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Mythique sur Gamecube, Resident Evil 4 a rapidement séduit les aficionados sur PS2. Nous oublierons volontairement de parler le la version PC dans cette intro, histoire de démarrer ce test Wii sur une bonne impression. Basé sur l'édition Sony, ce portage Wii reprend la trame et les modes de l'édition PS2. Mais avec la WiiMote, c'est une nouvelle manière de répandre le sang et les tripes qui s'offrent à nous. Direction l'Espagne en compagnie de votre guide, Léon Kenedy.

Tout pourrait commencer à Racoon City, comme d'hab, avec une meute de zombies enragés par un virus à cause du vilain chercheur d'Umbrella. Eh bien non. Le gouvernement a décidé, face à la menace grandissante d'atomiser Racoon City. Il a aussi obligé Umbrella à cesser momentanément ses activités. Du coup, leur action a chuté et de fil en aiguille l'entreprise a plié bagage. Il n'y a pas à dire, un gouvernement ça peut être efficace. Léon Kenedy, un agent habitué aux situations délicates est envoyé en Espagne pour sauver Ashley, la fille du président. Séquestrée dans un village peuplé de fanatiques religieux, il va falloir la jouer serrée. Ces hommes ne sont pas des zombies et pourtant....

Alors que le scénario et la cinématique d'entrée promettent qu'il n'y aura plus de zombies, les premières séquences ne s'éloignent pourtant pas trop du cadre. Les villageois ressemblent comme deux gouttes de sang à des morts vivants. Visages équimosés et méchants, démarche nonchalante, grognements et soif de meurtre, tout est réuni. Mais à Leon, on ne la fait pas. Lui, il sait que ce sont des hommes. Et comme Léon il n’est pas raciste, il n'y a pas de raison qu'il ne les dégomme pas de la même façon.
Le titre est très réussi graphiquement. RE4 est toujours aussi beau. L'ambiance visuelle, de la forêt, comme des intérieurs est aussi flippante qu'envoûtante. Les envols de corbeaux ou les petites araignées qui se déplacent sont autant de détails qui rendent l'univers crédible. Tous les détails ont été soigneusement disposés pour restituer un maximum de plaisir à nos yeux. Ce souci a également été poussé pour les vidéos qui ponctuent l'aventure. Chaque plan de caméra, chaque séquence filmée suit un ordre, une façon de faire quasi cinématographique.
Néanmoins, on reste surpris de voir que quelques petits bugs déjà présents dans la licence n'ont pas trouvé de correction. Par exemple, les troubles dus au clipping restent assez présents. On voit notre cher Léon traverser allègrement certains objets, comme s'ils n'étaient que des illusions.
Le Gameplay est par contre exemplaire. Tout a été fait pour que vous soyez dans la peau d'une proie plutôt que dans celle d'un chasseur. Pour preuve, les villageois ont placé des pièges à loups qui peuvent vous être préjudiciables. De même, des fils déclenchant des claymores peuvent être coupés par inadvertance. Heureusement, chacun des pièges peut être désamorcé si vous assez prudent. Il arrivera même que certains s'y prennent à votre place. Les veinards ! Vous aurez alors le choix entre les libérer ou les zigouiller avec une balle dans le train arrière. Ce qui marque encore plus cette appréhension de l'autochtone, c'est qu'un seul villageois peut vous réduire en bouillie. En effet, vous n'êtes guère plus résistants qu'eux. Le choix de la bonne arme et la connaissance de vos ennemis vous donnera souvent un avantage stratégique important. On appréciera particulièrement l'arbalète, qui, à la manière d'un John Rambo, occasionnera des dégâts explosifs jouissifs !
Contrairement à la plupart des jeux du même style, les objets ne s'obtiennent pas forcément en cliquant sur A ou B. Il va falloir cogiter un peu pour les récupérer. Quelques énigmes pas trop compliquées et bien construites permettent de rompre avec le survival horror pur et dur. Observation et déduction seront vos fidèles alliés pour déverrouiller ces serrures intellectuelles.
Plus on avance dans l'aventure, plus on s'aperçoit que l'histoire est construite et intéressante. Parti en mission de sauvetage de la fille du Président, Léon se retrouve au milieu d'un village où, non content d'avoir affaire aux Illumados Qu'il s'agisse d'Ada, l'espionne fatale, de Krauser, le militaire avide de pouvoir, de Luis Sera, le scientifique desperado, ou de Lord Saddler, le méchant de service mégalomane, les personnages clefs ont été soignés, tant sur le plan du look que de la psychologie.
Quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit que Resident Evil 4 n'est pas un shoot them all, mais plutôt un très bon film fantastique interactif. Le choix des angles de caméra, la manière de restituer les émotions ou le basculement entre les différents plans, traduit bien l'esprit cinématographique. Il répond à 100% aux critères d'un bon film d'horreur dans la droite lignée d'Argento et de Romero.
Cette version Wii reprend les modes Ada Assignement et Seperate Ways qui manquaient franchement à l'édition GC. Avec ces quelques missions supplémentaires, vous pourrez prendre le contrôle de la belle Ada. Qui plus est, ces deux bonus (déblocable après avoir fini la trame principale) vous permettent d'en apprendre plus sur le fond du scénario, et surtout de le raccrocher à la série des Resident Evil et surtout de rencontrer un Saddler au top de sa forme (on comprend mieux pourquoi Léon le déboîte aussi facilement).
Passons maintenant à ce qui fait vraiment l'intérêt de la version Wii : son contrôle. La WiiMote, c'est très certainement le seul argument qui pourrait vous inciter à mettre les 20€ de plus que les autres versions sur le tapis. Et force et de constater que le résultat est plutôt efficace. Si le déplacement des joysticks était parfois laborieux et rendait les head shots et les tirs localisés difficiles, la visée directe avec la WiiMote est un véritable enchantement. Le déplacement de la mire de visée ou du réticule pour les fusils est d'une plus grande précision. En jouant un peu la comédie et en tenant votre WiiMote comme un vrai flingue, on s'y croit vraiment !
Du coup, on prend plus de plaisir à faire de la visée précise, économisant ses précieuses cartouches. Suivant le point d'impact, vous aurez le choix entre abattre net, ralentir ou faire chanceler votre cible. Ce système est particulièrement efficace pour retourner les armes de vos adversaires contre eux. Lorsqu'un malade vous fonce dessus avec une grenade, quelques balles dans les jambes le freinent. Une fois que la troupe qui le suit est à sa hauteur, tuez-le directement et laissez sa grenade ainsi lâchée exploser. Vous anéantirez 5 méchants en 2 balles
Conclusion :
Si vous faites partie de ceux qui ont déjà plié tous les modes de la version PS2, Resident Evil 4 Wii Edition ne vous apportera rien. Par contre, si vous hésitez entre acheter la version Gamecube à petit prix ou la version Wii, choisissez-la dernière. Même si graphiquement le jeu n'a guère évolué, les modes supplémentaires ainsi que la maniabilité à la WiiMote justifient pleinement les 40€ investis. La télécommande booste l'immersion et l'afflux d'adrénaline lorsque vous répandait le sang et les organes de ces fichus Illuminados !
Les plus : Un grand jeu, la gestion de la WiiMote, les modes bonus
Les moins : Quelques bugs toujours pas corrigés

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