
Acheter au meilleur prix sur
Tiens donc, cela faisait longtemps. Un jeu de voitures. Oh ! Quelle surprise ! C'est pas Gran Turismo 5 ? Non pas déjà. Pourtant ça y ressemble. Qu'est ce qu'il y a écrit sur la boîte? EN-THU-SIA ? Il n'y pas de chiffre derrière. Il ne s'agit donc pas de l'n-ième reprise d'un titre vu et revu. Un bon point pour Konami. Et en plus c'est sous-titré Professional Racing. Ah, voilà un jeu pour moi, le grand rival de Jean Alési ! Et oui, comme lui, j'adore les bacs à sable, et comme lui j'oublie souvent le bout de la pompe à essence dans mon réservoir ! Alors, montez avec moi pour ce test. Promis j'éviterais de dépasser les 140 km/h en ville à contre sens sur les trottoirs avec 3g dans le sang et 10 buz dans les poumons !

Enthusia est le premier titre digne de ce nom, de Konami, dans le monde fermé de la course auto. Alors que beaucoup font un faux départ, le nippon n'a pas calé sur la ligne. Il a même réussi une belle séance de qualification qui aurait pu le propulser en pole position. Néanmoins, je me refuse à le comparer à Gran Turismo 4. Les deux jeux sont vraiment trop différents. L'un est axé semi-arcade, et collection de voiture pour poké-fans dépressifs; l'autre est ciblé sur la simulation et la finesse, pour mono-maniaque de la précision. Il est donc tout à fait possible d'aimer l'un et pas l'autre, et vice et versa.

