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Pour moi la Guerre de Cent ans, c'est un très mauvais souvenir d'un cours magistral d'histoire sur le banc d'une classe. Alors, du coup, quand il faut que je teste Bladestorm, dont le scénario est basé sur cette guerre entre Anglais et Français, j'espère bien que cela va me faire rattraper toutes ces heures perdues. En effet, contrairement à des titres comme Jeanne d'Arc sur PSP (où la pucelle fracassait du démon ??!!?), Bladestorm se veut plus proche d'une réalité historique. Ouvrez vos livres à la page 360 pour en savoir plus.

Vous êtes un mercenaire ! Oui, car, Bladestorm me l'a appris, pour gagner leurs batailles, les Français et les Anglais avaient recours à des mercenaires. Ces derniers, plus aguerris au combat, se vendaient au plus offrant pour augmenter leur fortune personnelle et leur renommée. Vous voici dans la peau d'un(e) jeune qui désire se faire un nom dans ce métier aussi lucratif que dangereux.

Les vidéos, les images et les phases de gameplay que l'on avait pu voir avant de tester le jeu, faisait penser à un bon vieux beat them all, dans le style des Dynasty ou des Samurai Warriors (pour rester chez KOEI). Pourtant, on remarque vite que, bien que la baston soit omniprésente, c'est en tant que chef de troupe et non-guerrier que vous interviendrez le plus souvent. Chaque mission se fera par un passage obligé à la taverne, le rendez-vous des mercenaires du coin et de leurs contacts. Sur place, vous pourrez façonner votre personnage (avec un éditeur un tantinet limité en possibilités), gérez vos troupes, vos compétences et votre inventaire. C'est également ici que vous aurez accès à une boutique pour parfaire votre équipement. Mais votre interlocuteur principal sera le taulier, qui vous proposera plusieurs contrats pour vous faire connaître.
En soi, vous n'avez pas d'affiliation privilégiée avec un camp plutôt qu'un autre. Vous pouvez jouer au patriote en aidant systématiquement la France, mais il faut bien avouer qu'un salaire plus élevé chez les Anglais vous incitera à retourner votre veste. Bref, vous êtes un mercenaire, un vrai, un dur, que seul l'appât du gain motive. Très attrayant dans les premières missions, ce choix scénaristique reste toutefois frustrant pour le joueur. En effet, sorti de la quête de renommée de votre héros, vous vous désintéressez complètement du conflit en lui même. Qu'importe l'issue de la guerre tant que vous êtes gagnant . Du point de vue du joueur, on finit par se démotiver un peu, à force de prendre et de reprendre des villes, tout simplement parce que l'on a changé de camp.
Mais entrons dans le coeur de l'action. Sur le champ de bataille, vous ne pouvez agir seul. En effet, attaquer une garnison ennemie avec pour seul allié son épée, c'est courir vers un destin funeste. Il faudra donc prendre le contrôle d'une troupe présente sur place. Cette action se fait directement par un appui sur « A », à proximité du groupe souhaité. Une fois à la tête de votre escouade, vous pourrez aller faire goutter à l'ennemi le tranchant de vos armes. Le système de commande à la volée est très intuitif, toutefois, au cas où votre troupe se verrait décimée, ou peu adaptée à un retournement de situation, il vous faudra rebrousser chemin et chercher un nouveau groupe pour retenter une percée. Pas franchement ergonomique, ce système oblige à courir inutilement dans les maps, gaspillant de précieuses minutes pour des missions en temps limité.
Chacune des troupes possède ses propres talents. Ainsi, des troupes d'archers seront très utiles comme soutien, lors d'une attaque, mais inaptes au close-combat. Les cavaliers, quant à eux, décimeront les fantassins. Mais attention à ne pas se faire embrocher par une compagnie de lanciers. Comme vous vous en doutez, il va donc falloir analyser un petit peu les positions adverses avant de foncer dans le tas. Même s'il est possible de choisir avant le début de la mission son point de départ entre plusieurs points stratégiques, on manque de temps pour une action réellement coordonnée. On se contente donc la plupart du temps de prendre des unités polyvalentes, et de foncer dans le tas, en soutien d'une compagnie gérée par l'IA.
Au fil du jeu et de vos victoires, vous aurez accès à des soldats de plus en plus efficaces et de plus en plus spécialisés. Parallèlement, le gain de niveaux et d'argent dans le jeu vous permettra de faire progresser vos sous-fifres et de mieux équiper votre avatar. Un arbre des compétences permettra de développer vos talents et les effets des attaques spéciales.Chaque type de soldats que vous aurez sous vos ordres possède en effet des coups évolués. Certains briseront les jambes des opposants, d'autres balanceront des flèches empoisonnées ou des mini-tsunami. Il faut bien un peu de fantaisie pour rendre le côté historique plus digeste !
À propos de fantaisie, on notera surtout une modélisation franchement idéalisée de la guerre. Tous les personnages sont de fringants gaillards, plus proche d'Orlando Bloom dans Kingdom of Heaven que de Jean Réno dans les Visiteurs... De nombreuses figures historiques agiront avec et contre vous. Et là encore, les personnages ont été largement retravaillés par rapport à leur apparence réelle. Jeanne d'Arc par exemple est très loin du look Mireille Mathieu... Sans vouloir faire dans l'humour gras, je me suis tout de même demandé comment elle avait fait pour rester pucelle avec un tel physique....
Autre problème de l'altération du côté historique, les stratégies mises en place sont parfois un peu bizarres. Lorsque vous prenez une base, il vous suffit de défaire son commandant pour que tous les autres ennemis disparaissent. Hmm, hmm plutôt bizarre. Dans le même style, les trébuchets ne sont que faiblement gardés, et les deux soldats qui les utilisent se laissent massacrer sans même réagir. Enfin, lorsqu'une troupe organisée vous fonce dessus, les fantassins se ruent dans la bataille, délaissant complètement les pauvres archers, incapables de dégainer la moindre épée pour se défendre au corps à corps. Bref, toutes ses imprécisions sont assez préjudiciables pour un titre que l'on a du mal à cataloguer.
Conclusion :
Bladestorm est au final plutôt sympathique dans la mesure où il se risque à un gameplay original. Très agréable dans les premières heures de jeu, notamment grâce à de magnifiques musiques, il peut rapidement lasser de par son manque d'implication du joueur dans la Guerre de Cent ans. Sa prise en main simple et efficace permet de rapidement utiliser à 100% toutes les troupes auxquelles vous avez accès. Malheureusement, un calibrage bâtard entre baston et stratégie laisse un peu perplexe... Dois je foncer dans le tas, ou prendre mon temps pour frapper au bon endroit, avec les bonnes unités... Seul un passage intensif par les écrans de gestion vous permettra de mieux comprendre les rouages d'une guerre des plus lucratives.
Les plus : Des combats épiques, une musique magnifique, le doublage, la gestion
Les moins : Le flou des affrontements, la récurrence des missions, le scénario pas du tout immersif
