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The Longest Journey, voilà qui devrait parler aux amateurs de jeux d'aventures sur PC. Sorti il y a quelques années, le jeu avait fait une masse d'adeptes avec son univers technologique et onirique. Aujourd'hui, Dreamfall - The Longest Journey est donc attendu un peu comme le messie par les aficionados de point and click. Préparez vite votre baluchon pour l'une de vos plus longues aventures.

Résumé des épisodes précédents : dans The Longest Journey, on incarnait une héroïne du futur April Ryan, qui avait sauvé à la fois le monde réel et le monde des rêves. Retour à l'épisode actuel. Toujours dans le futur, nous allons incarner Zoë Castillo, une étudiante en biotechnologie, spécialiste des arts martiaux, et franchement indécise sur son avenir. Via des messages énigmatiques sur des écrans de TV, une gamine demande à Zoë de sauver April Ryan. Peu convaincue par ces envois subliminaux, Zoë va tout de même se lancer dans l'aventure, un peu à cause de la disparition de Reza, son ex.

Dreamfall : The Longest Journey pourrait être comparé à un film moderne. Le scénario, les effets visuels regorgent de prises de vue et d'enchaînements classiques du septième art. Les messages reçus par Zoë sur les écrans mettent en scène une petite fille, en noir et blanc, cheveux longs noirs, le visage caché. Quel cinéphile ne ferait pas le rapprochement avec les plans inquiétants que l'on trouve dans le cinéma asiatique, et plus particulièrement The Ring..
Mais ce n'est pas tout, la manière dont est mené le scénario nous tient en haleine du début à la fin. Pendant quasiment toute l'aventure, on s'occupera des déboires de notre chère miss Castillo. Mais de temps en temps, l'intrigue sera coupée net, le temps d'un voyage à Newport par exemple, pour nous transporter dans une autre dimension, à une époque différente. Ainsi, vous vous glisserez dans la peau d'April ou de Kian, un nouveau venu dans l'intrigue. Si au début on patauge réellement dans la semoule pour comprendre les implications de chacun, le scénario se déroule de manière suffisamment efficace, pour que l'on croise rapidement les destins de ces trois héros, et que se révèle toute la puissance de la story line.
On nous avait plus que suggéré, durant la promo du jeu, que le joueur aurait un réel impact sur le déroulement de l'action. Alors, je vais sortir ma phrase magique: oui, mais non. Apparemment, ce pouvoir du gamer est un peu exagéré. Certes, les dialogues ne sont pas linéaires. Suivant les réponses que vous donnerez et les choix que vous ferez, vous parviendrez parfois à éviter un combat, ou vous influencerez la cinématique qui suit. D'ailleurs influencé est bien le mot. Le jeu ne possède qu'une seule fin unique (notez le pléonasme évocateur). Vous comprendrez donc que quelques minutes plus tard, on retombe sur nos pattes, comme si de rien n'était. Heureusement, les enchaînements sont suffisamment travaillés pour ne pas nuire à la continuité de l'histoire.
Vous pouvez ajouter à cela des séquences de discutions extrêmement longues, car Dreamfall est un jeu pour pipelettes. Cela n'arrête pas de causer, du sujet le plus insignifiant (comme les nouveaux brownies de la vendeuse), au plus crucial pour l'histoire. Du coup, on n’a franchement pas envie de zapper la conversation, et de prendre le risque de sauter un indice important. Grâce à un boulot de doublage fantastique, Dreamfall affiche une authenticité et une profondeur rare dans les répliques. Non seulement elles font avancer l'histoire, mais en plus, elles creusent la personnalité des héros.
Le jeu a conservé, dans sa grande majorité, la gestion point and click de l'aventure. Passage en 3D oblige, il va falloir s'habituer aux mouvements de caméra capricieux et à l'imprécision de la sélection auto pendant un petit moment. Passé ce stade, les phases de recherche et d'utilisation d'objets deviennent assez simples. Comme dans tout jeu d'aventure qui se respecte, vous trouverez des énigmes, qui bien souvent feront appel à vos réflexes et à votre matière grise pour aligner ou repérer des symboles.
Si on s'en était arrêté là, j'aurais conclu sur une qualité de jeu assez bonne, quoique perfectible. Mais, on ne sait pourquoi, les développeurs ont décidé de coller des séquences d'infiltration à la Splinter Cell ou de combat à la Tekken. Et là, c'est le drame, parce que les gars qui ont programmé le truc, ils doivent s'y connaître au moins autant qu'un barbare berserk en diplomatie elfique. C'est une véritable catastrophe. Avec la bagatelle de trois boutons pour les combats (qui permettent trois attaques de base et une parade qui fonctionne une fois sur deux), les assauts se résument à appuyer sur les touches, en espérant tabasser plus rapidement que son adversaire. Que c'est passionnant !
Pour l'infiltration, c'est le même topo. Pour marcher lentement, il faut maintenir une gâchette appuyée. Bon, jusque-là tout va bien. Mais si par malheur vous la relâchez, alors que vous ne bougez plus ou que vous inspectez un objet; vous vous faites repérer. Les coins et angles morts qui permettent d'éviter les sentinelles ne sont pas vraiment identifiables. Il ne serait pas surprenant que certains piquent une crise parce qu'ils se font sans cesse prendre par la patrouille, sans savoir comment s'en sortir. Pour résumer, ces scènes alternatives sont aussi bienvenues qu'une épreuve de Brain Training entre deux rounds de Soulcalibur.
Et le graphisme dans tout ça ? Dreamfall est une réalisation complètement inégale sur ce point. Alors que certains décors sont réellement travaillés, comme Newport ou la forêt où se bat April, d'autres laissent purement à désirer, comme la plage et les cocotiers au début du jeu. On a du mal à comprendre ce déséquilibre, d'autant qu'on le retrouve au niveau des personnages.
Si les héros/héroïnes ont eu un traitement de faveur, ce n'est pas le cas des personnages secondaires, nettement moins bien designés. Certains manquent cruellement de détails, d'autres ont dû se recevoir une poutre sur le berceau. Nénamoins, le titre a le mérite de ne pas connaître de baisse de framerate, et d'utiliser le même moteur du début à la fin.
Conclusion :
Dreamfall est imparable avec son scénario construit et passionnant. Digne successeur de The Longest Journey sur ce point, il a été, pour une obscure raison, entrecoupé de séquences d'infiltration et de combat complètement ratées. Alors que le principe d'un bon point and click est d'être simple, ces scènes alourdissent considérablement le gameplay, au risque d'en dégouter certains.
Les plus : Un scénario très ciné, un doublage quasi irréprochable
Les moins : Un graphisme inégal, des phases de gameplay absurdes

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