur. Mais ce ne sont pas que les éléments maritimes qui ont profité de cette 3D. Virtual Skipper 4 va jusqu'au bout en rendant un détail surprenant pour les éléments côtiers. Vous croiserez des basiliques, des phares, des ports, des habitations. Et on ne s'y trompe pas, il ne s'agit pas de vieux fonds d'écrans collés en guise de texture.
Le ciel a enfin fait l'objet d'un traitement particulier. Qu'il s'agisse du jour ou de la nuit, d'un plein soleil ou d'un temps nuageux, jamais, la représentation n'a été poussée aussi loin. Le zénith nous aveugle par des contre-jours somptueux, et les ombres se reflètent sur une eau en constant mouvement. C'est un travail de modélisation climatique, qui mérite une standing ovation.
Mais on ne peut parler du graphisme sans relever un ou deux petits bugs par-ci par-là. Quoi je suis pointilleux ? Non, je suis professionnel. La liberté de déplacement de la caméra est à 100% manuelle et paramétrable, zoom compris. C'est l'un des grands avantages des univers en 3D. Par contre, il arrive, lorsque l'on regarde le voilier au raz des vagues, de voir sous la vague. Comme VS 4 n'est pas un jeu de sous marin, les fonds des mers ne sont pas calculés. On assiste donc à de curieuses superpositions de polygones. Mais tout ceci n'est que pinaillage, juste histoire de trouver un truc insignifiant à redire.
Question contenu, on est un peu déçu. Même si le choix reste correct, on fait assez vite le tour des embarcations disponibles.4 grandes familles de bateaux se partagent le jeu. Tout d'abord, parlons de la catégorie reine, celle de trimarans (les plus rapides, mais les plus techniques). Les autres voiliers sont exclusivement des monocoques de 20m, 13m et 7.50m. Plus c'est court, plus c'est intrépide. En contrepartie, cela nécessite plus d'expérience à la barre.
La campagne solo se décompose en trois grandes sections. Chacune d'elles est divisée en courses, pour un total de 14 épreuves. À côté de cela, vous pourrez participer à un jeu online, où vos données personnelles seront échangées en P2P, afin de cibler au mieux vos adversaires. Pour varier les plaisirs, vous pourrez même utiliser des cartes et des régates créées à partir de l'éditeur, fourni avec le jeu.
Enfin, sachez que 6 nouveaux plans d'eau ont été ajoutés à ceux de Virtual Skipper 3, portant leur nombre à 12. Ces derniers sont :Marseille, Valence, Rio, Vancouver, Naples et Quing Dao. Cela vous promet un beau voyage autour du monde.
Conclusion :
Virtual Skipper est à la voile ce que Pro Cycling Manager est au vélo, ce que la Bolognaise est aux spaghettis, et ce que les olives sont aux pizzas. C'est un must pour tous les passionnés de multicoques et de monocoques. Graphiquement, le rendu est impressionnant. Le jeu est magnifique, et entièrement en 3D. Seuls un fond sonore un peu plat et un gameplay corsé dès que l'on passe en simulation freineront les novices. Il ne manque plus qu'un ventilo et un brumisateur pour rendre l'expérience encore plus réelle.
Les plus : la seule simulation de voile, très beau, accessible aux débutants
Les moins : réservé à des accrocs de la voile

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