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Nous voici face à Elder Scrolls 4 Oblivion, LE jeu dont tout le monde parle, LE jeu qui fait l'unanimité au sein de la presse et des professionnels du jeu vidéo. Alors forcément, on va en dire du bien, qu'il est beau, qu'il est génial, qu'il est super cool, qu'il est le meilleur jeu de tous les temps. Eh ben non, parce que c'est pas le genre de la maison. Alors, on va faire comme d'habitude, on va prendre notre petit clavier tout recouvert de son armure de mythril, le mulot auquel on a balancé un petit sort pour booster sa dextérité, et surtout le thermos de café obtenu par la savante alchimie du mélange de Segafredo et du meilleur millésime de notre château La Pompe.

Oblivion commence mal pour vous, très mal. Enfermé dans un cachot, vous vous demandez bien comment vous allez pouvoir vous tirer de ce mauvais pas (dans la mesure où vous ne savez pas pourquoi vous êtes là). Avec un talent de crochetage au plus bas, et un art de combat qui frise celui d'un schtroumpf costaud, on se dit qu'on ne va pas y arriver comme ça. Heureusement, Uriel Septim, l'empereur de Tamriel débarque dans votre geôle par un passage secret, en tentant d'échapper à un ennemi bien mystérieux. Pour un coup de bol ! Du coup, plutôt que de taper le carton avec vous, il vous file un travail que vous ne pourrez refuser (surtout quand on est prisonnier et qu'on cause à l'empereur). Il va falloir parcourir Cyrodiil pour refermer les portes d'Oblivion et confiner les daedras chez eux. Vous voici passer du statut de prisonnier à celui de sauveur du monde, Ca le fait !

