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GTA, plus qu'une licence, une véritable légende ! Depuis les débuts sur PC en vue de dessus, bien du chemin a été fait. Si, dans les précédents opus ce sont la caricature et le second degré qui avaient été privilégiés, Rockstar mise avec Grand Theft Auto IV sur une approche plus réaliste. Plus réaliste, à la fois dans le gameplay et dans la réalisation. Alors me direz-vous, ce revirement pour l'arrivée dans la nouvelle génération sera-t-il convaincant ? Il n'y a qu'une seule façon de le savoir : mettre les mains dans le cambouis. Préparez-vous pour une virée dans un Liberty City plus vivant que jamais !

Nico Bellic entend bien vivre le rêve américain. Alors qu'il n'a pas encore dépassé la Statue de la Liberté de New York (euh, pardon, Liberty City), il commence déjà à fantasmer sur la vie de luxe qui l'attend. Son cousin a la ville à ses pieds, les filles, l'argent, le pouvoir, et Nico compte entrer par la grande porte. Mais hélas, c'est un Roman Bellic plus alcoolo que craint qui accueille Nico. À la solde d'un caïd local, Roman a des ennuis par-dessus la tête, et des dettes dans tous les coins. Alors, Nico va devoir se retrousser les manches, et utiliser toute sa persuasion pour se faire un trou à Liberty City, ville du vice où même les "bouseux de l'Europe de l'Est" peuvent s'offrir un manoir et des poulettes de luxe !

Bizarrement, les premiers pas dans GTA IV ne convainquent pas. Alors que l'on s'attend à en prendre plein la face, on se retrouve dans un Liberty City certes bien fichu graphiquement, mais avec tout un tas de petits bugs agaçants. Clipping, chute de frame rate et autres soucis de collision viennent ponctuer un affichage que l'on attendait plus propre. Même problème en prenant en main la première caisse. À peine le premier coup de volant donné que l'on se met à faire un tête à queue un brin poussif. Nous aurait-on trompés sur la marchandise ? Ce GTA IV ne serait-il qu'une vulgaire imposture ?
Grand dieu non ! Il suffit de jouer quelques heures pour se rendre compte que tout ce qui, de prime abord, nous était apparu comme des bugs grossiers se noie dans une architecture graphique incroyablement vaste ! Après une dizaine d'heures de jeu, vous aurez vraiment l'impression de parcourir un décor sans fin. Le nombre de rues, de ruelles d'impasses de recoin et de passage semble complètement irréel tant ils sont nombreux. Le travail de modélisation est pharaonique, comme si chaque centimètre-carré de la ville avait été maquétisé à la pince à épiler ! Le vent fait osciller les arbres et les feux suspendus, les éclairages et les effets de lumières donnent des ambiances uniques suivant le climat et le quartier dans lequel on évolue. Comment ne pas résister à un tel feu d'artifice visuel ? Ainsi, plus on joue, plus on met de côté les vilaines petites approximations pour profiter d'un environnement très réaliste, et de l'aire de jeu la plus vaste qu'il nous était donné de parcourir !
Chaque recoin, chaque parcelle de ce vaste Liberty City recèle un détail, un endroit que l'on peut explorer, pour y découvrir, un bonus ou une activité. Plus surprenant, le passage d'une zone à l'autre de la ville, ou même l'entrée dans un environnement intérieur (bar, planque, resto...) ne demande aucun temps de chargement. Tout se fait naturellement, sans arrêt brusque du gameplay, si ce n'est pour les cut scenes et les changements de chapitres. Rassurez-vous, cette surface colossale vous sera offerte par parcelle. Certaines zones, bien gardées au début, ne seront accessibles que peu à peu, histoire de ne pas vous paumer d'entrée de jeu.
