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Comment démarrer une preview de Supreme Commander sans citer le nom de Chris Taylor, son créateur ? Ce gars est un véritable génie dur STR. Total Anihilation, c'était lui. Alors, quand on nous apprend qu'il va rechausser les gants pour un jeu plus stratégique, plus moderne, plus révolutionnaire, on ne peut que dire amen. Voici un aperçu de ce qui vous attend dans la nouvelle bible du jeu de stratégie en temps réel, Supreme Commander !

Cela fait un millénaire que trois factions se livrent une guerre sans merci. Les armées des Cybran Nation, Aeon Illuminate et United Earth Federation se battent un peu partout dans l'univers dans un conflit nommé Infinite War. Mais aujourd'hui, vous, Supreme Commander, allez avoir le destin de toute la galaxie entre les mains. L'Infinite War vient d'atteindre un point de rupture, qui pourrait maquer sa fin. Saurez-vous en tirer parti ?

Supreme Commander a fait l'objet d'un véritable battage médiatique. Partout, il est annoncé comme le messie du STR, celui qui va révolutionner le genre. Qu'en est-il vraiment ? Est-il véritablement le prophète d'une nouvelle ère, ou finira-t'il comme certains avec des clous dans les poignets et les chevilles ? La première grande nouveauté de Supreme Commander c'est d'être un véritable jeu de stratégie. Comprenons-nous, par stratégie, on entend la gestion de conflits impliquant parfois plus d'un millier d'unités (toutes indépendantes) sur une même map, pouvant atteindre rapidement quelques kilomètres de larges.
Jusqu'à présent, des titres comme Command & Conquer et ses descendants ne permettaient que de gérer des affrontements tactiques, c'est-à-dire localisés. Vos actions étaient réalisées sur le moment, en fonction des réactions des autres. Avec Supreme Commander, cela va être à vous de prendre un coup d'avance sur l'échiquier et de forcer les déplacements de votre ennemi.
La question principale que vous devez vous poser est triviale. Comment que je vais bien pouvoir faire pour m'en sortir, alors que je me paume déjà sur une petite map de Warcraft 3 ?!! Tout d'abord, vous ne serez jamais jeté au milieu d'une carte gigantesque d'un seul coup. Votre zone d'action se dévoilera peu à peu. Dans un premier temps, vous construirez une base sur zone de faible surface. Petit à petit, des objectifs viendront se greffer pour étendre votre aire d'action.
La deuxième grosse nouveauté de Supreme Commander, c'est son interface peu habituelle. La zone où se déroule l'action ne constitue que deux tiers de l'écran. Le bas de l'interface contient tous les boutons d'ordre et de listing des unités, de manière à les laisser accessibles à tout moment. Plus dans le détail, l'appui sur la touche Shift vous permettra de donner des ordres successifs à vos troupes. Oui, car comme vous ne pouvez pas être au four et au moulin, et que vous pourrez commander jusqu'à 500 unités, il est utile de séquencer les mouvements, les constructions et les attaques.
En ce qui concerne le champ de bataille en lui même, il paraît au demeurant très classique. Mais rapidement, on se rend compte qu'il possède une fonction de zoom diaboliquement efficace, en particulière sur le zoom out. Il permet en quelques rotations de molette de passer d'une vue resserrée d'une unité, à la vision de l'intégralité de la map. Les unités, les bâtiments, les ressources, les combats y sont représentés par des icônes. On peut alors, gérer un ensemble de mouvements des troupes sur des dizaines de kilomètres carrés sans effort, puis revenir aussitôt sur un affrontement plus localisé pour diriger ses unités en direct.
Toujours plus loin, toujours plus fort, Supreme Commander permet la gestion du Dual Screen. Si vous possédez deux moniteurs et une carte graphique compatible, il vous sera possible d'afficher deux zones de la map sur des écrans différents. Certes, l'installation est un peu lourde, mais le résultat saisissant. On a vraiment l'impression de se retrouver dans un QG et de diriger des opérations militaires comme un vrai général !
Rentrons un peu plus dans le détail, et voyons comment la stratégie s'applique sur le terrain. Pour développer vos bases, il vous faudra collecter deux ressources principales : l'Energy et la Mass. Pour les collecter, vous pourrez installer des Générateurs et des Extracteurs. Ces derniers permettent une production bien supérieure, mais malheureusement, ne peuvent être implantés que sur certains points, disséminés un peu partout sur la carte. Plus vous construisez, plus votre balance énergétique descend provoquant un affaiblissement du fonctionnement des structures. Autant dire que les endroits de collecte deviennent hautement importants.
Supreme Commander met en scène trois types d'unités différents. Vous commanderez des troupes aériennes, terrestres ou bien navales. À l'intérieur de chaque groupe, les véhicules auront des fonctionnalités différentes, leur conférant un avantage indéniable sur un type d'attaque ou de défense, mais présentant par la même une faille pour compenser. Par exemple, des Bombardiers Cybran possèdent une grande capacité de destruction sur les structures, mais leur lenteur les rend vulnérables aux chasseurs de l'UEF.
Ainsi, des attaques de masse, avec des centaines d'unités lancées tout droit sur les bases ennemies sont quasiment tout le temps vouées à l'échec, ce qui est assez rare sur les STR. À croire que l'IA bâtit une défense capable de tenir le choc et surtout de profiter des faiblesses de chaque engin. Il va donc falloir ruser, assiéger, et surtout planifier. Des offensives sur plusieurs fronts, à intervalle millimétré seront indispensables. Profiter d'une percée de blindés lourds à travers les boucliers de protection, pour pilonner les tourelles, et créer des failles dans les fortifications devra rapidement être maîtrisé. Détourner l'attention des engins qui protègent les Extracteurs pour les prendre un à un et étouffer la base ennemie sera votre pain quotidien.
À lire ces quelques lignes, vous vous dites sans doute que Supreme Commander n'a que de bons côtés. Oui, mais ces qualités indéniables peuvent rapidement se transformer en véritables échardes. En effet, ce déballage stratégique et cette interface très complète nécessitent un temps d'adaptation certain. Je ne suis pas convaincu que tous les amateurs de STR « classiques » s'y retrouvent de suite. Pour moi, il y a à peu près la même comparaison qu'entre un After Burner et un Flight Simulator. Pour profiter pleinement des missions de Supreme Commander, il va falloir s'adapter et maîtriser pour pouvoir dominer.
Ensuite, vient le point le plus crucial et le plus embêtant du jeu : les ressources. Difficile de savoir quelle configuration sera acceptable pour faire tourner le jeu. Les milliers d'unités présentes ont tendance à faire franchement ramer le PC dès que le niveau de détail monte. Et encore, je ne vous parle pas de monter la résolution en graphisme optimal. Rien que le fait de faire grimper le niveau de détail à « moyen » fait saccader la map. Espérons qu'il ne faudra pas posséder un dual core avec 2Go de RAM et une carte graphique dernier cri pour profiter des excellents effets de balistiques et de mouvements de troupes !
Conclusion :
Supreme Commander semble en effet venir souffler un vent de fraîcheur dans un style qui avait du mal à se renouveler. Résolument orienté vers la stratégie à grande échelle, Supreme Commande ne sera pas une partie de plaisir pour ceux qui ne sont pas habitués aux manoeuvres militaires propres. Ici pas de bourrinage intempestif, car vous jouez une véritable partie d'échec avec l'adversaire. L'une des seules craintes inspirées par le jeu est sa gourmandise, qui espérons le, ne le réserva pas aux possesseurs de bécanes de la mort qui tue !
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