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L'Asie, continent rempli de mystère, de légende et de héros romanesques ! À l'époque, nous étions tombés sous le charme des combats épiques de Samurai Warriors et ses guerriers japonais, et de Dynasty Warriors et ses soldats chinois. Aujourd'hui, KOEI nous propose de redécouvrir ses deux séries dans un beat them all qui croisent les deux trames historiques. Impossible, mesez vous. Non, dans le jeu vidéo rien n'est impossible.

Nous voici en Asie médiévale. Orochi, un démon surpuissant semblait être tranquillement enfermé dans sa prison. Hélas, ce dernier a trouvé le moyen d'en sortir ! Et Orochi, il est franchement en boule... Alors, il décide de taper d'un coup sur la table histoire de semer un gros bazar spatio-temporel, et liquider les meilleurs guerriers d'Asie. Sans Delorean volante, mais une santé mentale aussi stable que celle d'Emmet Brown, il fait fusionner l'ère Sengoku japonaise avec la période des Trois Royaumes chinoise. Il ne reste plus qu'aux meilleurs guerriers de ces deux espaces-temps de s'unir pour fracasser le vilain Orochi.

Si vous avez noté un léger ton sarcastique dans cette intro, c'est un peu normal. Déjà, faire un crossover entre Dynasty Warriors et Samurai Warriors, ça sentait un peu le tapage commercial à moindre coût. Mais quand en plus, on y adjoint un scénario aussi ridicule, on se demande vraiment si on ne se moquerait pas un peu de nous par hasard. Oui, c'est vrai, où avais-je la tête, les gamers ne font jamais attention au scénario ; ils mettent leur intelligence au congélo et se moquent de l'histoire du moment qu'on leur sert de la baston. En effet, pour une fois mes mots sont durs. Faire fusionner deux époques séparées de 1000 ans par l'intermédiaire d'un démon japonais, Yamata no Orochi (un serpent à huit têtes dans la mythologie), c'est un peu comme faire se croiser Conan et Terminator dans un même film...
Et là ne s'arrêtent pas les problèmes d'immersion dans le jeu. Les combats sont rythmés par une musique techno nippone complètement décalée. En reprenant mon exemple ci-dessus, imaginez un peu nos potes Conan et Terminator fracasser les méchants sur le prélude de Bach. On s'attendait à une musique certes rythmée, mais plus épique, plus mystique. Là, on ne comprend vraiment plus dans quelle époque on se trouve et ce qu'on est vraiment censé y faire. Enfin, on rajoutera un doublage en anglais, histoire de paumer encore plus le néophyte.
Du coup on se reporte sur ce qu'offre le contenu du jeu. Et là pour le coup, on est servi. On retrouve un très grand nombre de personnages issu du croosover entre les deux séries. Ainsi, on pourra choisir diverses trames scénaristiques en fonction des clans des personnages, par exemple les Wu, Shu et Wei de Dynasty Warriors et les Sanada, Takewa ou Tokugawa de Samurai Warriors. Vous formerez des équipes de trois héros, avec lesquels vous pourrez switcher en cours de combat en appuyant sur les gâchettes de la DualShock 2. Chaque combattant progressera en expérience et en compétence au fur et à mesure des missions. Son niveau montera, renforçant ses caractéristiques comme la santé ou la force, et lui permettant d'apprendre de nouvelles techniques de combat.
Au demeurant, le character design est extrêmement soigné. Les personnages et leurs armures sont d'une très belle facture. Il en va de même pour des séquences cinématiques spécialement conçues pour le jeu, et que l'on regarderait volontiers en boucle. Hélas, pour les décors, c'est une autre paire de geta. Ces derniers sont plutôt mornes et manquent cruellement de détail. Ils apparaissent souvent vides et répétitifs, bien que vastes. Avec une caméra qui ne facilite pas la vision, on se paume souvent dans les levels, ne sachant pas trop quoi faire. les objectifs ne sont pas clairement définis sur les cartes. Pris dans l'action, on ne fait plus vraiment attention à ce pourquoi on est venu, le rappel ne se faisant que lorsque le message Defeat apparaît à l'écran.
Le coeur du gameplay de Warriors Orochi, tout comme celui de ces deux aînés. C'est de bastonner. Ici pas besoin d'avoir un skill incroyable pour l'enchaînement des combos. On tape dans le tas avec deux ou trois attaques destinées à faire le maximum de ménage. Il est toujours aussi jouissif de voir son nombre de morts dépasser le millier en quelques minutes et de réaliser des combos de plus de 500 coups consécutifs. La centaine de personnages qui apparaît à l'écran donne bien sûr une impression de fouillis, et il arrive souvent que les corps et les armes se traversent mutuellement. Qu'importe, l'adrénaline est là. Pour augmenter votre capacité à infliger des pertes colossales, vous pourrez déclencher des attaques spéciales grâce à une jauge spirituelle de Musou.
Reste qu'au bout d'une heure de jeu, on peut commencer à s'ennuyer ferme. Qui plus est, les deux seuls modes de jeu ne présentent aucune originalité. Le mode scénario vous permet d'avancer dans l'histoire, tandis que le mode libre revisite à l'unité les levels débloqués dans la story line. Même si un mode coop peut permettre de partager le plaisir du massacre de masse, le tout manque d'originalité, surtout si l'on décide de débloquer l'intégralité des personnages en reprenant les niveaux encore et encore.
Conclusion :
Même si ce n'est pas forcément leur intention au départ, les développeurs nous offrent un jeu à 100% commercial. S'il peut avoir valeur de goodies pour les fans des deux séries, il faut s'accrocher pour lui trouver un véritable intérêt. Ceux qui désirent bastonner trouveront sur PS2 des épisodes plus intéressants en occaz (Dynasty et Samurao Warriors), et surtout moins chers. Avec son scénario tout droit sorti d'une pochette surprise et son manque de clarté évident dû à une absence de localisation, Warriors Orochi ne séduit pas suffisament.
Les plus : L'action, le nombre de personnages
Les moins : le scénario, la localisation, le manque de diversité