Ce réalisme se ressent également dans la prise en main des véhicules. Au début chaotique, on comprend assez rapidement qu'il faut mettre de côté les habituels pilotages arcade, pour se focaliser sur un aspect plus proche de la simulation. Ainsi, pour prendre un virage serré, il va falloir anticiper et freiner calmement, histoire d'éviter de partir en travers. Le frein à main est beaucoup plus sec lui aussi. Il faut vraiment un bon coup de main pour contrôler le dérapage et profiter au mieux des meilleures caisses. Chaque bagnole a un comportement qui lui est propre, bien plus marqué que dans les autres GTA. Cela se caractérise à la fois par la vitesse, l'agilité, l'accélération ou le freinage, mais également par le poids et la force d'impact. Ainsi, une voiture rapide se retrouvera vite en miette tandis qu'un transport de fond blindé sera un vrai char d'assaut, mais sera incapable de prendre des tremplins.
Mais, le bon vieux vol de voiture ne sera pas le seul moyen pour Nico de parcourir Liberty City. Ainsi, il pourra siffler un taxi pour se faire conduire, ou encore utiliser les transports en commun. Le métro se révèle un allié de taille pour pouvoir traverser la ville en un clin d'oeil et faire profil bas alors que les flics vous attendent à chaque coin de rue. On apprécie également le nouveau système de GPS qui vous permettra de cibler un point sur la carte. Un itinéraire apparaîtra alors sur le réticule de la mini map, vous évitant de regarder sans arrêt où vous êtes pour vous diriger.
Grand ajout également que celui de votre téléphone portable. Celui-ci ne vous quittera pas d'une semelle et vous permettra d'entretenir des contacts avec tous les protagonistes du jeu. C'est grâce à lui que vous resterez en contact avec MIchelle pour lui préparer un café chaud (charmant petit clin d'oeil à San Andreas), ou que vous vous tiendrez au courant des nouvelles missions dispo auprès de Vlad. Mieux encore, l'apparition de ce téléphone portable va de pair avec l'ajout d'un nouveau système de sauvegarde. Désormais, tout est automatique. Bien entendu, il vous est toujours possible de retourner à votre home sweet home pour pioncer et sauver, mais ce n'est plus une obligation. Le jeu se charge d'immortaliser votre progression tout seul, comme un grand. Si vous échouez dans votre mission courante, un SMS vous demandera si vous désirez la recommencer, et, dans ce cas, vous redémarrerez au début de la tentative. Le gain de temps et le confort de jeu sont colossaux ! On se demande bien comment on faisait avant pour s'en passer.
La deuxième grosse partie de GTA IV, c'est le combat. Que ce soit à mains nues ou au flingue, l'orchestration des séquences d'action gagne également en clarté et en efficacité. Désormais, vous pouvez locker une cible avec la gâchette. Ensuite, il vous suffit d'enchaîner quelques coups classiques, allant du coup de boule au crochet en passant par le balayage. Il vous est même possible de finir un adversaire gisant à terre, histoire d'être sûr qu'il finira bien au cimetière du coin. Mais, rapidement, vous laisserez vos petits poings tranquilles pour passer aux armes. Commençons notre tour d'horizon par les armes de jet. Elles se lancent de deux manières différentes. La première, automatique se fait en enfonçant la gâchette analogique. Avec un appui plus modéré, vous doserez et ajusterez votre lancé pour plus de précision.
Les gun-fights prennent eux aussi une nouvelle dimension. Fini les séquences de tir à l'aveuglette où l'on espérait parfois toucher sa cible au petit bonheur la chance. Nico possède une palette de mouvement digne de titres comme Gears of War. Lors des séquences de shoot, vous passerez, si le coeur vous en dit (et il vous en dira) en vue par dessus l'épaule. Si la situation est tendue, vous pourrez vous mettre à couvert et vous accroupir. Au coin d'un mur, il est possible de décaler le réticule de quelques centimètres, histoire de shooter en pleine tête le poulet qui vous ordonne de vous rendre avec son gros fusil entre les mains. Oui, car, GTA IV localise une partie des dégâts occasionnés, vous permettant de nuancer vos actions agressives.
