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Un jour, alors que j'errais dans le vidéo club du coin, j'ai pris le dernier Tim Burton, un film avec Johnny Depp nommé Ed Wood. Et là, ce fut le déclic culturel. Comment avais je pu passer à côté de merveille comme Plan 9 from Outer Space ? En mettant le premier volume de Destroy all Humans ! dans ma PS2, je pouvais enfin être acteur de ses films rétro complètement kitch. Quelle joie de prendre le contrôle de Crypto, un extra-terrestre qui aurait pu participer au casting de Mars Attacks ! Alors, quand j'ai appris que THQ remettait ça, je n'ai pas résisté. Sortez les pop-corn et les soucoupes volantes tenues par un fil de nylon !

Vous incarnez Crypto, un extraterrestre égocentrique et franchement méchant, décidé à asservir la Terre et les Terriens du haut de son mètre. Dans Destroy all Humans, vous aviez réussi à corrompre le système américain, en réalisant une invasion qui vous avez conduit de l'Amérique profonde au siège de Président des Etats Unis. Alors que tout semble se dérouler pour le pire (d'un point de vue humain), voilà que les Russes se mettent à vous chercher des poux dans le cortex. Eh oui, la guerre froide, ça n'a pas que des avantages lors d'une invasion ET.

Quand on a été sous le charme d'un premier épisode, on attend de son successeur qu'il soit au moins aussi bien, voire mieux. Hélas, au premier coup d'oeil, Destroy all Humans 2 n'a pas réellement évolué. Premier défaut pointé par mon doigt tout vert avec une lumière rouge au bout: le graphisme. Si le premier opus n'était pas exempt de bug, le deuxième n'a pas profité d'un gros travail de correction. Du clipping, de l'aliasing à gogo et des détections de collision déficientes sont à noter un peu partout. Hormis Crypto, la plupart des PNJ profitent d'une modélisation un peu rapide. Vu en gros plans certaines filles ressemblent à des camions volés, puis percutés par un train lancé à vive allure. Pour un titre qui vise la caricature des années 60 et de ses contemporains, c'est plutôt gênant.
Un autre gros souci, c'est la gestion des maps en elle-même. Certes l'aire de jeu est plus vaste que dans le premier volume. Cependant, des phénomènes étranges se produisent en jeu. Remarquez, "étrange", pour un jeu qui traite d'un ET cynique et mégalomane qui envahit la Terre, ce n'est peut-être pas le mot le plus approprié. M'enfin ! Parfois, Crypto se bloque bizarrement contre une barrière, ou refuse de passer au dessus d'un obstacle simple malgré la présence d'un jet pack. Ajoutons à cela des personnages dont les corps disparaissent, ou des objets qui se remettent miraculeusement à leur place après un avoir été détruit ou déplacés. Il est par exemple impossible de provoquer un carambolage pour bloquer une rue (comme dans un GTA), les carcasses calcinés étant peu à peu effacées de l'écran.
Mais faisons fi de ces détails graphiques pour un jeu qui vise la caricature et le décalage culturel. L'ambiance des films à la Ed Wood est parfaitement restituée. D'ailleurs, les références ou les détournements de certains films ne manqueront pas de faire pleurer de rire le cinéphile amateur. Comment ne pas penser à Austin Powers en voyant cet espion de se Majesté ? En plus, tous les clichés des années 60 y passent. Des hippies complètement fumés à l'herbe hallucinogène, aux agents du KGB avec un accent très amplifié, en passant la naïveté des Américians, les développeurs s'en sont donné à coeur joie dans l'ironie, la méchanceté et la parodie.
Seulement, voilà, même si le doublage anglais (le jeu et en VOSTFR) est de très bonne qualité, le flot incessant de cynisme et d'humour au 48ième degré finit par être lourd. Alors que parfois, on aimerait un peu de légèreté, on se retrouve dans une réalisation qui ferait passer Trey Parker et Matt Stone pour de vrais scientologues (c'est dire, pour ceux qui suivent South Patk) ! Si cet aspect était à peu près modéré dans le premier épisode, ici c'est l'orgie de cliché, avec des allusions ultras grinçantes, et même parfois un peu déplacées. Qui plus est, les traducteurs n'ont pas fait dans la dentelle pour l'adaptation française, ce qui n'arrange pas la sauce. Les titres de mission sont parfois traduits bizarrement et du coup, on ne comprend pas où est la chute. En fait, on se lasse à vitesse grand V et on finit par passer les dialogues sans lire. Par exemple, la mission "The Alien Who Probe me", référence à un certain James Bond, est traduit par "Sondage d'opinion", référence à rien du tout....
Le véritable fun de Destroy all Humans 2 se situe plus dans le gameplay. Il se décomposera en deux grandes phases: atomiser des humains en vous baladant au sol comme dans un GTA ou atomiser les humains dans votre soucoupe. Pour la première partie, quelques aménagements ont été fait en quelques mois. Désormais, vous devrez, grâce à vos pouvoirs psychiques, entrer dans le corps des humains pour vous infiltré. Si votre opération est discrète, ou si vous lobotomisez les témoins, vous pourrez garder ce corps un certain temps. Une fois épuisé, il vous faudra trouver un autre corps. En vous baladant avec Crypto ,vous provoquez des mouvements de panique. Plus vous tenterez de réduire le nombre d'humains hurlant en leur apprenant à voler (sans cape et sans parachute), ou en leur faisant goûter aux joies de l'électricité et de la fusion moléculaire, plus les forces militaires seront hostiles. Heureusement, en prenant possession des corps des agents de l'ordre, vous pourrez contacter le central pour calmer l'alerte.
Si, au début, on trouve ça fun d'entrer dans le corps de misérables et pitoyables humains, là encore on commence à en avoir raz le casque. Tout d'abord,les corps terriens sont faibles et les chauffards nombreux. L'IA de pilotage des conducteurs de véhicule est pourri. Apparemment, on n'a pas appris aux bots à freiner quand quelqu'un traverse. Le moindre choc avec un véhicule vous éjecte de votre corps d'emprunt, provoquant une alerte générale. Qui plus est, les déplacements avec votre hôte sont purement laborieux. Il avance à deux à l'heure et ne sait ni sauter, ni nager. Il faut donc régulièrement changer inutilement de personnage, parfois juste pour passer au dessus d'une barrière.
Reste à voir la conduite de votre navette. Dans un premier temps, cette dernière vous permettra de détruire à grande échelle la surface de la Terre grâce à son rayon destructeur. En outre, elle possède un système de téléportation, qui permet d'enlever et de prélever l'ADN de pauvres innocents. En combinant des hippies, des femmes, des hommes, des flics, des Anglais, ou des militaires, vous pourrez débloquer des bonus. Hélas, là encore, ces derniers sont bien moins intéressants et nombreux que dans le premier volume.
Conclusion :
Destroy all Humans 2 possède un graphisme égal à son prédécesseur, mais pour un contenu inférieur. Seul le mode deux joueurs en split screen amène une réelle nouveauté. Ceux qui ont fans des soucoupes volantes dans le style de la Soupe à Choux ou du Gendarme et les Extraterrestres y trouveront leur compte. Mais pour vraiment prendre son pied, il faut être capable de supporter un humour corrosif, souvent plus lourd et répétitif que vraiment fun. Destroy All Humans 2 ne surprend plus.
Les plus : un peu plus de fun pour les fans, le mode coop en split screen
Les moins : la lourdeur du scnénario et des répliques, un graphisme toujours pas au top

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