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Ce qui devait arriver arriva. A force de taquiner nos bons vieux Roswell, ils ont décidé de nous envahir. La soucoupe en forme de wok renversé s'approche de la Terre. Ca y'est mes amis, c'est la fin. LA fin de Playingzone (donc la fin du monde !), la rédaction est sur le point d'être colonisée. Je les entends déjà frapper à la porte ! Au secours. Il faut que j'aille ouvrir cette porte, même si je sais ce qui m'attend (ah, ces réflexes de film d'horreur). Mais il me faut une arme. Ah voilà ! Ce bloc de post it me sera d'une grande aide. Si on m'attaque je pourrais euhh, le scotcher au mur. Voilà une idée qu'elle est bonne. Ouverture de la porte en cours (tiens, c'est quoi cette musique oppressante qui vient de nulle part). Et voilà, le.... nain de jardin tout gris au cerveau sur dimensionné ! Pff, ça ressemble à rien un extraterrestre. Hélas, j'ai pas eu le temps de dire autre chose. Le nain de mars m'a fait traversé la pièce en hurlant: "Destroy all Humans".

Pour une fois, vous ne combattez pas des extraterrestres. VOUS êtes l'extraterrestre qui va coloniser la Terre. Seulement dans le style pas futé et charisme de poule, on a rarement fait mieux. Comment vous décrire ce que vous êtes ? Predator non, Starship Troopers pas vraiment, ah Soupe au choux, non plus. Ca y'est Mars Attacks. Destroy all Humans vous propose de coloniser la Terre des années 70 avec un Roswell digne d'un grand Tim Burton. C'est pas gagné!

