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Clive Barker est un touche-à-tout de l'horreur. Si certains ont un jour su transformer le plomb en or, son truc à Clive, c'est de transformer un média en un tableau d'épouvante. Auteur, dessinateur, réalisateur, concepteur de jeu, il est difficile de trouver un domaine où ce maître de l'angoisse n'a pas mis les pieds. Avec des univers tourmentés et des personnages difformes, aux copras érodés par la douleur, ces héros se plaisent à torturer à faire souffrir. Il suffit de penser au personnage d'Hellraiser, Pinhead, ou à l'atmosphère de son livre (adapté en jeu vidéo) Undying pour plonger du côté obscur de la terre, celui que tout le monde refuse de voir. Et ce n'est pas avec Jericho que vous trouverez votre salut.

À l'origine des temps, Dieu avait tenté de créer un être à son image. Peu satisfait de sa création, il s'empressa d'enfermer ce premier-né-là où personne ne le trouverait.... Al Khali, Moyen Orient, de nos jours. Des phénomènes étranges se produisent, une pyramide antique refait surface. L'armée décide d'envoyer des soldats en reconnaissance. Peine perdue. Les escouades sont mutilées par des créatures toutes droites venues de l'enfer. On envoie donc sur place les hommes d'armes de Jericho, une SWAR surentraînée pour faire face à cette situation. Séparée en deux équipes, Alpha et Omega, il va falloir trouver la source du Mal. Dans cette course contre la montre macabre, c'est le destin de l'humanité qui se joue.

Clive Barker nous montre une fois de plus qu'il est le maître de l'horreur. Sa participation au dessin de conception donne un plus au character design des monstres. Ces derniers sont tout simplement horribles. Contrairement à de nombreuses créatures du jeu vidéo, celles de Barker ne sont pas simplement laides. Elles sont tourmentées. Ses dernières sentent le corps humain en putréfaction, encore hanté par une mort douloureuse. Grâce au moteur Next Gen, le rendu émotionnel est assez comparable à celui d'un film.
Qui plus est, la pyramide dans laquelle vous progressez est divisée en strates temporelles. Chaque type de niveau vous plongera dans une époque de violence. Nazis durant la Seoncde Guerre mondiale, Templiers durant les croisades, il semble que ce lieu révèle peu à peu les instincts les plus bas et les plus vils des hommes. Elles correspondent aux moments de notre histoire où le premier-né est entré en contact avec l'Homme. Chaque pas en avant vous rapproche du coeur de ce lieu maudit, berceau démoniaque de l'humanité.
Ne croyez pas que les ennemis présents sur place se laisseront dégommer en moins de deux. Au contraire, il représente une vraie menace, étant clairement plus balèze que votre personnage. Heureusement, celui sera parfaitement armé pour faire face à la menace. Flingue de gros calibre, fusil de snipe, grenades, couteau, etc,... tout l'attirail du bidasse expérimenté sera là. Parmi les sept personnages, chacun aura un domaine de prédilection. Afin de profiter au mieux des capacités de chacun, il vous sera possible de donner des ordres à vos collègues ou de switcher de personnage en un clin d'oeil. Pour rendre tout cela cohérent, l'un des membres de Jericho se fait massacrer dès le début du jeu. Vous incarnez alors son esprit errant, qui a la capacité de posséder chacun des corps de ces partenaires, ainsi que de les régénérer.
Et ce n'est pas tout. Les hommes et les femmes de Jericho possèdent tous des dons psychiques étonnants. Certains embraseront les ennemis, d'autres soigneront leurs frères d'armes, tandis que d'autres utiliseront la télékinésie. Des pouvoirs de ralentis vous permettront d'esquiver les mauvais coups. Encore plus violent, il sera même possible de guider les balles pour exploser la face de plusieurs adversaires en même temps. Toujours plus violente, l'une des membres de la SWAT peut s'ouvrir les mains pour balancer des murs de flammes sur des ennemis. Le padré de servie, quant à lui, évangélisera la racaille démoniaque en la vidant de son propre sang. Les possibilités en combat semblent donc extrêmement complètes, que ce soit au niveau de l'armement, de la stratégie de groupe ou des attaques surnaturelles.
Pourtant, c'est un peu là que le bas blesse. En effet, contrairement à un BioShock qui utilise cette diversité pour enrichir le gameplay, on reste dans Jericho sur une base très bourrine. La plupart du temps, c'est votre gros calibre qui parlera, reléguant le côté tactique à l'arrière-plan. Reste à savoir si la progression dans les niveaux supérieurs proposera une alternative. En tout cas, en l'état actuel des choses, il faut avoir une sacrée dextérité pour arriver à jongler entre chaque personnage durant un combat, tant l'intensité de l'action et la virulence des ennemis est colossale.
Le gros point fort de Jericho reste donc son ambiance. Plongez votre pièce de jeu dans le noir (ou en lumière tamisée), montez un peu le son et laissez porter. Je puis vous garantir, qu'il faut avoir les nerfs solides pour ne pas sursauter lorsque d'une créature, vous prendre par surprise. Glauque et dérangeant, Jericho propose une gestion des lumières et des ombres exemplaire, même si le graphisme global n'est pas réellement à la hauteur de ce que l'on peut trouver sur Xbox 360. Des passages à la lampe torche et des séquences scénarisées en séquences de touches à appuyer au bon moment permettent de renforcer l'angoisse que l'on ressent au détour de chaque mur d'Al Khali.
Une autre spécificité de Jericho est sa gestion de la caméra. Lors de combat rapproché, votre vision se met à bouger dans tous les sens, à chaque coup que vous tirez ou que vous recevez. Combiné avec une bande-son adéquate très réussie vous êtes directement mis sous pression. Les hurlements désespérés de vos frères d'armes et la sensation d'affolement général rappellent largement les prises de vue des films d'horreur.
Conclusion :
La vision horrifique que nous propose Clive Barker est tout simplement jouissive dans Jericho. Les séquences de shoot sont très musclées, du fait de créatures de l'enfer très coriaces. Avec des armes variées et des pouvoirs psychiques très bourrins, on regrette simplement de ne pouvoir avancer dans le jeu de manière plus fine. Le switch entre personnages n'est au final rien de plus qu'une manière évoluée de changer d'armes et de style de combat. Quoi qu'il en soit, Jericho promet une bonne dose de frissons pour sa sortie prochaine !