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Rare nous avait ébloui sur Nintendo 64 avec son Perfect Dark. Alors, quand on pense que l'on va avoir entre les mains la mouture Next Gen, on se frotte les mains. Comme tout gamer de base, on fait chauffer la cafetière pour ne pas être à cours de remontant, on prépare la petite serviette pour essuyer la transpiration et éviter que le pad ne glisse, et on se prépare à être hypnotisée par la belle Joanna. Pour peu, on ferait une infidélité à Lara Croft. Alors, fonçons, et découvrons ce qui a fait de l'agent Perfect Dark la femme qu'elle est.

Perfect Dark Zero c'est un retour dans le passé. Nous allons revenir aux débuts de Joanna en tant que mercenaire, alors qu'elle ne faisait que seconder son papounet chéri. Ce qui est sûr, c'est que quand elle était au berceau, elle avait plus l'habitude de jouer avec des magnums plutôt qu'avec des hochets. Alors qu'elle prépare une extraction avec son papou, la mission dérape. La famille se voit contrainte d'aller récupérer une mallette avec des données importantes, et la remettre au scientifique qu'ils devaient récupérer (j'espère que vous suivez). Dès que le chercheur rentre en possession de son attaché-case, il colle un truc sur la tête du pater de Joanna. Alors qu'ils organisent leur replis, papa Dark se fait chopper par les poursuivants. Commence alors un jeu de massacre avec DataDyne.