À noter enfin le nouveau système de traque de la police. Désormais, lorsque vous commettez vos larcins, les flics vous traquent sur une zone circulaire précise. Plus les méfaits augmentent, plus la zone s'agrandit. Pour vous en sortir, il faut donc parvenir à aller en dehors de la parcelle infestée de flics. Ensuite, en vous faisant oublier, le niveau de recherche diminue peu à peu. Si, globalement, on se tire facilement après de petits crimes, comme un carambolage, un péage franchi sans payer ou une bagarre, cela devient plus compliqué quand vous vous en prenez aux forces de l'ordre. Certaines actions de la LCPD sont même un peu exagérées. Quand, les flics bloquant un pont, vous tentez de passer calmement (c'est à dire sans taper) à côté et que vous vous faites répandre sans sommation au fusil à pompe, cela tient du meurtre au premier degré. Même topo, lorsque, traversant la rivière à la nage (donc incapable de tirer), vous voyez débarquer deux hélicoptères et quatre bateaux armés de gros calibres, vous massacrant allègrement, même lorsque vous arrêtez de nager pour vous rendre.
Reste à voir un point précis pour ce GTA IV : l'ambiance. Après un San Andreas franchement excellent avec son côté gagnsta ghetto, la barre est très haute, un peu trop peut-être. Bien entendu, la multitude d'activités annexes et le grand nombre de personnages présents contribuent à nous immerger dans ce Liberty City. Qui plus est, les animations sont plus précises et les modélisations moins caricaturales que précédemment. Jouer au billard, au bowling, aller draguer dans un cybercafé, inviter une fille au resto et finir autour d'un café chaud (sans scène explicite cette fois, mais avec quelques sons bien évocateurs) permettra de casser avec la routine.Les tenues de Nico et les choix dans les excursions avec les protagonistes permettront de tisser des liens plus ou moins forts avec les autres personnages, et obtenir ainsi des avantages en terme de matériel ou de minijeux annexes.
Mais, au-delà de ça, nous n'avons pas été séduits par la trame proposée. Tout d'abord, Rockstar a misé sur un héros bourru, avec un premier degré à la limite du supportable. Alors, oui, l'avis que nous donnons est un peu subjectif et certains trouveront ce nouveau héros formidable. Il faut bien avouer que face aux piques verbales acérées, ironiques et bien dosées de CJ, Niko fait réellement bouseux... La multiplication à outrance des gros mots rend les dialogues particulièrement lourds et pesants. D'autant, qu'au final, ils sont assez creux et insipides. Les cut scenes sont assez molles, à l'image des méchants de service, que l'on finit par confondre tant les doubleurs et les modélisations se ressemblent. Pire, certaines séquences de dialogue se produisent pendant que vous conduisez. Le jeu étant sous-titré, il est extrêmement difficile de les suivre et de garder une conduite propre. Ils se superposent à la bande-son, pourtant irréprochable avec ses 20 radios et ses guests au micro (comme par exemple Karl Laggerfeld).
Conclusion :
Il serait vraiment mal venu de dire que GTA IV n'est pas une tuerie. Même s'il existe quelques bugs par-ci par-là, la densité et la taille de l'univers du jeu font rapidement oublier tout ces défauts. Complet, bien pensé et agréable à jouer, ce quatrième opus est clairement à la hauteur de nos attentes. Pour die, dans ce test, j'e n'ai pu évoquer qu'un dixième du contenu d'un jeu, qui se permet en plus du mode solo, d'offrir un mode multi passionnant ! Le seul véritable regret du jeu, ce sont peut-être des cut scenes répétitives et une trame parfois un peu mollassonne. Parallèlement, la quantités de nouveauté et d'ajustements en font un incontournable de la console. Vous pouvez foncer chez votre dealer tout de suite pour vous procurer ce qui est sans doute le jeu de l'année !
Les plus : L'un des meilleur GTA, la taille de Liberty City, la quantité de missions, l'ergonomie, les temps de chargement absent
Les moins : La trame un peu en dessous, les sous titrages pendant la conduite
