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The Darkness c'est avant tout une BD américaine qui n'avait pas encore trouvé sa voie dans les jeux vidéo. Il faut dire que les pouvoirs démoniaques crée par Marc Silvestri dans son comics sont plutôt visuels et difficiles à reproduire sur une console. Starbreeze, sous la houlette de 2k Games, s'est donc attaqué à ce gros morceau. Mais, le moteur de Chronicles of Riddick, recyclé pour l'occasion suffira t'il pour restituer toute la violence du Darkness ?

Vous voici dans la peau de Jackie Estacado, tueur pour la mafia. Grand amateur de sexe et avide de violence, sa vie va basculer pendant sa 21e année. Paulie, oncle de Jacky et parrain local va trahir son neveu. Voilà bien un affront qu'Estacado est bien décidé à laver dans le sang. Si l'on restait là, on pourrait en conclure à une histoire banale, telle qu'on les retrouve dans le Parrain ou encore Scarface. Seulement, voilà, un démon a décidé de manipuler Jackie comme un pantin. Dans l'ombre, il devient le tentaculaire Darkness !

Le comics du Darkness était violent. Il en est de même pour le jeu. Starbreeze n'a pas lésiné sur les effets gores et sanguinolents à souhait. Voir les tentacules du monstre arracher le visage et le coeur des cibles, c'est affreusement jouissif. Les âmes sensibles pourront s'abstenir, car ces séquences de massacre sont le coeur même du gameplay. Traquer dans l'ombre sa proie pour lui faire connaître une mort rapide, mais douloureuse sera votre pain quotidien.
Les pouvoirs du Darkness seront les outils de votre vengeance. Au demeurant, Jacky utilisera des armes conventionnelles. Mais lorsqu'il le souhaitera, il pourra se transformer et sortir ses tentacules. Dans la limite d'une jauge (qui se vide peu à peu), le démon qui sommeille en vous pourra utiliser ses protubérances fatales pour fouetter violemment les ennemis. Vos tentacules pourront s'étendre et avancez dans les zones sombres. Vous pourrez ainsi vous infiltrer dans des pièces inaccessibles dans votre enveloppe charnelle, et faire un véritable massacre à l'insu de vos cibles naïves. Peu à peu vous acquérez de nouveaux pouvoirs, comme la génération d'une sorte de tempête démoniaque, projetant les ennemis aux quatre coins de la pièce.
Une seule chose peut arrêter le Darkness : la lumière. Il vous faudra donc, dans chaque map, dégommer soigneusement toutes les sources de lumière afin de donner un maximum de champ d'action à votre démon intérieur. Si au début cet exercice est assez fun et réaliste, il devient vite barbant. Passer systématiquement son temps à défourailler sur des ampoules, des réverbères ou des néons, ça devient rapidement barbant.
Heureusement, grâce à des portails en ligne directe avec l'enfer, il vous sera possible d'invoquer des larbins, sortes de Gremlins en version démoniaque : les Darkling. Ces derniers se classent en plusieurs types. Certains fonceront dans le tas en dégommant tout ce qui se présente, d'autres fonceront en vrais soldats kamikazes (explosifs compris) et d'autres s'occuperont de détruire les lumières à voter place. Malheureusement, leur intelligence artificielle est assez limitée. Vous avez le temps d'aller vous faire un bon café, pendant que votre Darkling prend des chemins des plus improbables pour exploser une lampe...
L'intelligence artificielle, parlons-en. Celle des ennemis n'est guère plus évoluée. Ces derniers utilisent des séquences très mécaniques. Avec un peu d'observation et d'anticipation, vous les massacrerez sans problème. On les aurait aimés un peu plus coriaces. D'autant qu'ils ne sont que de vulgaires fétus de paille face aux pouvoirs du Darkness. Starbreeze a voulu faire dans le spectaculaire et le puissant. C'est réussi... un peu trop d'ailleurs. Avec un peu de maîtrise, les capacités démoniaques se révèlent métabourrines, rendant le jeu un peu trop facile. Rajoutez à cela un manque complet de réaction face à vos tentacules. Moi, quand je vois un tentacule de 10m foncez vers moi, avec une rangée de dents aiguisées qui me sourit, je ne me contente pas de dire à mon collègue qu'il y a un truc bizarre !
Tant qu'à parler des défauts, il faut noter quelques problèmes de calibrages dans le gameplay. En premier lieu, on peut être surpris par le manque d'effet d'intérêt des armes conventionnelles. Couplées avec un déplacement très lent du héros, elles font du Darkness l'outil principal de jeu. On aurait préféré une utilisation plus modérée des pouvoirs, afin d'éviter leur banalisation. Ensuite, la maniabilité du tentacule n'est pas des plus aisée. Lorsque vous prenez son contrôle, celle-ci rampe et s'accroche à toutes les surfaces. L'écran tourne en continu à 90° et on finir par rapidement perdre le nord. Petit conseil, éviter les plats trop lourds avant de jouer; on choppe rapidement le tournis !
Malgré des rues un peu désertes, Starbreeze a tout de même réussi à donner une ambiance particulière et intéressante à jouer. L'environnement laisse toujours un goût de malsain et de crado. Difficile de ne pas frissonner avec la voix d'outre-tombe du démon qui vous habite. On saluera au passage le doublage très convaincant en version originale. Des détails plutôt sympa, dissimulés de-ci de-là rajoutent une crédibilité très agréable. Par exemple, vous pourrez allumer une TV pour mater un épisode complet de Popeye, au lieu d'avoir une suite d'images en boucle.
Le même soin a été apporté à la trame globale. Alors que l'on s'attend à un titre très proche d'un FPS, on est ravi de trouver des séquences plus intellectuelles pour casser avec la routine. Starbreeze parvient intelligemment à nous scotcher devant l'écran. Dommage cependant que le jeu met autant de temps à entrer dans le vif du sujet.
Conclusion :
The Darkness est au final une bonne surprise. Même si le moteur pas tout jeune de Starbreeze ne propose pas un graphisme irréprochable, il assure bien le show. Fan ou non de Jacky et de ses pouvoirs, il est difficile de ne pas adhérer au concept de jeu, bien pensé et violemment jouissif. Avec un Darkness un peu présent des adversaires un peu plus expérimentés, le jeu aurait pu certainement pu se classer parmi l'un de tout meilleur de cet été.
Les plus : Un jeu sur le darkness, l'originalité, l'ambiance
Les moins : Le moteur un peu vieux, la maniabilité des tentacules

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