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Dans l'univers très télé-médical, la renommée des médecins n'est qu'une question de mode. Qu'ils se nomment Ross, Grey ou House, c'est plus leur caractère et leur côté beau gosse qui séduit la ménagère, plus que leurs qualités dans la chirurgie. Dans cette lignée, avec Trauma Center Second Opion, préparez-vous à voir débarquer un jeune premier, le docteur Stiles. Cet apprenti du bistouri, aux faux airs d'Ace Attorney, a déjà montré toute l'ampleur de son talent sur DS. Cette arrivée sur Wii permettra-t'elle de sauver quelques vies supplémentaires ? Pour le savoir, prenons la direction du bloc opératoire.

Le docteur Derek Stiles vient de terminer son internat. Le voici officiellement membre de l'équipe chirurgicale de l'hôpital Hope (un nom bien à propos). Fraîchement balancé au bloc, il est assisté par une mignonne petite blondinette, un brin à cheval sur les principes, mais franchement craquante, Angie. Mais le docteur Stiles possède un don, la Main Curatrice ! Grâce à ce pouvoir inné, il est en mesure de suspendre le cours du temps pendant ses interventions, lui permettant ainsi de circonscrire des lésions a priori fatales. Voilà bien un talent qui lui sera indispensable pour luter contre un virus mortel : le TAC !

En tant que portage du jeu DS, on s'attend à quelques corrections au niveau du gameplay, un peu trop strict, et à cheval sur la précision en version portable. Force est de constater que le résultat est plutôt satisfaisant. Profitons de cette parenthèse pour préciser à ceux qui découvrent le jeu, qu'il s'agit d'une sorte de Docteur Maboul amélioré. En tant que docteur, vous devrez opérer vos patients en suivant les instructions de votre assistante et des autres médecins. L'utilisation des instruments se fera du bout de votre télécommande.
La sélection des instruments (bistouri, forceps, drain, seringue, ultra-son, etc.) se fait directement en orientant le joystick du nunchuck dans l'une de ses huit directions. Particulièrement efficace, ce système permettra au bout de quelques heures de changer d'outil instinctivement, sans avoir à décrocher des yeux les zones à traiter sur le patient. Ensuite, tout sera une question de doigté et de précision. Pour inciser, il vous suffira de suivre une ligne pointillée. Pour drainer, il vous suffira d'appliquer le pointeur sur la zone contaminée. Pour retirer un corps indésirable au forceps, il faudra le maintenir avec A et B, puis effectuer un mouvement vers le haut pour l'extraction. À base de déplacements précis, de rotations de poignets et de gestes timés, vous parviendrez, au prix d'un petit d'adaptation, à maîtriser les gestes de base.
Dès le début du jeu, on vous initiera aux procédures de base, pour ensuite vous laisser vous débrouiller tout seul. Cependant, je vous conseille de prendre un papier et crayon pour noter le protocole. En effet, aucun bloc-notes ne vous permet d'accéder à vos leçons pendant le jeu. Si on peut arriver à les mémoriser en jouant régulièrement, le chirurgien par intérim devra à chaque fois se rattraper les premiers épisodes pour se remémorer les procédures. Pire, certaines d'entre elles ne sont pas du tout clairement expliquées. Le jargon est propre à la médecine, mais là encore, aucun dictionnaire n'est présent pour vous expliquer qu'est-ce qui est quoi. Par exemple, moi, quand on me dit de faire une anastomose ou de retirer une thrombose, franchement, je me demande quelle partie du morceau de viande je dois charcuter.
Tant qu'à parler des dialogues, il faut noter que le jeu n'est absolument pas doublé, et pour cause, les personnages ne causent pas. Il faut se taper des tonnes de dialogues en sous-titre, parfois sans intérêt, mais surtout avec des images fixes. Au final, il faut vraiment aimer les soap operas pour supporter les états d'âme des personnages. À côté, Urgences, c'est une véritable série philosophique. Ces séquences de dialogue, très prisées au pays du soleil levant, rendent le Trauma Center un peu mou dans son déroulement.
Chaque opération correspond à un épisode, lui-même imbriqué dans un chapitre. Au terme de chaque chapitre de Derek Stiles, vous aurez droit à un épisode avec Nozomi Weaver. Et qui c'est celle-là ? Il s'agit d'une chirurgienne japonaise basée à New York. Sa trame scénaristique est très certainement la plus intéressante. En effet, chaque élément est savamment distillé jusqu'au crossover. Tout d'un coup, on a l'impression de voir débarquer le Docteur House au beau milieu de Grey's Anatomy, histoire que les deux docteurs allient leur force pour faire face à une menace bioterroriste !
Ce qui fait la spécificité du docteur Stiles, c'est son don de la main curative. Arrêter le temps pour intervenir en urgence sur un cas désespéré, il n'y pas à dire, ça le fait. Même si la découverte de ce talent prend un peu de temps à arriver son utilisation s'avère indispensable à partir d'un certain point de la partie. Pour y faire appel, il vous faudra tracer un pentacle au beau milieu de l'écran, en traçant ses lignes du bout de sa Wiimote. Ce pouvoir très Full Metal Alchemist reste tout de même plus facile à expliquer qu'à réaliser. Le tracé d'un pentagramme dans le vide risque vous demander une certaine pratique. L'entraînement fourni dans le jeu n'est clairement pas suffisant pour maîtriser le geste. Du coup, on préfère se rabattre sur des techniques plus classiques dans les premiers épisodes.
Heureusement (ou malheureusement diront certains), vous pourrez ajuster le niveau de difficulté avant chaque intervention. Si cela évite de se retrouver subitement coincé à un épisode précis, cela raccourcit également la durée de vie. Passer en facile est très tentant ; on privilégie bien souvent cette option, à celle d'une amélioration de sa technique et de sa précision. En fonction du niveau de difficulté, la marge d'erreur est plus faible, et l'effet des sédatifs et cicatrisant accru. Au niveau maximum, il vaut mieux bien s'accrocher, la moindre erreur pouvant faire basculer l'état de santé de votre patient.
Je tiens également à vous rassurer. Trauma Center est très soft graphiquement. Les procédures, telles que le traitement des tumeurs, ont été carrément édulcorées. On en oublie presque que l'on pratique une opération sur un corps humain. Les couleurs choisies sont plutôt d'un ton pastel pour le fond et assez vif pour les zones infectées ou à traiter. Accompagnée par une musique prise de tête, qui fait passer le moindre mouvement pour un geste hautement critique (par exemple, poser un pansement), on a du mal à reconnaître l'ambiance d'un bloc opératoire. On notera d'ailleurs des modélisations très dépouillées et des graphismes pas vraiment convaincants pour le corps humain.
Le réalisme, c'est très certainement ce qui manque le plus à Trauma Center. Quand on sort du jeu, on n'a pas vraiment l'impression d'avoir participé à une action médicale, mais plus à une suite de mini jeu de Wario Ware. C'est donc plus comme un prétexte à manipuler la télécommande dans un contexte donné qu'il fat voir le jeu.
Conclusion :
Trauma Center Second Opinion est loin d'être un jeu indispensable. Agréable à jouer, on peut lui reprocher de traîner en longueur à cause d'une sclérose des dialogues et d'un manque de réalisme évident. Il s'agit là d'un docteur Maboul de nouvelle génération. Par contre, sa prise en main et la gestion de la WiiMote sont parfaitement bien dosées, de quoi s'attirer les faveurs des amateurs d'un public friand de mini jeux en tout genre.
Les plus : La prise en main, l'originalité
Les moins : On ne comprend pas toujours ce qu'on doit faire, les scènes statiques

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