Comme on l'a dit Enthusia est une véritable simulation. Lorsque l'on met côte à côte la trajectoire réelle d'une voiture et celle modélisée dans le jeu, on s'incline. Les effets de balancier des voitures et les transferts de poids de la caisse, autour des essieux et du châssis, sont à tomber. Un gros travail a été fait pour rendre le jeu et le comportement des engins aussi réaliste que possible sur piste. La preuve la plus évidente est le VGS.
Il s'agit du révolutionnaire Virtual Gravity System de Konami. Grâce à un petit schéma symbolisant vos 4 roues, il indique au moyen d'un point le centre de gravité réel de la voiture. A travers lui, vous allez pouvoir anticiper la trajectoire de vote bolide. Le système se révèle particulièrement utile lors des enchaînements successifs de courbes. Vous pourrez également vous en servir pour optimiser l'adhérence lors des dérapages, en évitant de trop déplacer le poids vers l'arrière, et donc partir en tête à queue. Ce système permet de ressentir visuellement, les inclinaisons et les accélérations (axiales et radiales) que subie un pilote, et par lesquelles il corrige sa conduite.
Tout ceci est très joli sur le papier. Mais qu'est ce que cela donne une fois la Dual Shock en main. En fait, pas grand chose de terrible. En effet, la précision requise pour chaque course est extrême. Heureusement qu'un mode d'entraînement est disponible, sinon le jeu serait complètement injouable. En effet, les voitures réagissent comme dans la réalité, c'est indéniable. Cependant, la marge analogique des manettes PS2 est trop insuffisante pour exploiter à fond les propriétés du soft. Un bon volant et un bon pédalier ne seront pas de trop pour gérer parfaitement le contrôle de la voiture. Et encore, il vous faudra une bonne dose de pratique. Le moindre petit écart suffit pour vous balancer dans le décors. Ce n'est pas qu'ils ne soient pas jolis, mais faire des châteaux de sable avec vos roues arrière n'est pas l'objectif principal du jeu.
Le VGS a également un effet négatif sur la conduite. Comme il est présent sans cesse à l'écran, on a tendance à se focaliser dessus. On perd donc rapidement le contact avec la course et le plaisir de la conduite. Le respect des trajectoires et le manque de place pour le feeling rend le jeu trop lisse. Les petits farfelus qui aiment se glisser dans des trous de souris, ou profiter d'un terre plein pour couper la route ne seront pas avantagés. Dans le même style, l'aspiration est trop difficile à prendre. La précision requise pour réaliser cette manoeuvre sans se vautrer, comme une sardine sur un surfer, est énorme. Enfin, il faut savoir que plus vous accélérez, plus les bords d'écran font des traits. Tout se passe comme si votre angle de vision se réduisait petit à petit. Le problème, c'est que ça fait vite mal aux yeux. On a l'impression d'avoir ingurgité un peu trop de Whisky avant de prendre la manette. Boire ou conduire, il faut choisir.
Un autre gros bug du jeu est la gestion des collisions. Comme la majorité des courses de bagnoles, les voitures se scratchent à 300 à l'heure et semblent sortir de chez un concessionnaire. Et dire, que quand je tape une borne à 20 km/h avec ma Xsara, j'ai le spoiler qui tombe en miette; je suis rêveur devant la résistance de ces véhicules. Même leur comportement reste identique sur la route; on ressent à peine une petit vibration lors de l'inpact. Le pied ! Mais côté simulation et précision de course, la honte !
Question Gameplay, tout a été fait pour rendre le jeu complet et difficile. Votre performance est évaluée avec des points Enthusia qui vous permettent de progresser. En effet, chaque heurt contre un mur, une voiture, chaque roue en dehors de la piste vous coûtent des points Enthusia. On pourrait trouver sympa, sauf que dans le cas présent, c'est un peu exagéré. C'est même carrément abusé. Il suffit d'une roue arrière qui passe un peu dans l'herbe pour voir votre quota diminuer dangereusement. En guise de trophée de vos bourdes, vous aurez même droit au résumé des fautes en fin de course. Bravo, vous avez fini premier mais avez perdu trop de point pour progresser. Ces points sont en plus le résultat d'un calcul savant qui tient compte de la difficulté des courses. Par conséquent, il peut s'avérer plus payant de finir troisième sur une course très dure, que premier sur une plus facile. La progression s'en trouve carrément anarchique !
A la manière d'un jeu de rôle, votre voiture et votre pilote pourront évoluer. Voter engin pourra ainsi gagner en précision et en tenue de route petit à petit. Le principe est très intéressant, mais encore une fois, son exploitation fait tordre le nez. A chaque fois que vous changerez de véhicule, il faudra tout reprendre à zéro. A terme, vous vous apercevrez que des voitures techniquement supérieures, se révèlent moins efficaces, car elles ont moins roulé. Si on suit ce calcul comme des bourrins, on pourrait arriver à la conclusion qu'une 4L peut être plus performante qu'une Clio V6 parce qu'elle aura roulé plus longtemps sans toucher les murs.... A méditer.....
Pour en terminer avec ce Gameplay hasardeux, sachez que les réglages pour les voitures ne sont clairement pas à la hauteur de la finesse que l'on exigera de vous. Sachez également, que l'AI commet peu d'erreur mais qu'elle est assez intelligente pour comprendre la signification d'un drapeau bleu (laisser passer). On ne peut en dire autant de tous les autres titres du genre.
Graphiquement, le jeu est vraiment sympatoche, comme Chichi. Même si les méandres de l'aliasing montrent le manque d'expérience de Konami dans le domaine, l'ensemble est largement satisfaisant. La comparaison annoncée avec les modèles réels est surtout présente lors des ralentis et des cinématiques. On pourrait néanmoins adresser un petit, mais tout petit carton à des décors un peu plat et terne. Mais bon ,à 300km/h, on se moque un peu du décors. C'est donc une réussite graphique pour les 200 voitures (nombre suffisant à mon goût) et les 40 circuits.
Par contre, le son est à exploser les oreilles d'un sourd. La bande est dépassée et complètement inadaptée. Piloter une Smart rouge qui atteint à peine 130 km/h avec une musique rétro des années 80 que personne ne connaît, ça fait penser à un mauvais sketch de Frank Dubosq. Le bof aime conduire sa Smart cabriolé en écoutant Take That à fond. De même, les bruits de moteur et de frottements de pneus ne sont vraiment pas là pour mettre l'ambiance. La palme de canard est décernée au bruits de choc sur les rambardes : BLONG ! Voilà, c'est le son émis par une voiture qui se fracasse contre un mur. A croire que la tôle est aussi creuse que le cerveau de "Double U" !
Conclusion :
Enthusia est un jeu qui part d'un très bon sentiment mais qui manque cruellement de finition. La précision qu'exige le titre pour son pilotage, est en opposition avec la rigueur des courses et du Gameplay. Konami a mis sur le tapis tout un tas de concepts et de très bonnes idées, mais n'a pas su les exploiter à leur juste valeur. C'est vraiment dommage, car Enthusia aurait pu être vraiment une surprise énorme. En tout cas, les plus pointilleux sur le pilotage se régaleront. Les fans de course d'arcades intuitives peuvent passer leur chemin. Quelques tours de courses suffiront à les décourager.
Les plus : De bonnes idées, une vraie simulation
Les moins : Des idées mal exploitées, un jeu un peu lisse

Voir la fiche de ce jeu sur Jeuxcherche.com
Voir les tests pour ce jeu sur Jeuxcherche.com (note moyenne : 68/100)