
Acheter au meilleur prix sur
Le Prince de Babylone est de retour pour un troisième volet. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ce type, il n'a pas de nom. Ben quoi, c'est vrai. On entend parler du Prince par ci, du Prince par là ! A-t-il tellement honte du nom que lui ont donné ses parents qu'il préfère le cacher. Imaginez, le Prince Charles Édouard de Babylone, ou pire le Prince Momo de Babylone. C'est sûr, ça casserait le mythe. Alors moi, si j'attends bien une chose de Prince of Persia - Les deux Royaumes, c'est que le voile soit levé sur ce mystère.

Notre ami le Prince rentre tranquillement vers son royaume, accompagné de Kaileena. Il espère enfin savourer un peu de repos (et sûrement autre chose) avec l'impératrice du temps. Alors que le navire les rapproche des côtes, ce n'est que la fumée et une odeur de soufre qui émane de Babylone. Et ne croyez pas que ce sont les habitants, qui heureux de son retour, lui ont préparé un barbaque géant! La cité a été attaquée; elle à feu et à sang. Quelques secondes après avoir pris consiencede la situation, le Prince se retrouve à nager entre deux eaux. Kaileena est enlevée. Elle est offerte en sacrifice par le Vizir (le revoilà celui là). Notre Prince n'a plus qu'une idée en tête: venger la mort de l'impératrice et récupérer son royaume, au risque de perdre ce qui lui reste d'humanité.

