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Voilà le tant attendu concurrent de Project Gotham Racing 3, Ridge Racer 6. Pour une fois on va pouvoir quitter le domaine de la simulation automobile pour se concentrer sur de l'arcade, de l'action et de l'adrénaline. Car Ridge Racer n'a jamais misé sur l'angle de l'aileron, le réglage de la boîte de vitesse ou le choix des pneumatiques pour faire son trou dans l'univers surpeuplé des jeux de courses. Non, ici, pour un bon pilote, il faut de l'instinct, de la réussite, et surtout une case en moins dans le ciboulot.

Ridge Racer 6 ne vous proposera pas une histoire révolutionnaire c'est clair. Mais vous allez entrer dans un univers différent. Ici, pas de championnat du monde, pas de compétitions fictives. On enchaîne des courses au rythme que l'on souhaite pour avancer sur un explorateur. La maîtrise du drift sera primordiale pour arriver sur les cases de la victoire et débloquer un max de véhicules.

Ce qui dépayse tout d'abord, c'est l'ergonomie de l'interface. C'est franchement beau et attirant. Loin des menus qui vous alignent les courses à la queue-leu-leu (allez vas y Bézu!), Ridge Racer 6 propose un système de progression particulier. Chaque course occupe une case. Un groupe de case représente une zone. Pour passer aux cases suivantes il faut finir en premier de la case précédente. Mais une case débloque plusieurs courses (c'est bon, je ne vous ai pas perdu). Dès qu'une zone est débloquée, vous obtenez un bonus (en général une nouvelle caisse). Donc si on résume. Pour finir le jeu à 100%, il vous faudra gagner (pas seulement être dans le trio de tête) 111 courses. Cependant, la progression n'étant pas linéaire, vous aurez tout loisir d'en zapper certaines ou de prendre le plus court chemin.
Si au début, il paraît facile d'avancer, le jeu se corse rapidement. En effet, les banioles deviennent de plus en plus puissantes, les tracés de plus en plus tordus et les concurrents de plus en plue doués. Même si on ne trouve qu'une quinzaine de circuits sur le plateau, ceux-ci sont déclinés en reverse ou légèrement découpés en sections différentes. De nombreuses heures de jeu vous attendent, car certaines courses requièrent une connaissance parfaite des trajectoires.
Comme je le disais dans l'intro, Ridge Racer 6, c'est tout sauf du Gran Turismo, du TOCA ou du WRC. Le jeu est largement orienté vers l'arcade. Et croyez-moi, il y a de quoi vous dépayser quand vous êtes habitués à gérer des comportements réalistes des voitures. Ici, on drifte dans tous les sens. Le dérapage à grande vitesse, c'est la base de la victoire. On lève le doigt sur l'accélérateur, on tourne franchement le stick de direction et on contrebraque tout en accélérant pour assurer sa trajectoire. Théoriquement, c'est extrêmement facile. Mais allez dire ça au pilote du trophée Andros....
Heureusement, toutes les voitures ne se comportent pas de la même façon. Sinon, je peux vous garantir qu'il en aurait rebuté plus d'un. Tout d'abord, vous utiliserez 5 catégories de voitures, classés par puissance. Dans chacune d'elles, vous aurez le choix entre 6 et 7 caisses différentes, réparties en 5 designs uniques (dont la majorité est à débloquer). Ensuite, deux paramètres gèrent votre voiture: sa vitesse de pointe (donc sa puissance) et sa capacité à glisser dans les virages (faible, standard, dynamique, spécial). Suivant la combinaison choisie, vous obtiendrez un pilotage différent. Par exemple, la Kilik Starnose est très très rapide pour sa classe et possède un dérapage dynamique. Ce sera donc une bomba (comme tomba) dans les lignes droites, mais une savonnette sur une patinoire dans les virages. Bref, si vous ne choppez pas le tournis dans les premiers virages, c'est que vous avez le coeur solide ! Mais d'un autre côté, vous pourrez lancer des nitro à répétition.