Après le succès de Perfect Dark, on s'attend à du gros, du très gros calibre avec Perfect Dark Zero. On nous promet plus de possibilités, dont celle de s'infiltrer sans se faire repérer. Joanna Dark pourrait-elle rivaliser avec Sam Fisher ? Objectivement non. Toutes les missions semblent vous orienter vers des objectifs, où la discrétion et la prudence sont de mise. Du moins, c'est ce que nous dit Chandra, notre contact féminin, qui nous guide depuis son poste tactique. Seulement voilà, cette pauvre fille, ils ont du la trouver à l'ANPE du coin, alors qu'elle cherchait une place de secrétaire. Sa voix est certes très agréable et suave, mais alors, ses compétences pour vous sortir du pétrin, c'est autre chose. Donc, vous commencez la mission, qui vous demande d'infiltrer un bâtiment. Les cinématiques vous montrent les talents de Joanna dans l'élimination discrète (là elle fait comme Sam). Mais quand c'est à votre tour, il est impossible de faire plus de trois pas sans vous faire repérer. Vous arrivez sans un bruit, à deux à l'heure derrière un garde et vous vous préparez à le neutraliser. Et là, on ne sait pourquoi il se retourne et sonne l'alerte. Haut les flingues ! Le jeu devient encore plus bourrin qu'un Quake. À croire que les gardes, eux, ils ont un mec qui sait vraiment faire son boulot aux renseignements.
Au final, au court partout en straffant et en reculant pour ne pas se faire dézinguer. Au niveau de la vie, c'est un peu comme dans Mértoid. La plupart des coups vous permettent une régénération rapide, mais certains, critiques, descendent définitivement votre barre de vie. Au bout de 5 minutes de shoot intense, on se retrouve au milieu d'une pièce, dont on ne sait même pas comment on est arrivé là. Et maintenant que tout le monde est mort, qu'on est toute seule la map, Chandra nous annonce fièrement: "Ca y'est j'ai trouvé un moyen sécurisé pour atteindre l'objectif". Meci Chandra, mais là c'est un peu tard, la zone est déjà pacifiée. La prochaine fois, tu te débrouilles à trouver un chemin plus vite, sinon, je te garantis que c'est pas les ennemis que je vais pacifier.
Le deuxième gros défaut du jeu, c'est la progression dans les niveaux. On nous envoie chercher des trucs qui ouvrent des machins dans un complexe pour lequel on ne possède aucun renseignement. Rajoutez à ça les conseils de la secrétaire de service qui arrive vachement en retard et il n reste plus qu'une seule solution. Au bout de quelques secondes, si vous n'êtes pas sur le bon chemin, des flèches bleues vous guident. À croire que les développeurs sont vraiment conscients des lacunes d'orientation dans leur jeu pour avoir mis en place un tel système, aussi irréaliste que peu esthétique.
Et ce manque d'intelligence, on le retrouve également au niveau du gameplay. L'IA est d'une bêtise innommable. Dès que vous êtes repérés, tous les gardes vous shootent. Ceux qui sont en mesure de vous foncer dessus le font sans discernement, comme un Bové face un plan de maïs transgénique. On se dit alors, qu'ils ont des armes toutes pourries dont la portée n'excède pas 2 mètres. Mais non, des types à l'horizon nous shootent aux flingues comme un lapin, avec une précision folle. On se croirait dans un monde de malades.
En ce qui concerne, les alliés, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Dans les premières missions, on se rend compte que nos amis sont immortels. On peut leur shooter dans la tête, leur faire couler des litrons de sang, ils ne crèvent pas (sûrement des descendants de Duncan ou de Connor McLeod). Fort de leur capacité de Highlander, ils n'hésitent pas à se mettre en plein dans vote ligne de feu alors que vous tirez, et vous hurle "couvre-moi !". Malheureusement, ils bouchent votre seul angle de visée avec brio. Au final, on se dit que seuls les ennemis peuvent être mourrus. Alors, on arrose sans soucis. Et là, c'est le drame. Une balle perdue touche un civil et le fait tomber net ! Sans vraiment comprendre ce qui nous arrive, on se retrouve à recommencer le niveau qui ne possède aucun check point, alors qu'on était presque à la fin. Cool !
Mais me direz, tout est à jeter dans ce jeu ? Non, quand même pas. Le graphisme est franchement réussi. Si dans les cinématiques, on arrive à détecter quelques ralentissements, le jeu est complètement fluide. Qui plus est, les niveaux sont franchement jolis, variés et très grands. Les développeurs se sont même permis quelques effets de style avec des petites vignettes qui vous montrent ce qui se passe ailleurs, un peu comme dans XIII - Le jeu. De ce fait, l'action est vraiment prenante et agréable.
Ensuite, le gameplay est assez varié. En plus du shooting avec un arsenal impressionnant, vous aurez droit à du perçage de serrure, de la programmation d'explosifs et de la neutralisation de matériels. Tout se passe sous forme de puzzles qui se résolvent soit en se synchronisant sur les vibrations du pad, soient en jouant à un espèce de Pipe Mania. Vous aurez également l'occasion de piloter des engins comme l'hovercraft. Mais là encore, on retombe dans le bide. Le véhicule est ultra dur à manier. Il part dans tous les sens sans que l'on arrive réellement à appréhender son fonctionnement.
Enfin, il convient de noter que de nombreux bugs ternissent la réalisation. Par exemple, en faisant exploser une série de bidons à côté d'un type, il est parti rebondir sur tous les murs de la pièce indéfiniment, comme s'il était en apesanteur. Ensuite, j'ouvre une porte de prison et je trouve un squelette par terre, sans la peau sur les os. Allez savoir pourquoi, je lui shoote dessus. Et le voici qu'il se met à gicler du sang dans toutes les directions. Appelez-moi Muldy et Sculler !
Conclusion :
Perfect Dark Zero ça sent le bon FPS, ça a le goût du bon FPS, mais ce n'est qu'un shooter de plus.Si au niveau de l'action et du rythme on a pas trop à se plaindre, il en va autrement pour le reste. Il est très dur de s'orienter correctement dans les niveaux, surtout avec les conseils de Chandra... Ensuite, le côté infiltration est une véritable escroquerie. Même Rambo et Terminator réunis sont plus discrets que vous. Perfect Dark Zero est une curiosité que ne brille que par son graphisme Next Gen.
Les plus : un jeu relativement beau
Les moins : pas d'infiltration, un gameplay vraiment bof, des bugs en série

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