Jaquette Test du jeu Metal Gear Solid 4 Guns of The Patriot sur Playstation 3
Metal Gear Solid 4 Guns of The Patriot
rédigé le 19 Juin 2008, par Mik'O
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Plateforme : Playstation 3
Editeur : Konami
Catégorie : action
Date de sortie: 12 Juin 2008
Note globale : 16

Metal Gear Solid et son personnage emblématique, Snake, arrivent sur la PS3. Toutefois, le héros imaginé par Hideo Kojima commence à prendre de l'âge. C'est avec des cheveux grisonnants et une moustache de papi, que Solid Snake vient tirer sa révérence dans cet ultime opus qu'est Guns of the Patriot. Autant dire que les fans sont au rendez-vous pour un jeu qui va très certainement booster les ventes de PS3. On sait d'ores et déjà que certains joueurs attendaient la sortie de MGS4 pour s'offrir la console de Sony. Ainsi donc, pour conclure la sage, on peut s'attendre à un véritable feu d'artifice, fidèle au sacerdoce du studio. « Nous voulons diffuser dans le monde des jeux de caractères. Nous voulons être les garants de produits de qualité qui vaudront le précieux temps que vous leur consacrerez ». Avec Guns of the patriot, ces mots d'Hideo Kojima n'auront jamais été aussi vrais.

histoire

Nous voici quelques années après le dernier épisode de Metal Gear Solid. Alors que l'on pouvait s'attendre à un Snake pimpant et au mieux de sa forme pour ses trente ans, on démarre l'aventure avec un vieux rabougri, comme si plusieurs décennies avaient usé le héros charismatique de la série. Qu'est-il donc arrivé à Snake ? La réponse tient en quelques mots : syndrome de Werner, plus connu sous le nom de vieillissement prématuré. Pour des raisons inconnues, le fier soldat n'est plus que l'ombre de lui même, rongé par les rides et l'arthrose. Voué à une morte rapide et certaine, Snake va tout de même reprendre du service et se lancer une ultime fois dans le combat contre le système, les patriotes et surtout son nemesis : Liquid.

avis
Test et Metal Gear Solid 4 - PS3 - TEST - IMAGE
Lappogée d'une grande saga

La guerre a changé depuis quelques années, désormais, les combattants sont équipés de nanorobots. Ces derniers ont deux vocations principales. La première est de les transformer en machines de combat aguerries, capables de partager leurs sensations avec leurs collègues ou de résister à la douleur. La deuxième raison est le contrôle. Tous les soldats répondent à un système mis en place pour éviter que l'humanité ne s'autodétruise en usant par exemple des armes de destruction massive. Pourtant, un homme échappe à ce contrôle ; un homme d'une autre époque, qui mène une guerre pour ses principes, et non pour le simple fait de dominer. Cet homme, c'est Solid Snake. Voilà qui vous dresse un peu le background de ce Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriot. Kojima a voulu frapper fort pour ce dernier opus, et il a placé son personnage fétiche comme véritable héros, même si Snake déteste ce qualificatif.

Avec un Blu Ray rempli à raz-bord et une trame divisée en cinq actes, on a littéralement l'impression de se retrouver dans un film interactif. Les cut-scenes et les cinématiques sont présentes en grand nombre pour servir un scénario réservé aux fans de la série. Oui, car, disons-le clairement. Si Metal Gear Solid 4 est votre première expérience dans l'univers de Kojima, alors, oubliez-le très vite. On rentre directement dans le vif du sujet, et ce ne sont pas les quelques phrases qui situent l'action en début de jeu qui vous permettront de piger quoi que ce soit à l'aventure. Clins d'oeil, flash-back, dénouements ou explications sur la saga sont les bases de la dernière chasse de Snake. Cette profusion de rappels pourra peut-être même lasser un peu le fan, qui parfois, sera agacé de longue cut-scenes.



Mais le fait est là : la mise en scène est magistrale.Si l'on fait abstraction des quelques chutes de Frame-rate durant les cinématiques, MGS4 tient littéralement du film interactif. Avec des cadrages hollywoodiens, des dialogues centrés sur les héros et des séquences de plusieurs minutes, on a bien souvent envie d'aller chercher son pop-corn. Par exemple, la séquence d'arrivée des quatre "Beauty and the Beast" (Mantis, Octopus, Raven et Wolf) est tout simplement excellente ! Certaines scènes de combat, ralentis à l'appui, suggèrent des plans tels qu'aurait pu les concevoir un John Woo. Ainsi, comme dans toute grosse production, certains diront que Kojima et son équipe en ont trop fait. C'est tout ce qui fait la folie de Metal Gear Solid 4.

