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Aujourd'hui, quand on parle de Speed Racer; on pense automatiquement au blockbuster des Frères Wachowski. Pourtant, il faut retourner 40 ans en arrière pour trouver les racines de Speed Racer. Il s'agit à la base d'un manga de Tatsuo Yoshida (plus connu pour Gatchaman / La bataille des planètes), paru en 1966 sous le nom de Mach GoGoGo, Go, signifiant cinq en japonais. Un jeu de mot qui tombe à pic and on sait que la voiture fétiche du héros Speed Racer (c'est son nom), largement inspiré de l'Aston Martin de Bond dans Goldfinger, est baptisé Mach 5. Le jeu vidéo, quant à lui, s'inspire plus du film que du manga, bien que les frères Wachowski aient gardé un côté kitsch et des prises de vue très nippones pour les longs métrages. Préparez-vous à vous lancer sur les pistes les plus rapides et les plus dangereuses de la planète.

Parlons tout d'abord de la trame originale du film, toile de fond du jeu vidéo.Speed Racer est le frère d'un grand coureur, Rex Racer, hélas décédé dans une course de T180, des bolides lancés à plus de 700km/h. Speed roule sur les traces de son aîné et remporte victoire après victoire dans les championnats régionaux. Remarqué pour son talent par Royalton, un magnat pourri de la course auto, la famille de Speed se trouve entraîné dans un traquenard visant à détruire la carrière de Speed. Pour redorer son blason et prendre sa revanche, Speed va devoir concourir dans les courses les plus dangereuses du monde.

Speed Racer, le jeu vidéo, fait quasiment abstraction du scénario et du film. Il n'emprunte en fait que le concept des courses, les personnages et les engins. Toutefois, on ne sait jamais vraiment pourquoi un tel en veut à un tel ou lance telle réplique pendant la course. Cela sera très certainement un tantinet frustrant pour ceux qui n'ont pas été faire un tour au cinéma. Si le mode a souvent été pour les adaptations de long métrage en jeux vidéo de proposer des extraits en format DVD entre les séquences de jeu, Warner n'assure même pas le minimum syndical pour son titre. Pas une seule des séquences pourtant spectaculaire n'est là pour raccrocher avec le film.
Ce choix vient peut-être du très gros écart graphique entre la réalisation des frères Wachowski et celle de Sidhe Interactive. Speed Racer n'est pas franchement beau. Certains diront qu'il a été bâclé, tandis que d'autres se conteront de le trouver franchement laid. Les voitures sont loin d'être travaillées. Le topo est le même pour des décors vides, des arbres réduits à leur plus simple apparat, des passages dans l'eau sans effet aucun ou un public qui n'est qu'un affreux flou abstrait mêlant des couleurs comme un kalidéoscope. Et encore, je ne vous parlerai que rapidement des ralentissements ponctuels ou des chutes de frame-rate.
Dommage d'ailleurs que Speed Racer n'ait pas eu droit à un peu plus de soin sur la forme, car, au final, le fond est plutôt pas mal. Les courses sont franchement nerveuses et nous rappellent de bons moments passés sur POD ou F-Zero. Les tracés sont tortueux à souhait, un peu comme dans un Trackmania. Les rencontres de T180 sont pour le moins violentes, et, pour gagner, il vous faudra à la fois dégommer les autres et terminer dans le haut du classement. En effet, le positionnement se fait par l'ajout de points de course (crash et figures réalisées) et points pour l'ordre d'arrivée. Globalement, il est possible de gagner un championnat sans jamais finir premier, mais en effectuant un maximum de crash.
Ces derniers se réalisent par des coups de poignets avec la WiiMote. À ce propos, les possesseurs de Mario Kart pourront ressortir leur volant. En combinant un mouvement avec une direction sur la croix directionnelle, votre bolide effectuera des figures d'attaque, de défense ou tout simplement de style. On regrette toutefois l'absence d'option en jeu comme les Fers de Lance de Canonball, les six circulaires de la Mach 5 ou les serpents de Snake Oiler. Cela aurait rajouté encore un peu plus de fun.
Pour essayer de densifier son gameplay, un système d'alliés et de rivaux a été mis en place. Hélas, celui-ci est bien trop rudimentaire pour fonctionner. En gros, les alliés ne vous cartonnent pas, tandis que vos rivaux, oui (ce qui ne change d'ailleurs pas des autres concurrents). De fait, la seule que vous rapporte les alliés, ce sont des pénalités quand vous les exploser par hasard. Au bout d'un moment, on arrête de se faire des potes, de manière à pouvoir dégommer un maximum de bagnoles et cumuler un max de points.
Après quelques minutes de jeu et quelques tours de circuit, on choisit le personnage qui nous va le mieux et on maîtrise totalement le bolide. En six heures environ, on peut plier le mode champion du jeu. Oui, la durée de vie est courte d'autant que les circuits ne varient pas vraiment de l"un à l'autre. Reste quelques épreuves annexes ou le mode multi pour passer le temps.
Conclusion :
Speed Racer n'est pas mauvais sur le principe, mais sa réalisation laborieuse le relègue à un jeu de seconde zone. Le plaisir de jeu est gâché par des épreuves qui se ressemblent les unes les autres et une durée de vie très courte. C'est bien dommage, car on prend pourtant son pied au volant d'une T180.
Les plus : Un jeu finalement sympa, des courses très dynamiques
Les moins : La durée de vie très courte, le graphisme vraiment trop limite

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