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Quand vous matez un James Bond ou un Seigneur des Anneaux, vous vous doutez bien que ce ne sont pas les acteurs les plus connus qui se prêtent aux séquences d'action. Ormis quelques inconditionnels comme Jacky Chan, Bruce « McLane » Willis ou Sylverster « Sly » Stalone qui mettent un point d'honneur à ne pas être doublé, ce travail physique et dangereux est laissé aux cascadeurs. Pour la plupart méconnu (sauf Rémi Julienne), ils ont la tâche ingrate de devoir assurer le spectacle tout en restant dans l'ombre, pour ne pas éclipser la star qui sirote son cocktail dans un siège qui porte son nom ! Préparez à rentrer dans la peau de l'un de ces casses coups avec Stuntman Ignition.

Vous voici dans la peau d'un cascadeur débutant dans le métier. Votre spécialité, ce sont les scènes d'action à bord de véhicules motorisés. Remarqué dans une pub, vous allez être coaché par un roublard du métier. Mais, ce n'est qu'en montrant votre talent et voter adresse (ou vote folie) sur des tournages que vous pourrez progresser dans le métier.

Contrairement à 99,99% des jeux qui vous mettent aux commandes d'un véhicule, le but n'est pas ici de finir une course en tête. Votre objectif sera de suivre les directives du réalisateur, pour effectuer toutes cascades nécessaires à la prise de vue. Concrètement, on vous indiquera au fil de votre progression sur le plateau, quelques éléments prendre. Ces derniers apparaîtront en jaune. Ils vireront au vert si vous réussissez la cascade et au rouge si vous les ratez. Le tout est extrêmement timé. De fait, rater un point de passage entraîne souvent une suite d'erreurs.
Et vos réalisateurs, ils sont plutôt du genre tatillon. Même dans les situations les plus extrêmes, il ne vous faudra pas dépasser les cinq fautes sur la prise, et surtout respecter le temps imparti. Heureusement, vous recommencer autant de fois que vous voulez votre parcours. Pour vous familiariser avec les séquences, il vous faudra bien suivre les conseils de votre mentor. Un mode facile pourra être enclenché. Ce dernier autorisera plus d'erreurs, mais vous pénalisera énormément sur les points obtenus à la fin.
Les points se cumulent en fonction des cascades que vous faites, et de leur fréquence. Chaque fois que vous enchaînez des séquences hautement dangereuses, vous cumulez vos points. Un compteur s'incrémente alors vous indiquant le temps qu'il vous reste avant d'achever votre combo. Dans l'esprit, c'est un peu le même principe que l'enchaînement des Drifts sur un Need for Speed. Plus vous enchaînez, plus vous marquez de points, plus vous débloquez de bonus. En fin de niveau, votre réussite est symbolisée par un nombre d'étoiles. Pour obtenir de nouveaux contrats et donc découvrir de nouveaux stages, il vous faudra bien souvent un minimum de réussite sur un film. Terminer une prise sans prendre de risques sera bien souvent insuffisant.
Si au début du jeu, on est plutôt limité question cascades, tout s'accélère d'un coup. Du simple dérapage, vous passerez aux 180° et au demi-tour marche arrière. Tremplins pour sauter un building en flamme, passage étroit entre deux semi-remorques, dépassement cavalier à fond de train, etc... devront être rapidement maîtrisés. A ces cascades de base, il faudra rajouter des mouvements spécieux qui ne pourront être effectués qu'avec certains engins. Par exemple, en enfourchant une moto, il vous sera possible de vous coucher pour passer sous un camion. Avec un monster truck vous écraserez les bagnoles de police. Et encore je nous vous parle pas des buggys modifiés avec une mitrailleuse 12.7 sur le toit et le transporteur de SCUD. Bref, le jeu est très complet en terme de véhicules et de possibilités de conduite.
