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Nous avons tous une âme d'enfant enfouie au plus profond de nos tripes. Même, toi, le psycho - killer de zombies ou toi le liquéfacteur de terroriste, je sais que tu craques toujours autant devant les classiques. Disney a bercé notre enfance. Qui n'a pas rigolé devant les vannes du Génie d'Aladin ? Qui n'a jamais rêvé d'écumer les sept mers avec Jack Sparrow ? Qui ne s'est jamais pris pour l'un des héros de Tron ? Alors quand on est fan de jeux vidéo, mêler ces univers oniriques à la magie de Square Enix, c'est revenir aux joies de sa jeunesse, sans passer pour un plouc !

Au début de Kingdom Hearts 2, vous vous placez dans la peau de Roxas, un gamin presque comme les autres, qui ne demande qu'à s'éclater avec Pence, Olette et Hayden, ses potes d'enfance. Mais, tout va basculer lorsqu'un ennemi inconnu va venir mettre un peu de bazar dans tout cela. Roxas va devoir recouvrer la mémoire, pour réveiller Sora, Dingo et Donald. Une fois de plus, les Sans-coeur vont menacer le monde, et le détenteur de la Keyblade va devoir à nouveau intervenir. Qui plus est, le roi a réussi à s'échapper du monde des ténèbres, offrant une nouvelle chance de retrouver Riku.

