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Bonjour, je m'appelle Ethan Thomas, je suis agent du FBI. Cela fait maintenant un moment que je traque les serial killer. Des meurtres sanglants, des crimes rituels, j'en ai rencontré auparavant. Mais cette enquête n'est pas comme les autres. J'ai comme une appréhension avant de pénétrer sur la scène de crime; un peu comme si mon instinct me disait de reculer. Pourtant, je n'ai pas le choix. Il faut que je stoppe ce meurtrier avant qu'il ne fasse d'autres victimes. Aller, Ethan, tu n'as qu'une porte à franchir.

Cette scène de crime est une mascarade. Tout a été méthodiquement mis en place. Les premières analyses révèlent une mort par strangulation. La pauvre fille n'a pas eu de chance. Ce dîner en amoureux, dans ce squat pourri et nauséabond aura été son ultime repas. Mais, cette odeur, qu'est ce que c'est. Quelqu'un est en train de fumer. Pourtant, les policiers autour de moi n'ont pas allumé de cigarette. Le tueur est toujours là, il nous observe. Lentement, je sors mon arme, et l'équipe se met en marche. J'avance pas à pas dans l'obscurité. Soudain, je sens un choc, la nuit me recouvre de son voile.Avant de m'évanouir, je repense à cette vague de criminalité, et ce massacre rituel d'oiseaux. Tout cela serait-il lié ?

Condemned - Criminal Origins n'est pas un titre comme en croise beaucoup. Son ambiance et son gameplay alternatif le classent dans plusieurs genres, tout en le rendant unique. A la fois jeu de tir, d'investigation, ou d'horreur, Monolith nous plonge dans les méandres de l'esprit torturé d'un serial killer. Au delà de ça, une impression malsaine et glauque envahit rapidement nos doigts crispés. Des gouttes de sueur commencent à perler sur nos fronts. La manette glisse dans nos mains moites. Lentement nous basculons vers le paranormal.
Il est difficile de trouver un équivalent de Condemned dans le panorama vidéo-ludique actuel. Pour essayer de vous donner une idée sur le style du jeu, il faut se pencher vers le cinéma underground, le thriller paranoïaque. SEGA a réalisé sur un titre qui pourrait se ranger entre SAW et Seven ay rayon DVD des magasins. Mais ici, l'implication est plus grande. C'est vous qui menez l'enquête. Il n' y a pas de caméraman, pour vous obliger à regarder dans la bonne direction. Il n' ya pas de scénario, qui vous garantisse de survivre, d'un bout à l'autre de l'aventure.
Avec FEAR, Monolith nous avait déjà impressionnés. Aujourd'hui, le studio pousse encore un peu plus loin les mécanismes de la peur. Et comme dans tous les cas, ce sont les procédés les plus simples qui fonctionnent le mieux. Pour commencer, vous incarnez Ethan Thomas, un agent du FBI. Vous êtes un simple humain. Vous ne possédez pas de dons exceptionnels, excepté pour le profiling et l'investigation. Une simple balle peut donc vous être fatale. Chaque pas, chaque passage de porte, est peut être le dernier.
Ajoutez à cela des décors sombres et dérangeants. La lumière est très importante. Vous n'avancerez bien souvent qu'à la lueur de votre lampe torche, et des sources indirectes. Des jeux d'ombres vont rapidement se créer. Est-ce un homme en face de mois, ou n'est-ce que mon reflet sur un miroir. L'ombre qui vient de passer furtivement devant moi, est-elle celle d'un oiseau, dehors, ou d'un tueur à l'affû.
Enfin, vous n'aurez pas de zombie, de démon, ou d'extra terrestre à tuer. Vous avez affaire à des êtres humains, faits de chair et de sang. Qu'ils soient des assassins ou simplement des junkies, vous devrez les éliminer avant qu'eux le fassent. Vous n'êtes pas une armurerie ambulante. Votre chargeur ne comptera bien souvent que quelques balles, les munitions ne poussent pas sur les arbres. La plupart du temps, c'est avec une hache d'incendie, une planche à clou ou un bout de tuyau arraché sur un mur, qu'il faudra vous défendre. On réfléchit bien souvent à deux fois avant de gaspiller une balle, et cette hésitation est souvent fatale.
L'ambiance se traduit par une très bonne gestion de la lumière et des effets graphiques en général, qui sont très réussis. Combiné à une bande sonore stressante à souhait, à des personnages aux traits marqués, à une absence de censure pour le morbide, vous aurez rapidement une impression de mal à l'aise, comme si vous sentiez que les choses allaient mal tourner.
Cependant, si on passe ce côté immersif pour se concentrer sur la pure réalisation technique, on est un peu déçu. Toutes les ombres ne sont pas réfléchies correctement par votre lampe torche, voire quasiment absente (y'a-t'il un vampire dans l'assistance). D'autre part, les interactions avec le décor sont très faibles. On aura à peine droit à quelques objets qui remuent et des armes que l'on trouvera dans les murs ou les gravats. Si on va au plus prêt des textures, on se rend compte qu'elles ne sont pas si réussies que cela.
Mais le véritable point faible de Condemned est sa simplicité et sa linéarité. Le jeu est réalisé comme un film interactif. La plupart des puzzles et des énigmes se résolvent sans vraiment poser de problème. Des indications sont en permanence données à l'écran pour nous permettre d'avancer rapidement. Par exemple, lors des relevés sur une scène de crime, les bons outils apparaissent au fure et à mesure. Il ne reste souvent qu'à ajuster un zoom pour avoir une image correcte. C'est un peu décevant et un peu frustrant.
De même, les chemins à emprunter, et les évènements qui s'y déroulent sont entièrement scénarisés. Bien souvent le personnage se retrouvera bloqué par un tas de gravats d'un mètre de haut, ou par une étagère en travers du chemin, car cela ne fait pas partie de la trame. Les amateurs d'action ne seront pas les bienvenus. Seuls les joueurs passifs (ce n'est pas une critique), ceux qui privilégient l'ambiance et le scénario trouveront un intérêt.
Conclusion :
Condemned est un titre surprenant et dérangeant. Les côtés glauques et morbides, poussés à leur paroxysme, assure une ambiance lourde, et pesante. Réellement addictif, on ne sort pas indemne d'une partie. Jouer dans une pièce sombre, avec pour seule ambiance sonore, celle du jeu, c'est le frisson assuré. Vous finirez par réagir au moindre bruit, vous demandant, si cela vient du jeu, ou si c'est votre imagination qui vous joue des tours.
Les plus : une amabiance comme on en voit rarement, les effets de lumière et le son
Les moins : un gameplay très linéaire, un manque de possibilités

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