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Voici venir deux nouvelles gueules que l'on n’oubliera pas de si tôt dans le jeu vidéo. À mi-chemin entre les psychopathes de Reservoir Dogs et les déjantés de Sin City, voici venir Kane et Lynch. Avec une réalisation Hollywoodienne, ce nouveau jeu de tir tente une approche plus spectaculaire, plus cinématographique du jeu vidéo. Mais cela suffira t'il pour compenser un gameplay pas du tout adapté au shoot ? C'est ce que nous allons tenter de voir dans ce test assassin.

Kane et Lynch sont en convoi de prisonniers. Mais soudain, voici qu'une bande organisée fait sauter le véhicule et les aide à s'échapper. Après quelques échauffourées, voici les deux tueurs cagoulés et embarqués de force par leurs sauveurs. Kane se voit amener devant ses anciens collègues, qu'il semble avoir doublé et laissés pour morts il y a quelques temps. Pour sauver sa peau et surtout celle de sa femme et de sa fille, Kane va devoir récupérer l'argent qu'il a détourné. Pire, il va devoir se coltiner comme chaperon Lynch, un tueur psychopathe. Mais Kane est-il vraiment le responsable de la disparition du fric ?

Kane & Lynch Dead Men est exclusivement basé sur le côté scénaristique. Comprenez par là que dès les premières minutes de jeu, on l'impression d'être le héros d'un film made in USA. Avec lors tronches marquées, que même des électrochocs ne feraient oubliées, les deux héros principaux en jettent. Il faut dire que question physique ils font forts. Kane, impassible (limite froid), une cicatrice en travers du visage et Lynch avec ses lunettes et son crâne dégarni remplissent particulièrement bien leur rôle. Ajoutez à cela des doubleurs français connus (dont celui de Lee Tergesen) et vous obtenez une bonne base.
Côté réalisation, c'est la même chose. Le jeu évolue par scène, un peu comme si chaque nouvelle portion était l'épisode d'une série. Qui plus est, tout un tas de codes propres au cinéma hollywoodiens a été ajouté. Lynch par exemple, cache derrière ses petites pilules un tueur psychopathe complètement barjo, qui pourrait faire passer le Vincent Vega de Pulp Fiction pour un ambassadeur d'Amnesty Internatonal. Explosions en tout genre, fusillades dantesques et courses poursuites haletantes, voilà le programme très complet de Kane & Lynch Dead Men. Ça va être dur de trouver un moment pour se reposer.
Ainsi donc, le jeu est très alléchant sur le papier. Oui, mais seulement sur le papier. Dès que vous commencez à prendre le contrôle des personnages, ça se gâte furieusement. Pourtant, les options avaient été pensées au mieux. En effet, les personnages pouvaient se coller conte les murs tirer en aveugle, donner des ordres aux autres héros, se passer des armes, et même se faire des picouses d'adrénaline pour éviter de crever comme un chien après s'être fait défoncer. Mais tout ceci demande un grand nombre d'appui sur les boutons, et il faut bien avouer, que dans le feu de l'action on s'y perd un peu....
Mais il y a encore pire ! La visée est totalement déficiente. En premier lieu, la caméra se place de manière bâtarde au dessus de l'épaule en diagonale. Il est quasiment impossible d'avancer droit et de viser une cible devant soi. On a l'impression que le héros se déplace à moitié en crabe. Ensuite, une fois votre arme à la main, la mire et le point d'impact ne correspondent pas toujours. Ainsi, si vous visez à couvert entre deux planches de bois par exemple, vous ne pourrez pas toucher votre adversaire, toutes les balles se collant dans les obstacles les plus proches, alors que le canon permet de toucher la cible. Par contre bizarrement, vos adversaires, eux, ne vous ratent pas alors même que vous êtes à couvert.
Enfin, toujours dans ces bévues de gameplay, on notera des incohérences monstres. Je veux bien que l'on soit dans une réalisation hollywoodienne. Mais, bon trois balles dans la tête pour dégommer un gars à 5m, c'est un peu beaucoup. Les tirs ne tiennent pour ainsi dire par compte de la localisation. Il est inutile de tirer dans la jambe d'un gars qui court pour le ralentir. Le fait de plomber les adversaires ne les fait pas broncher, même avec un calibre .44 ! Le principe est le même pour un peu tout d'ailleurs. Lorsqu’'une voiture est à l'arrêt, vous pouvez dégonfler le pneu en tirant dedans. Mais dès que celle-ci roule, il devient blindé, insensible à vos balles. Voilà qui rend les courses poursuites peu réalistes...
Et les soucis ne s'arrêtent pas là. Plus on avance dans le jeu, plus on s'aperçoit que la réalisation est foireuse dans sa globalité. Ah ah, on s'est bien fait avoir avec le scénario à la Heat ! L'IA est totalement neuneu. Tout d'abord, au niveau des adversaires. Ces derniers chargent comme un troupeau de taurens en rut ! Sans aucune stratégie, ils shootent sans vraiment réfléchir. Par contre, il est tout possible d'arriver dans le dos d'un flic, et de le finir à coups de 9mm dans le genou sans que celui-ci ne daigne riposter.... Dans quel monde sommes-nous ?
Au coeur du gameplay, Kane & Lynch vous proposent de commander de petites escouades pour mener vos assauts. Mais là encore vos collègues, censés être des tueurs aguerris foncent dans le lard comme des idiots, se dont rependre, et vous passent un savon parce que vous ne les aidez pas !!!??? En combat, ils obstruent en continu votre ligne de mire (et bien entendu, vous pouvez faire des team hurt et team kill), vous obligeant à jouer au mono dans une colonie de vacances pour ados prépubaires mentalement déficients. Et encore, je ne vous parle pas de ce gars que vous devez protéger et qui passe son temps à avancer à deux à l'heure au milieu des ennemis. Il aurait mieux fait de se mettre une cible sur les fesses, de se coller un gyrophare, et de crier « allez y flinguez moi » dans un mégaphone.
Conclusion :
Kane & Lynch est au final un jeu vraiment trop limite sur le gameplay et la technique pour espérer rester dans les mémoires. Le scénario et les persos étant sympa, il aurait été plus judicieux de réduire les options de jeu, mais de renforcer l'efficacité et la jouabilité. Dans nos mémoires, il ne restera donc que ces deux véritables gueules de tueurs, imprimées sur le packshot du jeu. On s'attendait à beaucoup mieux. Puisque c'est ça, je m'en vais me mater Desperados sur mon home cinema, ça me changera les idées !
Les plus : Le scénario hollywodien, les personnages
Les moins : la maniabilité déplorable, intelligence vraiment artificielle, la cohérence
