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Aujourd'hui, quand on parle de jeux d'aventures sur PC, on s'attend à vivre des aventures aux frontières du réel. Un coup, il faut traquer un serial killer, un coup, il faut déjouer une prophétie. Bref, à chaque que l'on commence un jeu, on nous met sur le dos le destin de millions de gens. À croire que le Monde va tôt ou tard finir par sombrer dans la démence. Qu'il est loin le temps où nous résolvions des enquêtes sans queue ni patte dans Sam and Max, et où les sortilèges finissaient toujours en crise de rire dans Simon The Sorcerer. Eh bien, mes chères et chers playzoneurs, il semblerait que ce temps est de retour, avec Ankh une aventure Égyptienne des plus loufoques.

Quand Assil, le fils de l'architecte du Pharaon décide d'organiser une boum dans une pyramide, on peut déjà se douter que cela va mal finir. Emporté par la fête, Assil brise quelques urnes sacrées. Damne, horreur, malédiction. Fort mécontente de s'être fait broyer les organes vitaux, la momie qui repose dans la pyramide maudit notre pauvre Assil, tout en lui filant par erreur une amulette. Il ne reste plus qu'à notre jeune héros à trouver le moyen de briser le maléfice.

Tous ceux qui ont un jour eu entre les mains un 486 DX, feront immédiatement le rapprochement entre Ankh et des titres comme Monkey Island ou Gobblins. Le principe réside dans un point and click des plus primaires. Moi voir objet, moi cliquer sur objet. Au fil de votre collecte, vous allez de voir créer des associations pour déclencher des mécanismes et trouver le moyen de passer au niveau suivant.
Pour y parvenir, il va falloir faire preuve de logique. Au demeurant, cela peut paraître assez simple. Mais quand on agit dans un univers flodingo et anachronique, ça devient plus délicat. Penser à donner un bras en pierre, recouvert par une chemise hawaïenne à un crocodile, lorsque l'on a un bocal à poisson rouge sur la tête, ça ne coule pas forcément de source. De même, croiser une machine à laver les chameaux en plein désert, ça choque. On en vient même à se demander si on n’a pas fumé un buzz, bourré aux poils de castors lapons !
Et cet univers complètement déjanté, c'est ce qui fait le charme de Ankh. Le jeu est entièrement en 3D. Si je restais professionnel, si j'analysais le frame rate, si je montais la résolution pour déceler les pixellisations ou les ralentissements, je dirais que Ankh n'est pas une pure réussite technique. Mais je ne le ferais pas. Car tant au niveau des décors, que du choix des couleurs ou de l'aspect cartoon des personnages, on est sous le charme. Le jeu est plaisant à regarder et donc à jouer. Les graphistes n'ont pas hésité à mettre à outrance des couleurs chaudes et chatoyantes, qui donnent un aspect gai et convivial.
L'aventure elle-même est purement loufdingue (contraction de loufoque et de dingue). Les anachronismes (comme le duty free sur le Nil, ou la momie qui joue de la calculette) et les effets humoristiques permettent de tenir en haleine un bon moment. Qui plus est, les dialogues, et en particulier les répliques ironiques à souhait d'Assil sont doublés à merveille. Quant on s'appelle Emmanuel Curtil et que l'on a doublé des comiques comme Jim Carey, Ben Stiller, Brendan Frasier, Mike Myers , Matthew Perry ou Mark Paul Gosselar (Sauvé par le Gong), on en connaît un rayon sur le sujet. À lui seul, il constitue 90% du mécanisme comique !
Cependant, ceux qui s'éclataient à aider Simon le Sorcier ou Sam et Max, trouveront peut-être le titre un peu plat. Les associations d'objets et leurs conséquences ne sont pas des plus fantasques. On s'attend toujours à mieux. Un croco qui se casse les dents et qui part en pleurant, une momie qui se prend pour un comptable ou un rasta-man jamaïcain qui fait du business sur le Nil, ça arrive à décrocher un sourire, mais pas forcément un éclat de rire.
Mais le principal défaut de Ankh et sa durée de vie. Il suffira de 5 à 6 heures pour terminer complètement l'aventure. Ça fait un peu mal au coeur, et ce n'est pas suffisant pour s'attacher au personnage. Qui plus est, la plupart du temps que l'on perd, c'est en cherchant des objets, et donc en balayant comme un zombie l'écran ! Enfin, les déplacements d'Assil sont relativement lents par rapport à l'espace à couvrir. On a parfois l'impression que ce gars est shooté à l'inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (au Prozac quoi...).
Conclusion :
Ankh est un jeu à petit prix qui fait passer un moment bien sympathique. Même si l'humour sent un peu le déjà vu pour les vieux de la vieille, la performance d'Emmanuel Curcil ne lasse pas. Seule la durée de jeu ultra réduite peut rendre réellement réticent à son achat. C'est dommage de n'avoir pas droit à un contenu plus dense !
Les plus : une très bonne ambiance, un doubleur hors pair
Les moins : une durée de vie bien trop courte, des enigmes un peu simple

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