Prince of Persia c'est d'abord deux épisodes (Sand of Time et Warrior Within) qui ont cartonné. Alors Ubisoft ne devait pas manquer le coche tant le titre était attendu. Et, si d'habitude on trouve pas mal à redire sur les licences juteuses (pas d'originalité, déjà vu, manque de contenu...), avouons que ce troisième opus est des plus réussis. Le Prince arrive encore à nous surprendre et c'est tant mieux.
Ceci est tout d'abord le fruit d'un gros travail sur la ville de Babylone. Les développeurs et les graphistes ont réussi à lui donner un caractère particulier. À la fois envoûtante et terrifiante, à la fois magnifique et à moitié détruite. Les tons appellent un véritable retour vers l'orient. Parfois, sur les visions panoramiques de la ville, on a l'impression d'être en face d'une carte postale virtuelle.
Qui plus est, la bande-son est parfaitement adaptée. Les musiques passent de celle d'un film d'aventure à des airs plus traditionnels des villes orientales. Il faut dire que du Alice Cooper ou du Roberto Alagna, ça aurait fait tâche. L'intégralité du jeu est doublée et bien doublée. On regrette seulement d'avoir à forcer le son du téléviseur pour entendre ce qui se dit. Les acteurs qui posent leur voix sur Kaileena et sur le Dark Prince sont vraiment bons.
Le Dark Prince, voilà bien la bête de foire de Prince of Persia 3. C'est qui donc celui-là ? En tout cas, ce n'est pas le cousin africain du Prince de Perse. À force de faire mumuse avec les forces mystiques en général et les sables du temps en particulier le Prince s'est peu à peu corrompu. Lors de la mort de Kaileena, notre souverain a été touché de plein fouet par les sables. Bon, comme le gaillard est assez robuste, il n'y a pas succombé. Mais en contrepartie, le pauvre est devenu complètement schizophrène. Le Dark Prince le ronge de l'intérieur. Il est le côté obscur du héros ("Luke, je suis ton père..."). Quand l'un tente de sauver des innocents, le deuxième lui dit que ce n'est pas son rôle. Mais il y a une chose qui les réunit: leur motivation, la destruction du vizir par tous les moyens.
Sur le point de vue du scénario, l'apparition du Dark Prince est réellement fondamentale. Jusqu'alors, la série reposait sur un être, certes sanglant, mais qui oeuvrait pour le bien. Aujourd'hui, la dualité de ces deux êtres remet en cause le personnage. Désormais, il pourra tuer sans se poser la moindre question existentielle. Il en sort de fait, un héros plus noir, plus ironique et plus meurtrier que jamais.
Sur le plan du Gameplay, le Dark Prince ajoute un grand nombre de mouvements, aussi bien en attaque qu'en acrobatie. Ce dernier possède un fouet, qui rendrait jaloux Vincent Cassel dans Le pacte des loups. Cette liane sanglante servira à la fois de machine à sushi avec les ennemis, et d'instrument pour saisir des plateformes ou actionnez des interrupteurs. Qui plus est, manipuler le Dark Prince est une course contre le temps. Si vous ne pouvez l'alimenter en sable, alors vous êtes condamné.
En effet, il ne faut pas l'oublier, Prince of Persia 3 reste un jeu de plateforme exemplaire. La quantité de mouvement est fantastique. Vous pourrez entre autres planter vos dagues dans les murs, courir le long des parois ou vous prendre pour un funambule. Si vous avez vu B13 alors, vous savez de quoi est capable le Prince. Il vous suffira de posséder un bon timing et un bon sens de l'opération pour arriver à progresser rapidement.
Mais vous allez également effectuer un véritable retour aux sources avec des séries de rouleaux à pointe, de trous qui vous balancent des flèches et des pièges pleins de pics. Même si tout est en 3D, on ne peut s'empêcher de penser au jeu original en 2D. La progression suit des mécanismes bien rodés et efficaces, tout en laissant une grande place à la simplicité.
Enfin, un nouveau système a été inauguré pour les combats. Il s'agit du Speed Kill (élimination rapide). Lorsque vous parvenez à approcher votre ennemi de manière furtive (soit en avançant dans son dos, soit en l'attaquant en surplomb), il vous sera possible de le tuer en quelques touches. Dès que la dague s'allume (c'est maaaagique), il ne vous reste qu'à appuyer sur le bouton adéquat pour tuer d'un coup votre adversaire. Ce système prend toute sa dimension devant les boss, comme lorsqu'il faut crever les yeux du prermier et colossal titan. Ceux qui possèdent également une PS2 feront de suite un rapprochement avec God of War. Il faudra donc désormais réfléchir avant de foncer dans le tas. La furtivité est bien souvent plus avantageuse.
Mais comme vous vous en doutez, je ne vais pas faire un test sans parler des défauts de Prince of Persia - Les deux Royaumes. Tout d'abord, je vais m'attaquer au système de sauvegarde. Les points de sauvegarde sont certes suffisamment rapprochés, mais ils ont le gros (l'énorme, le colossal, le péninsulesque) défaut d'être peu visibles. Ils ont la forme d'une fontaine qui ont la particularité de se fondre complètement dans les décors. De vrais caméléons. Du coup, vous allez souvent passer à côté, et vous retaper des zones pour rien. C'est un peu dommage.
Ensuite, si on regarde de près le graphisme, on se rend compte que les textures ne sont pas si détaillées que cela. Pire, dès qu'il fait un peu sombre ou que le brouillard se lève, on se retrouve dans une purée de poix des plus floues. Il faut un oeil très pointu ou jouer de la télécommande (réglage du contraste et de la luminosité) pour arriver à s'en sortir. C'est dommage, car les effets de lumière, sont par endroits superbes.
Enfin, la caméra a tendance à nous jouer des tours. Primo, en combat, elle se place très rarement dans le bon angle. Mais bon, comme on est un bon élève, on enchaîne les combos qu'on a appris par coeur. Par contre, bien souvent des effets de perspectives ou de plongée (sans tubas et sans palme) déforment les distances. On a du mal à évaluer les longueurs et les hauteurs. Si parfois c'est tout à notre avantage, il est affreusement rageant de se laisser tomber d'une plateforme, volontairement, passant qu'on est presque au niveau du sol, et voir le Prince s'éclater la face comme un moustique sur le pare-chocs d'une voiture.
Conclusion :
Bref, malgré de nombreuses heures passées sur ce jeu, je reste très en colère après Ubisoft. Prince of Persia 3 ne nous donne pas le nom du prince pffff.... Néanmoins, il faut bien avouer que la réalisation est très bien fichue. C'est l'un des tout meilleurs jeux de la fin 2005. L'incursion du Dark Prince rajoute un côté sombre à un décor qui oscille sans cesse entre carte postale et champ de bataille. Les quelques défauts passeront inaperçus une fois lancé dans l'aventure. Que vous découvriez la série ou que vous soyez déjà sous le charme, Les 2 Royaumes est un indispensable pour votre ludothèque.
Les plus : une très bonne ambiance, un très bon rythme, des acrobaties de folie, le speed kill
Les moins : des vues trompeuses, des sauvegardes qui jouent à cache cache

Voir la fiche de ce jeu sur Jeuxcherche.com
Voir les tests pour ce jeu sur Jeuxcherche.com (note moyenne : 89/100)