Chaque film auquel vous participerez vous emmènera dans un nouvel univers. Les fans de cinéma se délecteront de la semi-parodie de certains longs métrages. Vos cascades dans Aftershock auront un fort goût de Volcano ou du Pic de Dante. Votre course dans la lave avec le pick-up, ça vous rappelle un Pierce Brosnan au mieux de sa forme. Idem pour votre prestation de Whooping and the Rollering 2, qui vous plonge au beau milieu d'un univers parallèle des Duke's of Hazzard (Sherif fais moi peur). On y retrouve les deux frères Creeks, au volant de leur Chevrolet Charger General Stuart, poursuivi par un shérif un peu abruti et un maire corrompu au possible ! Changez Creek pour Duke, General Lee pour General Stuart et mettez-y un Boos Hog et un Rosco..... Je terminerai ce tour d'horizon par Omega Strike Force, un mélange entre du Shwarzy et du Sly, un cocktail entre Rambo, Delta Force ou Commando !
Mais attention, ce n'est pas parce que vous êtes en terrain connu qu'il va falloir relâcher la pression. En effet, le level design et les cascades à effectuer réclament précision et attention. Du coup, l'un des points clefs de Stuntman Ignition, c'est la connaissance de votre parcours. Il est rare de parvenir à un résultat satisfaisant au premier passage. Il va falloir recommencer encore et encore les prises pour mémoriser les subtilités et les reproduire machinalement. Tourner violemment à gauche pour éviter l'arbre enflammé par lave devra devenir un véritable réflexe de Pavlov pour décrocher un max d'étoiles.
Graphiquement, Stuntman Ignition n'est pas le nec plus ultra sur PS2. Si son gameplay est convaincant, il n'en va pas de même pour le graphisme. Tout d'abord, on note de charmants bugs de collision et quelques problèmes dans le moteur physique. Par exemple, il arrive que le jeu est un peu de mal à détecter un choc trop léger avec un véhicule, vous gratifiant d'une erreur que vous n'avait pas fait. Dans le même ordre d'idée, le jeu est assez tatillon avec les sorties du plateau. Parfois, en quittant votre trajectoire de plusieurs, on vous autorise à revenir. A d'autres endroits, la sortie de piste se joue à quelques millimètres.
On a pu noter des bugs récurrents, comme une voiture qui se retrouve suspendue par des fils au dessus d'un amas rocheux sans pouvoir bouger. On a aussi noter une moto qui se bloque sur un rebord de toit, et refuse de tomber, par plus que d'avancer. Bref, sur certains jeux, on se serait dit que ce n'est pas trop grave. Mais quand vous arrivez enfin vers la fin d'une scène éprouvante, la main moite, le palpant à 200 pulsations et le T-shirt trempe de stress, vous appréciez moyennement de voit la prise annulée à cause d'un bug.
D'un point de vue plus visuel, la surenchère pyrotechnique complique parfois la vie lors du déplacement. Si l'horizon est assez lointain, il est obstrué par un bon nombre d'éléments. À cause du manque de puissance de la PS2, l'amalgame de ce décor complexe et des effets vidéo en tout genre se transforme vite en flou artistique. On ne distingue certains éléments qu'une fois dessus, quand il est trop tard pour réagir. On note notamment ce problème pour trouver son chemin au milieu de débris ou de bâtiment.
Conclusion :
Stuntman Ignition est un jeu à réserver à ceux qui ont de la patience, et un minimum d'expérience dans les jeux de sport mécanique. Il faut avoir une bonne capacité d'adaptation à des pilotages différents ne pas passer des heures à réapprendre la conduite à chaque nouvelle scène. Répétition et mémorisation sont les clefs de ce titre extrêmement scénarisé, mais très fort en sensations de pilotage. Malgré les quelques bugs graphiques, Stuntman Ignition est franchement grisant !
Les plus : Le principe du jeu, la technique des cascades, le doublage
Les moins : le manque de visibilité, le petits bugs

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