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Papy fait de la résistance

La mise en scène c'est une chose, mais ce n'est pas tout. Ce n'est pas un film que nous testons, c'est un jeu vidéo. Alors comment cela se passe-t'il une fois Snake pris en main ? L'énorme point positif, c'est clairement la prise en compte par les développeurs du feed-back des joueurs. Si, jusqu'alors le principal défaut de la série des Metal Gear était sa rigidité, le passage sur PS3 donne une énorme bouffée d'air. Tout d'abord, elle se traduit sur la manière d'aborder les missions. Snake est certes très orienté sur l'infiltration. Toutefois, la conception des niveaux permet de varier les plaisirs, en fonction de la situation, et du tempérament du joueur. Ainsi, il sera soit possible de passer en toute discrétion sans se faire repérer, ou bien alors se la jouer bourrin et de tout délatter sur son passage, comme dans un jeu de tir.

Focalisons-nous d'abord sur l'aspect infiltration, surtout présent dans les premiers actes. Les niveaux sont conçus de telle manière que l'oeil averti pourra toujours dégotter une brèche dans un mur, une ruelle détournée ou une échelle pour contourner les points chauds. Comme d'habitude, l'utilisation de baril pour se planquer, d'une revue porno pour détourner l'attention ou d'un pistolet hypodermique avec tranquillisant pour passer sans risque seront de mise. La quantité de moyens de passer inaperçu est telle que je vous laisserai le soin de les découvrir vous-même dans le jeu. Ensuite, Snake possède trois nouveaux atouts. Tout d'abord, une tenue flambant neuve, qui par mimétisme et appui sur un seul bouton permet de copier la texture dominante. Il en ressort un système de camouflage très efficace, permettant de se planquer au nez et à la barbe des poursuivants en un tour de pouce. Le deuxième outil est votre Snake Eye, qui commute votre vision pour bénéficier d'une vue nocturne ou encore d'une jumelle. Enfin, votre pote Otacon vous a dégotté un tout nouveau joujou : le Mk II. Il s'agit d'une petite Metal Gear, possédant un camouflage optique ultra-efficace. Lancé en éclaireur, ce petit robot vous permettra de dégager la voie en électrisant les sentinelles et en désamorçant les pièges. 



Toutefois, le joueur qui en a marre de se planquer pourra se lancer dans l'action à bras le corps. Aussi vieux qu'il soit, la panoplie de mouvements de Snake est plus redoutable que jamais. Il peut tirer dans toutes les positions, se mettre à couvert, se lancer au corps au corps et même enchaîner les roulades pour éviter les tirs. Pour plus de précisions et d'immersion, il sera même possible de switcher entre la vue par dessus l'épaule et la vue type FPS. Si dans les Metal Gear Solid précédents, l'armement était un souci permanent, dans ce quatrième opus, ce sera le cadet de vos soucis. En effet, Drebin (et son singe imberbe), un marchand d'armes spécialisé dans le déverrouillage d'id (rendre accessible toutes les armes à des gens non équipés de nano contrôlées par le système) sera votre fournisseur officiel. Son magasin est accessible à tout moment en passant par l'inventaire. Même s'il vous faudra débloquer peu à peu les équipements, bon nombre d'entre eux sont accessibles dès le début de l'aventure. Pour les acheter, il suffira de dépouiller les cadavres ennemis, votre butin se changeant immédiatement en deniers. Dès les premières heures, Snake pourra trimbaler un lance-roquette, un fusil sniper ou un pistolet avec silencieux. L'avantage de ce principe est de toujours pouvoir adapter son arsenal à la situation.

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Une indigestion d'armement et d'équipement

Alors qu'est ce que tout cela donne concrètement ? L'IA est l'une des plus évoluées que l'on puisse croiser sur console. L'ennemi se met à couvert, bouge pour essayer de vous prendre à revers et tire généralement juste. Dans le cas où vous vous feriez repéré, l'ennemi appelle des renforts et vous cherche. Les pisteurs sont de bien meilleure qualité que dans les épisodes précédents. Détaler comme un lapin ne suffit plus à s'écarter de leur vigilance. Le topo est le même pour les camarades qui vous accompagneront, par exemple la belle et efficace Merylle. Ils vous préviendront si vous entrez dans leur ligne de mire, et essaieront tant bien que mal de se placer dans des coins qui ne bouchent pas votre angle.