Les premières secondes dans l'univers de Destroy All Humans vous mettent directement dans l'ambiance. Quand on vous donne votre première mission, vous pouffez de rire. Coloniser la Terre c'est bien, mais on ne fait pas ça n'importe comment. Il faut trouver un représentant de la race terrienne pour lui annoncer solennellement que sa planète est annexée. Seulement voila, quand vous atterrissez avec votre soucoupe au milieu d'une ferme d'un trou paumé des Etats UNis, il y a de fortes probabilité que votre contact se fasse avec une vache. Et d'ailleurs c'est le cas. Une vache ça pue, ça meuh, et ça pige rien ! Elle commence bien notre invasion.
Le jeu est un FPS complètement alternatif. Il semble tout droit sorti des années kitsch avec un Tim Burton ou un Ed Wood aux commandes. On s'attend à tout moment à voir sortir Bella Lugosi, Christopher Lee ou encore Donald Sutherland de derrière un buisson. Les différentes missions (enfin, étapes de la conquête) que vous mènerez sont introduites par des affiches style année 70, avec des couleurs vives, des femmes qui crient en gros plan, poursuivies en fond par des essoreuses à salade volantes. Un vrai régal !
Malgré tout, on prend vite peur que le Gameplay ne suive pas, et que le maximum de la réalisation ait été mise au service de ce décors décalé. Eh bien non. Le titre est vraiment complet et on se fend vraiment la poire à manier cet extraterrestre de pacotille. Son arsenal, quoique peut être limité est pour le moins innovant. Vous aurez trois principaux outils. Un jet pack vous permet de vous déplacer en volant, pour une courte durée, mais sans contrainte de hauteur. A côté vous posséderez des armes de tir aliens, destinées à mater, seul, les rebelles humains du haut de votre imposant mètre vingt. Mais le plus intéressant reste à venir.
Grâce à votre melon évolué, vous avez la possibilité d'utiliser des facultés mentales qui vous permettent de déplacer et de balancer les objets partout dans le niveau. Qu'il s'agisse de poulets (l'animal et le flic, le seul différence, c'est qu'il y en a un qui porte un flingue), de vaches, de camions ou d'humains, vous les ferez voler et les dégommerez un peu partout. Plus c'est lourd, plus c'est difficile à manipuler et moins ça va loin. Mais bon, une camionnette sur un paysan, c'est plutôt efficace.. Activé sur la cible au moyen d'un bouton et d'un auto aim, le déplacement se fait au avec le pad analogique de manière complètement intuitive. Et croyez moi, même quand on ne nous le demande pas, on fait du zèle tellement c'est poilant.
Enfin, pour gagner des points et de l'énergie, il vous faudra, au moyen de vos super pouvoirs de super alien (ah ah ah), extraire le cortex cérébral de chaque cadavre. Le gros point positif est que le jeu n'est pas gore, enfin pas trop par rapport à ce qu'il aurait pu être. Le titre reste donc accessible à un public jeune. De plus, cela évite de ne pas le faire sombrer dans le mauvais goût. On y trouve par moment une saveur de Men in Black à l'envers
A l'instar du Gameplay, le graphisme ne joue pas la carte du carton patte. On y trouve même un certain charme, mais surtout une authenticité folle. Je ne vais pas dire que le jeu est du niveau d'un Doom 3 ou d'un futur Half Life 2. On a déjà vu largement mieux sur XBox. Cependant, l'action et le rythme sont tels, que l'on oublie tous les mauvais effets du clipping et du flou (volontaire) lors de l'affichage de l'horizon. L'univers est d'une profondeur extrême, puisque vous aurez l'occasion de le voir de haut avec votre soucoupe. Eh oui, comme si le massacre sur Terre ne suffisait pas, vous pourrez cramer les habitations et les humains grâce à un super rayon de la mort. Le laser et les flammes sont au passage très bien modélisés.
La faiblesse du jeu est de ne pas présenter un monde 100% destructible. Le jeu offre tellement de pistes funs, que le joueur en demande encore et encore. Par exemple, de nombreux objets ne peuvent être manipulés avec vos capacités psy. C'est parfois frustrant, voire handicapant en jeu. Quand vous avez des militaires à vos trousses, que vous voyez un rocher devant vous, vous vous dites: pierre qui vole écrase militaire. Vous stoppez, prêt à faire face avec votre grosse... pierre tenue fermement par votre gros... cerveau. Malheureusement celle ci ne décolle pas d'un micron de poil de morpion. C'est dommage, vous êtes morts. Un indice sur les objets utilisables (passage en halo, petite flèche au dessus, rape lumineuse de 1Méga Watt autour) aurez été utile. De plus on a du mal à comprendre que lorsque l'on enflamme une maison ou que l'on balaye une forêt au crache flamme, la verdure environnante ne s'embrase pas
Enfin, nous nous devons de juger l'IA de ce jeu. Si souvent elle paraît débile ce n'est pas parce qu'elle est mal programmée. je crois que c'est surtout que , comme la majeure partie des pinpins humains du jeu, vous feriez sûrement un truc débile face à un extraterrestre (premier effet kiss cool). Je pense entre autre à des trucs du style: partir en courant à l'opposé en criant, revenir avec un fusil et tirer sans se poser de questions, venir lui serrer la patte alors qu'il a une arme braquée sur vous, ou encore téléphoner à Jaques Pradel, Chris Carter ou encore Jean Claude Bourret pour leur dire que vous êtes devenu croyant ! Bref, rien de vraiment constructif, comme les bots du jeu. Par contre, quand des agents entraînés débarquent pour vous plomber les fesses, autant vous dire qu'ils ratent rarement leur cible, et que le lapin, c'est vous (deuxième effet kiss cool).
Du coup la difficulté du jeu s'articule sympathiquement entre des scènes de pur délire et des séquences d'actions à couteau tirés. Si parfois votre préoccupation sera de massacrer les vaches à coup de Chevrolet, elle sera à d'autres moments de se trouver la meilleure stratégie pour échapper à d'éventuels poursuivants, sans y laisser des plumes.
Conclusion :
Destroy All Humans est un jeu complètement à part. Ce FPS original remet un peu d'air dans un genre saturé de produits moyens, de moins en moins originaux. Grâce à celui ci , on reprend goût au shooting sur XBox. La réalisation et l'humour décapant en font un incontournable, pour ceux qui trouvent que des titres comme Area 51, ou Pariah se prennent un peu beaucoup trop au sérieux.
Les plus : Humour et réalisation réussie
Les moins : Quelques faiblesses graphiques

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