De prime abord, on se dit que Kingdom Hearts 2, c'est un jeu pour les gamins et que l'un de ses seuls intérêts est de faire se rencontrer les personnages Disney et Square Enix. Et là, je réponds un oui magistral, car c'est ce qui fait toute la magie de ce jeu. Si les 3 (voire 4) premières heures de gameplay vous paraissent un peu surréalistes, c'est normal. Square Enix a décidé d'introduire son intrigue de manière mystérieuse, pour faire planer le doute, et reconstituer l'histoire par coups de flash backs et clins d'oeil. Certains diront que cela fait traîner le début de Kingdom Hearts 2, moi je pense que cela le rend meilleur.
Dès le début, on voit venir l'impact philosophique du jeu. Oui je sais, on ne met pas 60€ dans un DVD pour entendre parler de Freud ou de Nietzsche (à vos souhaits). Mais il est tellement rare qu'un jeu vidéo introduise des concepts comme la reconnaissance de soi, la nature de l'existence ou le sens de la vie, qu'on peut s'attarder un peu dessus. Sans jamais franchir la frontière du prof de philo barbant, Kingdom Hearts 2 nous amène à une réflexion personnelle. Je suis bien conscient que la plupart passeront allègrement à côté de ce concept métaphysique, mais au moins, Square Enix a fait l'effort de rendre son jeu intéressant pour un public plus mature.
Dans les grandes lignes, votre aventure va se cantonner à évoluer dans les différents mondes de Disney, où vous rencontrerez les gentils et devrez éliminer les sans-coeur qui se sont alliés au méchant du film concerné. La liste des références est impressionnante, mais on peut citer Skeleton Jack (L'étrange Noël de Monsieur Jack), Jack Sparrow (Pirates des Carraibes), Merlin, Chicken Little, Stich, la Bête, Mulan et bien sûr les incontournables de Final Fantasy comme Sephiroth !
Tous ces mondes bénéficient néanmoins d'un graphisme assez léger. On pourrait presque dire que celui-ci est de qualité très moyenne. Mais le fait est que la diversité est bien présente, et que le jeu ne rame pas une seule fois ! Si on vous donnait le choix entre une cuillère à café de caviar importé provenant de chez Fauchon et un menu gourmand au restaurant de Maïté, à prix égal, que choisiriez-vous ? Bon ben pour nous c'est pareil. La modélisation des mondes Disney visités est de très bonne facture ; on se replonge sans se poser de question dans les longs métrages et les dessins animés.
Le graphisme paraîtra réellement simplet aux fidèles de Square Enix. Mais peut-on raisonnablement comparer le trait d'un Mickey Mouse à celui d'un Saint Seiya. Bien sûr que non. La fusion entre les univers nippons et américains est déconcertante, jusque dans les détails des personnages. Sora possède des pieds surdimensionnés, mais un visage très "manga". Placé à côté de Pluto ou Donald, il ne dénote absolument pas.
Un certain (mais pas prodigieux) progrès a eu lieu par rapport à Kingdom Hearts 1. Désormais, une caméra mobile permet de regarder un peu partout dans la scène, rendant l'animation et les déplacements plus dynamiques. Ce mouvement sera d'ailleurs optimisé avec une fonction lock, qui permet de viser une cible. Vos yeux la suivront en permanence, vous dispensant de la gestion des angles de vue, un peu laborieuse pour le novice.
Nous reviendrons dans le paragraphe suivant sur le gameplay complet du jeu. Mais lors des phases de combat, qui sont de vrais beat them all, on a parfois du mal à suivre. Quand on ne se bat que contre deux ennemis, tout va bien. Mais dès lors qu'ils sont plus nombreux, c'est rapidement la pagaille. Ne sachant plus vraiment qui frape qui, on a plus l'impression de retrouver dans un mauvais God of War. Il devient difficile de distinguer les attaques des autres, et donc de les parer. Qui plus est, cela donne un aspect assez violent et bourrin au jeu; le contraste est assez particulier. Imaginez André Rieu, qui soudain, se met à faire du Heavy Metal et un solo de Highway to Hell. Quel choc pour le public !
Passons maintenant au coeur du jeu, son gameplay. Il est à la limite entre le RPG à la Final Fantasy et le beat them all en 3D. Côté aventure, il vous faudra bien entendu gérer votre personnage, son inventaire, son équipement. Après chaque combat, votre héros récupérera des points d'expériences, qui lui permettront d'apprendre de nouvelles techniques et de progresser dans ses carac. Vous pourrez rapidement devenir ambidextre et fritterez les sans coeur avec deux armes en mains. J'en connais qui vont dérouiller sec !
Une fois en mode combat, vous agirez en temps réel. Un appui sur croix pour coller un pain, et appui sur rond pour sauter. Suivant les techniques acquises, des combinaisons viendront se rajouter pour parer les coups ou massacrer deux fois plus vos adversaires. En même temps, une jauge d'overdrive se remplira, pour déclencher des attaques qui font très beaucoup bobo ! Donald et Pluto seront gérés par l'IA. Malheureusement, il faudra veiller sur eux, plus qu'eux ne le feront pour vous. Pour ce faire, vous aurez accès à des objets et autres options via la croix directionnelle. Enfin, durant les combats contre les boss, un appui sur la bonne touche au bon moment (un peu comme un speed kill) sera demandé, pour retourner l'attaque de votre agresseur contre lui.
Au demeurant, ce système de jeu est très complet et permet énormément de possibilités en terme de gameplay. Malheureusement, il faut quand même avoir une bonne expérience avec un pad pour gérer tout cela. On se rend compte, qu'en mode normal, le combat contre Axel est relativement difficile, bien qu'il soit l'un des tout premiers boss de Kingdom Hearts 2.
À côté de cela, Square Enix a truffé son jeu de pause via des séquences alternatives, comme le Struggle, où il s'agit de récupérer des orbes en frappant son adversaire. En fait, tout en tas de minijeux parsème Kingdom Hearts 2, pour casser un peu avec la trame chargée et les séquences de combat intenses.
Sur le point de vue du scénario, il est impressionnant de voir à quelle vitesse on passe d'une situation avec une atmosphère dramatique pressante, à une séquence cartoon terriblement fun, puis à du combat de masse. Ceci a été rendu possible grâce à un travail de doublage fantastique, auquel je tiens à rendre un hommage. Les gars qui ont bossé sur Kingdom Hearts 2 ont réalisé une véritable performance d'acteur. Entre autres, on citera l'un des plus célèbres d'entre eux, Donald Reignoux (voix de Sora mais aussi de Titeuf, de Shinji dans Evangelion, de Mahad dans Skyland ou de Reese dans Malcolm).
Conclusion :
Sous ses airs de jeu pour gamin, Kingdom Hearts 2 se révèle plutôt être une aventure pour adultes. Il suit la tendance actuelle des films Disney, où les parents s'éclatent plus que leur bambin. Pas forcément évident à prendre en main, il révèle toute sa majesté dans un scénario à la trame rarement égalée. Si vous avez envie de retrouver une part de votre âme d'enfant, ou de vivre une aventure au-delà de la réalité, juste à la frontière du rêve, courrez chez votre dealer habituel sans attendre.
Les plus : le mix entre les univers Disney et SE, le scénario fantastique, le doublage irréprochable
Les moins : la maniabilité pas évidente pour tous

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