Formidable ! Eh bien, pas tant que ça. Cela peut paraître paradoxal, mais c'est dans l'épisode où l'IA est la plus efficace et les mouvements de Snake les plus travaillés que la jouabilité est peut-être la moins bonne. En effet, un note un déséquilibre colossal entre la puissance de Snake et celle de ces adversaires (hormis peut être face aux boss). Si vous démarrez en mode normal, vous verrez nettement que papy en a encore sous la semelle. Dominant largement l'ennemi, on se laisse piéger par la facilité délaissant un peu la vocation essentielle de MGS. Concrètement, pourquoi me prendre la tête à assomer deux pauvres vigiles et passer en douce, alors que c'est tellement plus pratique de les sniper pour un head shot, d'enchaîner avec une roquette pour nettoyer la zone et de passer le niveau en dézinguant ce qui reste au M4.... Les puristes pourront donc directement attaquer par le mode Big Boss (le plus difficile), histoire d'être rapidement sanctionnés (la mort) pour ces écarts de conduite.

Histoire de pimenter un peu le tout, Metal Gear propose quelques à-côtés, histoire de distraire un peu l'otaku, celui qui dort dans des draps Solid Snake et qui ne mange au petit déjeuné que des bols de nouille homologués par Kojima. Durant le jeu, ces fans parmi les fans pourront glaner des musiques pour leur IPod virtuel et des emblèmes. Trouvés dans les niveaux ou acquis suivant certains critères, ces derniers octroieront parfois (et parfois pas) des bonus à Snake. Très fun au début, les plus intéressants donnent des bonus de camouflages ou d'armements plutôt impressionnants, renforçant encore cette sensation de toute-puissance du grand père.

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La cigarette de trop

On ne pouvait pas terminer ce test sans vous parler des deux plus grosses déceptions de ce Metal Gear Solid 4. L'une est propre à un choix technique fait par Kojima Productions. Lorsque vous insérez la galette dans le lecteur, celle-ci installe automatiquement une partie des données sur le disque dur. L'espace ainsi réservé est tout de même de 4.7Go. Même si cette installation dure quelques minutes (sur fond de Snake fumant sa clope), elle a pour effet bénéfique de diminuer considérablement les temps de chargement à l'intérieur des actes. Mais alors, où se situe le problème ? Eh bien, à chaque changement d'acte, vous vous retapez le loading de 4 minutes, pas terriblement excitant.... Pire, les installations s'écrasant les unes les autres, il vous faudra de nouveau charger l'acte 2 si vous y revenez après avoir joué à l'acte 3. Voilà qui est pour le moins fastidieux et soûlant... 



La deuxième grosse critique s'adresse au détail du scénario en lui même. En voulant faire trop grand, Kojima a pris le risque de passer à la trappe la cohérence. Manque de détails sur les Beauty and the Beast, incohérence dans le script, passages téléphonés ou situation improbable, MGS4 a perdu en rigueur par rapport à ses prédécesseurs. Pour illustrer cela, on notera les changements de lieux totalement incompréhensibles, si ce n'est pour donner un prétexte à des décors (très réussis d'ailleurs) différents. Autre exemple plus édifiant. Alors que vous passer à revers d'une troupe subissant un pilonnage intensif, vous glissez quelques head shots dans le dos. L'ennemi se retourne d'un coup contre vous (oubliant qu'il pleut des bombes) et appelle des renforts sortis de nulle part pour vous traquer.

Conclusion :


Malgré ses défauts Metal Gear Solid 4 reste un hit en puissance. Chapitre final de la saga de Solid Snake, il ravira tous les fans de la série. Les novices auront quant à eux un peu plus de mal à prendre goût à l'intrigue, tant les personnages sont nombreux, les notions peu explicites et les clins d'oeil précis. Très réussi sur le point de vue graphique et sonore, Metal Gear Solid 4 brille par sa mise en scène et sa modélisation excellente des personnages et de leurs mouvements. Incontournable sur PS3, le titre de Kojima souffre toutefois de quelques défauts, dont un équilibrage discutable de la difficulté. Tout en restant objectifs, nous sommes tombés sous le charme, et recommandons donc à tous les fans des MGS ce Guns of the Partiot.

Les plus : L'ambiance graphique et sonore, la grande quantié d'équipement, les cinématiques, la mise en scène
Les moins : Le scénario pas forcément clair pour le novice, l'équilibrage de la difficulté, les temps de chargement

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