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Après un développement mouvementé et de l'info-intox qui a pas mal amoché l'arrivée du jeu, Resident Evil 4 reste un des titres les plus attendu de l'année. Qui plus, est, à part Zelda Windwaker 2, rares sont les jeux vraiment extraordinaires, pressentis pour la Game Cube pour 2005. Qui plus est, Resident Evil est une série mythique qui a eu droit à deux adaptations cinématographiques. Cependant, c'est également une marque de fabrique en perte de vitesse. Les complots viro-militaro-gouvernemento-jiraibienaumacdo d'Umbrella commençait à sérieusement piétiner et tourner au scénario spaghetti. L'avantage restait tout de même la forte teneur en sauce tomate des zombies. Alors que nous réserve ce titre derrière sa jaquette sombre et sobre.... Réponse dans quelques instants.

Tout pourrait commencer à Racoon City, comme d'hab, avec une meute de zombies enragés par un virus à cause du vilain chercheur d'Umbrella. Eh bien non. Les zombies se sont joints au mouvement des intermittents du spectacle. Ils ont décidé de se mettre en grève. Faut bien nourrir les gamins, et en ce moment, il y a de moins en moins de contrats. Les développeurs préfèrent l'extraterrestre. Alors il a fallu trouver une histoire cohérente pour justifier l'absence des morts-vivants. Par la même, autant faire Tabula Rasa sur les points du scénario qui gênait la suite. Un grand bravo au mec qui a trouvé l'idée, parce qu'elle aussi révolutionnaire d'inattendue (sourire ironique...)! Le gouvernement a décidé, face à la menace grandissante d'atomiser Racoon City. Il a aussi obligé Umbrella à cesser momentanément ses activités. Du coup, leur action a chuté et de fil en aiguille l'entreprise a plié bagage. Il n'y a pas à dire, un gouvernement ça peut être efficace. C'est donc fort logiquement que Léon va en Espagne pour danser la samba.... euh, sauver la fille du président. A ces gamines, ça se fait enlever au premier terroriste ! Il débarque dans un village où les habitants s'en prennent à lui. Leon de souvient de sa journée à Raccon City. Ces hommes ne sont pas des zombies et pourtant....