Bon, on ne va pas vous cacher que pour jouer à Oblivion, il faut une config de la mort qui tue pour profiter à fond du soft. Un bon 3500+ avec son giga de rames et sa GeForce dernier modèle ne sera pas de trop. Histoire de m’en convaincre, j'ai amené le jeu chez moi. Et il faut bien avouer que mon 2.4GHz, ses 512Mo de rames et sa carte graphique qui date de trois ans n'a pas suffi à me contenter. Le jeu devient quelconque, et par moment, il rame tellement, qu'on préfère se remettre à Morrowind. Il est à noter que la version Xbox 360 est bridée par la puissance de la console, et qui si vous avez une bonne bécane, il ne faut pas vous poser la question sur le support à choisir. C'est sans hésiter le PC qui prend l'avantage.
Bethesda a utilisé le moteur physique Havok pour développer le jeu. Ce dernier est certes très gourmand en ressources système, mais il a l'avantage d'être particulièrement efficace. Il vous permet des interactions du meilleur effet avec le décor. Par exemple, en marchant, il vous arrivera de shooter dans une pierre. De même, lorsque les ennemis vous balancent des flèches, ces dernières se plantent dans votre bouclier et le restent. L'effet inverse se produit lorsque vous arrosez un monstre et que celui-ci reste planqué derrière un arbre. Les carreaux se fixent dans l'écorce. En plus de cela, il y a eu un gros travail sur le détail et sur les sons. Suivant les armes que vous portez et le revêtement du sol, le bruit ne sera pas le même si vous les lâchez. Un objet qui va dans l'eau fera un "plouf" vraiment réaliste. Enfin, quand vous fracassez un ennemi et qu'il part au tapis, il ne garde pas forcément son arme à la main. Enfin, c'est une foule de détails qui ont été programmés. Seuls, ils paraissent anodins. Mais lorsqu'ont les voit dans leur globalité, on est sous le charme.
Mais attention il ne faut pas dire que tout est parfait, que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Même avec une config du diable, on remarque des baisses de frame rate, certes pas forcément pénalisante pour le gameplay, mais quand même. Les effets sur le décor sont magnifiques (dont le bump mapping et le normal mapping sont impressionnants). Mais si on commence à pointer le nez vers l'horizon, on se rend compte que celui-ci est un peu flou. Mais ne vous affolez pas, la qualité et l'ambiance globale, comme la gestion dynamique du ciel nous font oublier ces désagréments. Sur Cyrodiil, la couleur de la voûte céleste évolue en fonction des lieux, renforçant l'immersion. Et encore, je ne vous parle des points de vue sur Tamriel, qui mériterait de figurer dans le guide Michelin de la région.
Bon, on a compris, Oblivion c'est super beau, mais en jeu, ça donne quoi. Tout d'abord, je vais commencer par adresser un gros carton rouge à la version française. Franchement, depuis mes années de lycée, je n'ai jamais vu un jeu aussi mal traduit. On croise très souvent des phrases à l'envers, des mots dans le désordre ou des interprétations surréalistes. C'est loin d'être la majorité, mais bon, ce n’est pas du meilleur effet sur un titre de cette qualité. Qui plus est, les gars qui ont fait la traduction ont oublié un truc tout bête. Parfois, les mots traduits sont plus longs que les originaux. Du coup, les légendes dépassent des boutons et c'est vraiment laid.
Bon, comme je suis de bonne bonne bonne humeur ce matin (y'a des matins comme ça), je vais passer légèrement l'éponge. L'interface est quant à elle assez bien fichue. Il n'y a rien de bien révolutionnaire. On peut prendre des potions et les mettre à la ceinture pour une utilisation rapide. Les armes et les pièces d'armures apparaissent directement sur vous. Bref, on ne va pas épiloguer sur un système qui a tout d'un grand.
Au niveau des classes, vous aurez le choix entre Magicien, Guerrier ou Voleur, en vous passant les détails (Scout, Mage, Rodeur, Chasseur, Moine....). Chacun possède ses propres qualités et ses talents. Mais ce n'est pas tout. Histoire d'affiner le profil de votre personnage, les compétences seront divisées en 7 majeures et 14 mineures. Avec un peu de savoir-faire, vous pourrez obtenir des héros réellement intéressants à manipuler. Contrairement aux autres jeux, Oblivion ne vous fait pas gagner réellement de l'XP en fracassant les monstres à tour de bras. Pour progresser, il est nécessaire d'utiliser les compétences. Sauter à longueur de journée fera monter votre acrobatie, taper comme avec arme améliorera son maniement ou troquer tout le temps renforcera votre marchandage. Quand vous gagnez 10 points dans un talent majeur, vous passez au niveau suivant, qui vous permet d'augmenter les carac de base. Moralité, on peut obtenir un gars de niveau assez élevé complètement inapte au combat, qui pourra ouvrir tous les coffres en vous récitant des poèmes. Cela paraît logique sauf que.....
.....sauf que la gestion des adversaires s'est permise, un aménagement aberrant ! Les ennemis que vous rencontrerez seront toujours ajustés par rapport à votre niveau. Ainsi, plus vous progresserez, plus ils progresseront. On peut supposer que ce stratagème a été imaginé pour lisser le niveau de difficulté. Oui, mais voilà, y' a comme une tignasse d'elfe dans la soupe. Primo, c'est complètement ridicule et incohérent. Deuxio, cela va à l'encontre même du système de progression des talents. Un personnage qui fait beaucoup de commerce, de dialogues et de petits larcins va rapidement évoluer et monter dans les levels. Pourtant, cela ne veut pas dire qu'il sera capable de tenir une épée sans se péter le poignet, ou de jeter un sort sans se cramer la face. Du coup, quand il va vouloir passer à l'apprentissage des armes, par nécessité, il va se faire rétamer de suite. Heureusement, il est possible de régler le niveau des monstres dans les options (ou comment se faciliter la tache artificiellement). Au final, on se rend compte que l'on est obligé, dès le début, de se concentrer sur l'apprentissage de sorts ou de talents combat. C'est pourquoi je trouve que terme RPG pour Oblivion est un peu usurpé. Il est plus proche du jeu d'aventure.
D'ailleurs, ce dernier a également été revu. Désormais, vous pourrez gérer votre combat à part entière, en utilisant des techniques différentes. Cela rajoute du piment et rallonge les affrontements. Il n'y a pas forcément besoin de bourriner pour gagner, mais juste de caser le bon mouvement au bon moment. Car, l'IA est devenu assez sophistiquée. Un ennemi seul pourra aller chercher des renforts s'il se sent en infériorité. Les vampires risquent de vous donner un maximum de fil à retordre. Enfin ,s'il vous prend l'idée de fuir, les vilains monstres vous emboîteront le pas. Oui, enfin... presque. L'IA a en général une fâcheuse tendance à se planter dans le décor dès vos trajectoires deviennent irrationnelles (ce qui, en fait, se produit très souvent chez le joueur moyen).
Il arrive également que des bugs monumentaux apparaissent. Ils en deviennent même risibles. On court chercher le caméscope pour envoyer à vidéo gag. Par exemple, on a cette créature volante, qui vous colle aux basques. Hop, vous passez par le pont pour enjamber la falaise. Elle, ne s'en préoccupe pas et fonce tout droit, au-dessus du vide (normal elle vole) et se tape une chute vertigineuse dès que le sol disparaît sous elle (bizarre, j'étais sûr quelle volait).
Conclusion :
Elder Scrolls 4 Oblivion, redisons le une 215498ième fois, est magnifique. MAIS, il faut un super PC. La réalisation est très bonne et les interfaces sont franchement efficaces. Malgré une version française réalisée à la va-vite et un système de régulation des niveaux plus que contestable (de mon point de vue), l'ambiance, l'immersion et surtout la quantité de choses à faire rendent le soft extrêmement agréable. Morrowind hérite d'un successeur, digne de la lignée des Elder Scrolls.
Les plus : graphisme, ambiance, quêtes, moteur physique, immersion
Les moins : gestion des niveaux, puissance nécessaire, localisation

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