La deuxième grande institution de Ridge Racer, c'est la prise de vitesse avec la nitro. Cette dernière se décompose en trois niveaux qui peuvent se cumuler pour avoir encore plus d'accélération. Dès que vous la déclenchez (à haut régime de préférence), l'écran se floute et vous accélérez comme un malade. Pour la recharger, il faudra drifter à grandes vitesses ou effectuer des sauts de toute beauté. Ainsi, un engin au dérapage dynamique sera un atout pour enchaîner les boosts ! Si globalement l'effet de vitesse est très bien rendu pour ces accélérations, on note un bug assez désagréable. En vue arrière, la voiture vient se coller dans un coin, et se met à méchamment scintiller. Dans ces cas-là, on perd pas mal de précision dans les trajectoires.
Et ce n'est pas le seul bug du jeu. Le comportement de la voiture est globalement très bien rendu. Les côtes et les descentes se ressentent réellement sur la conduite. Cependant, les chocs sont assez bizarres. Lorsque vous vous mangez une balustrade et que vous ne relâchez pas complètement l'accélérateur, la caisse rebondit dessus de manière répétitive et fantasque. À croire que les barrières sont aimantées. Ensuite, les chocs avec les autres concurrents sont très limités. Il est impossible de les balancer dans le décor. De même, les carrosseries ne s'abîment pas, même après un choc frontal à plus de 300km/h. Ce sont les assureurs qui doivent être contents !
Mais malgré ces petits défauts, la sensation de vitesse est saisissante. Le défilement du paysage est d'une fluidité à toute épreuve. Si les voitures de catégorie 1 vous donnent l'impression de piloter une 4L, je peux vous garantir, qu'il n'en va pas de même quand vous commencez à monter en puissance. Les glissades à grandes vitesses sont parfaitement hallucinantes. Ajoutez à cela une quantité incroyable de sauts sur des ponts ou des bosses et vous obtenez ce que j'appelle un cocktail détonnant.
Dans l'ensemble, les voitures sont bien modélisées, de même que les décors. Mais si on y regarde de plus prêt, on se rend compte que tout cela pixellise un peu (notamment lors des nitro). Un petit effet d'escalier apparaît de temps en temps sur des arêtes mal lissées. On se retrouve avec une qualité un peu moindre que Project Gotham Racing 3, mais tout de même convenable pour la XBox 360. On note quelques irrégularités au niveau des circuits. Alors que certains sont tout bonnement magnifiques (comme Surfside Resort), d'autres sont vraiment dépouillés, avec des bords de pistes vraiment statiques (comme Aviator Loop).
Heureusement, une bande-son percutante vient nous rythmer les courses. Et il y en a pour tous les goûts. Les volumes sont superbement dosés, rendant la musique bien distincte sans effacer les crissements de pneus et les ronflements de moteur. La répartition des canaux sur les enceintes est elle aussi très bien réalisée, favorisant largement l'immersion du gamer. Pour une fois un véritable travail de fond a été fait sur la gestion sonore.
Conclusion :
Inévitablement, on va voir émerger le débat: "Lequel faut-il choisir entre Project Gotham Racing et Ridge Racer ?". Ma réponse est simple, aucun des deux, ou plutôt, les deux. Ridge Racer impose son style dans un jeu qui a du cheval sous le capot. Les dérapages à grande vitesse, et les sensations d'un vrai jeu d'arcade commençaient à manquer sur le marché. Ridge Racer 6 nous prouve qu'on peut encore s'éclater sans rien connaître à la mécanique ou au tunning. Maintenant, il faut avouer que certains bugs et un graphisme pas irréprochable peuvent dissuader les plus pointilleux. Mais franchement, à 300 km/h, il faut être maso pour faire attention à l'aliasing sur les voitures.
Les plus : un jeu résolument orienté arcade, une super bande son
Les moins : un graphisme un poil en dessous pour une next gen, quelques bugs d'affichage

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