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Ubisoft a fait très fort sur sa campagne de com autour d'Haze. Avec la couverture médiatique de Mantel, les vrais faux sites de la société et les trailers avec un PDG des plus convaincants, on est franchement rentré de plain-pied dans la combine marketing. Aujourd'hui, avec le jeu entre nos mains, nous allons enfin pouvoir entrer dans cette firme spécialisée dans les milices privées. Poussez avec nous la porte de l'entreprise Mantel et découvrez avec nous les rouages de la guerre privée.

Vous voici dans la peau d'un soldat de la firme Mantel, en l'an de grâce 2048. Pour vous cette société, qui loue les servies de milices aux gouvernements incarne forcément le bien. Grâce au Nectar, sa drogue de combat maison, vous êtes persuadés d'oeuvrer pour le bien de l'humanité avec un grand H. Les rebelles que vous descendez à tour de bras n'ont rien compris. Le monde se portera mieux sans eux. Oui, mais voilà, suite à un incident pendant une mission, vous aller être violemment sevré, et découvrir les réelles motivations de Mantel.

Ubisoft annonce Haze comme LE nouveau FPS référence, celui qui va révolutionner le genre. Oui, eh ben, nous, on est quand même beaucoup plus mitigé là dessus. La première chose qui nuance notre avis, c'est la qualité de l'intelligence artificielle du jeu. En effet, le manque de finesse de vos camarades, comme de vos ennemis en font un jeu bourrin. Alors que vous approchez de la zone d'action et que vous distinguez les premiers rebelles, vous vous mettez accroupi, et avancez à couvert pour les surprendre. Ça c'était sans compter la brillante bêtise de vos partenaires qui restent debout et se mettent à arroser la zone comme un jardinier son plan de tomate. Au final, les rebelles se mettent à courir de manière illogique dans tous les sens, sortant de leur planque pour se faire abattre que du gibier. Quand par miracle vous parvenez à prendre l'initiative, vos alliés traversent votre ligne de mire comme des crétins....
Ce qui différencie donc Haze du FPS lambda, c'est l'utilisation du Nectar, une drogue de combat spécifique. Vous pourrez vous injecter cette dernière au moyen de la touche L2. Attention toutefois à ne pas passer en overdose et à faire n'importe quoi, y compris tirer sur vos collègues.... Grâce à cette drogue, vous gagnerez en rapidité et en visibilité. Les zooms des scope seront bien plus poussés et les ennemis apprêterons en surbrillance dorée. Voilà de quoi faire un véritable carnage en quelques secondes. Le seul problème avec le Nectar est que son addition vous plonge parfois dans de sérieux bad trips et élimine de votre vision tout ce qui n'est pas cool. Ainsi, les morts dispaîtrons de votre champ de vision. Avec cette drogue, le gameplay prend effectivement une dimension plus ludique, mais seulement pour un moment....
En effet, les développeurs ont choisi de vous retirer cette drogue dès lors que vous quittez Mantel vers le milieu du scénario. Passé du côté rebelle, vous n'aurez plus accès à vos capacités spéciales, même si celles-ci sont remplacées par des capacités acrobatiques nettement moins fun. Imaginez que l'on retire à un gamin son jouet préféré, juste après lui avoir offert. Tout ce pauvre bambin, on ressent une frustration et une colère sans égale. Une fois du côté rebelle, le gameplay se corse un peu plus et se nuance. Désormais, il va falloir utiliser ce que vous savez du Nectar contre leurs utilisateurs. À vous de couper les systèmes de régulation des injections au couteau pour provoquer des overdoses ou de feindre la mort pour ne pas être repéré. Quoi qu'il en soit, il faudra la jouer un peu plus rusé, la puissance de feu n'étant plus dans votre camp.
Hélas, on a l'impression de régresser d'un coup, alors que l'on attend une montée en puissance dans un jeu. Avec un rythme très haché, alternant des phases lentes où il ne se passe rien (ou trois fois rien) en quelques minutes et des phases apocalyptiques où les foudres de l'enfer sont déchaînées en quelques secondes sur l'écran, on a du mal à ne pas s'ennuyer un peu durant les 8 heures de la campagne solo. D'autant qu'on attendait plus du scénario. Avec le retournement de situation qui vous fait passer depuis Mantel chez les rebelles, on espérait une explication, un background étoffé. Que nenni, notre cher soldat se contente de retourner les armes vers sans anciens potes et point barre. La soi-disant nuance entre gentil et méchant s'inverse tout simplement, ne donnant pas à Haze un scénario plus original qu'un autre. Les cut-scenes sont molles et pour la plupart peu passionnantes, tant les dialogues ont déjà été entendus un peu partout.
Du point de vue du son et de l'ambiance, Haze est sympathique. Même si les textures sont un peu répétitives, le travail est plutôt propre. Jungle et Canyon sont bien modélisés, mais les environnements sont trop linéaires. On sent bien que le chemin est tracé et que rien ne vous en éloignera. On reprochera tout de même à la jungle un manque de visibilité évident. On bute sur on ne sait quoi ; le personnage s'arrête net en position de replis, garantissant une fin des plus funestes. La superposition des feuilles et des plantes vous empêche de voir clairement votre cible, mais bizarrement, l'obstruction de la mire est à sens unique, votre adversaire étant capable de voir à travers les branchages. Enfin, malgré des décors somme toute vides, on reprochera des chutes peu esthétiques de gameplay dans des séquences de tir très musclées.
Pour sauver le tout, Haze propose un mode coopération à 4 joueurs. Vous pourrez donc jouer en vous connectant avec des amis ou des serveurs au hasard. Certes cela donne un petit plus. De suite, on a moins le problème de l'IA pour ses camarades et l'on peut donc mieux profiter du gameplay. Hélas, on se marche un peu dessus, et il n'est pas rare de réaliser des Team Hurt. En cas de blessure, il faut attendre que l'un de vos partenaires vienne vous ranimer, ce qui, hélas, n'est pas toujours le cas.
Conclusion :
Haze est bien loin d'être le FPS étonnant que l'on nous avait annoncé. On est vraiment déçu du résultat. La qualité des graphismes n'impressionne plus tant que ça, quand on voit le rendu de moteurs tels que l'Unreal Engine 3. Fun dans les premières heures avec l'utilisation du Nectar, l'intérêt retombe violemment dès le passage à la seconde partie du scénario. La faute à une IA complètement à la ramasse et à une mise en scène largement surpassée dans des titres plus modestes.
Les plus : L'utilisation du Nectar, la campagne co-op en ligne
Les moins : L'IA loin d'être affutée, le scénario finalement classique, la campagne de promo trompeuse