Alors que le scénario et la cinématique d'entrée promettent qu'il n'y aura plus de zombies, les premières séquences ne s'éloignent pourtant pas trop du cadre. Les villageois ressemblent comme deux gouttes de sang à des morts vivants. Visages équimosés et méchants, démarche nonchalante, grognements et soif de meurtre, tout est réuni. Mais à Leon, on la fait pas. Lui, il sait que ce sont des hommes. Et comme Léon il est pas raciste, il n'y a pas de raison qu'il ne les dégomme pas de la même façon.
Le titre est très réussi graphiquement. C'est un titre comme on aimerait en voir plus sur Game Cube. Les décors sont entièrement en 3D et l'ambiance visuelle, de la forêt, comme des intérieurs est subjuguante. Les envols de corbeaux ou les petites araignées qui se déplacent sont autant de détails qui rendent l'univers crédible. Tous les détails ont été soigneusement disposés pour restituer un maximum de plaisir à nos yeux. Ce souci a également été poussé pour les vidéos qui ponctuent l'aventure. Chaque plan de caméra, chaque séquence filmé suit un ordre, une façon de faire quasi-cinématographique.
Néanmoins, la fluidité et la qualité naturelle du jeu sont trahis par des petits bugs d'affichage. Par exemple, les troubles dus au clipping sont assez fréquents avec le couteau. Sa pointe a tendance a traversée les textures sans se préoccuper de leur consistance. Imaginez vous en train de faire un sandwish avec votre lame qui traverse le pain. Ce n'est pas très pratique.
La maniabilité a été revue et corrigée. La copie qui nous est remise est bien fournie quoique manquant un peu de lucidité pour un jeu de ce type. D'un côté, l'angle de vue du héros est à la limite de l'isométrique et du subjectif. C'est assez original mais très performant en terme de réalisme et de jouabilité. Le revers de la médaille est que l'angle de vue et la mobilité du regard est difficile à gérer. Lorsque plusieurs assaillants vous encerclent, il est ardu de repérer les bons angles de tir. De même on se fait très facilement surprendre par les flancs, donnant l'impression que l'ennemi est apparu comme par enchantement, ou plutôt par malédiction. De plus il n'y a pas de mouvements de straffing disponible. Le straffing permet de se déplacer latéralement tout en concevant un point fixe de visée. C'est assez glénant pour parcourir des couloirs tout en couvrant sa position. Enfin, oubliez les shoot en plaine course. Vous êtes obligé de viser pour faire feu. Par contre la gestion des armes, de l'inventaire et des objets est exemplaire. On ne se perd pas des heures dans des menus et tout est accessible en deux ou trois appui. La visée se fait la plupart du temps au moyen d'un pointeur laser.
Lorsque le bout passe en gras, vous tenez votre cible. Suivant le point d'impact, vous aurez le choix entre abattre net, ralentir ou faire chanceler votre cible. Ce système est particulièrement efficace pour retourner les armes de vos adversaires contre eux. Lorsqu'un malade vous fonce dessus avec une grenade, quelques balles dans les jambes le freinent. Une fois que la troupe qui le suit est à sa hauteur, tuez le directement et laissez sa grenade ainsi lâchée exploser. Vous anéantirez 5 méchants en 2 balles.
Le Gameplay est par contre exemplaire. Tout à été fait pour que vous soyez dans la peau d'une proie plutôt que dans celle d'un chasseur. Pour preuve, les villageois ont placé des pièges à loup qui peuvent vous être préjudiciable. De même des fils déclenchant des claymore peuvent être couper par inadvertance. Heureusement chacun des pièges peut être désamorcé si vous assez prudent. Il arrivera même que certains s'y prennent à vote place. Les veinards ! Vous aurez alors le choix entre les libérer (Resident Evil version BB et SPA) ou les zigouiller avec une balle dans le train arrière (Resident Evil version normale). Ce qui marque encore plus cette appréhension de l'autochtone, c'est qu'un seul villageois peut vous réduire en bouillie. En effet, vous n'êtes guère plus résistants qu'eux. Des approches fines s'imposent donc pour ne pas perdre la tête (au sens propre). Contrairement à la plupart des jeux du même style, les objets ne s'obtiennent pas forcément en cliquant sur X ou Y. Il va falloir cogiter un peu pour les récupérer. Lorsque vous voyez un médaillon suspendu au dessus d'un puits, il faut tirer sur la chaîne pour le prendre. D'habitude, quand vous êtes face à une porte cadenassée, vous vous dites : « il va encore falloir que j'arpente le niveau pour trouver la clef », ce à quoi mon pote Léon vous répondra « pourquoi tu te prends la tête ? Mets y un coup de fusil à pompe ça va plus vite ! ». Léon est un Mc Guyver du jeu de tir, et il entend bien faire valoir ce statut ! Non mais !
Plus on avance dans l'aventure, plus on s'aperçoit que l'histoire est construite et intéressante. A notre grande satisfaction, on quitte la trame pompeuse et quelque peu absurde de la séquence d'intro. Partie en mission de sauvetage de la fille du Président, Léon se retrouve au milieu d'un village où, non content d'avoir affaire aux Illumados (qui font largement penser aux francs maçons Illuminati), il va devoir en apprendre sur son propre passé. Le tout est très rythmé et les séquences qui entrecoupent l'action.
Quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit que Resident Evil 4 n'est pas un shoot them all, mais plutôt un très bon film fantastique interactif. Le choix des angles de caméra, la manière de restituer les émotions ou le basculement entre les différents plans, traduit bien l'esprit cinématographique. Il répond à 100% aux critères d'un bon film d'horreur dans la droite lignée d'Argento et de Romero. Malgré tout, les machines à écrire pour sauvegarder restent trop peu nombreuses.
Conclusion :
Voilà un grand Resident Evil qui tranche avec les précédents et qui redonne un coup de jeune à la série. Les quelques bugs dérisoires que nous avons constaté n'altèrent que peu la qualité globale du soft. Les différents ennemis, toujours plus coriace et la trame de l'intrigue prenante vous assure de nombreuses heures de terreur. A jouer dans le noir, sans bruit extérieur, il vous file la chair de poulpe.
Les plus : Un jeu prenant et mort-vivant, belle prouesse graphique
Les moins : 1 ou 2 peits bugs, peut être....

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