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Pro Cycling Manager 2005 sort, comme de par hasard quasiment en même temps que le Tour de France. Serait ce une coïncidence. Hmmm, je ne crois pas. Si vous n'en avez donc pas assez de voir rouler des cyclistes toute la journée, vous trouverez sûrement un moment pour manager une équipe. Pour ce test je vous conseille de préparer vos seringues et vos petites pilules. Ca fait partie des stéréotypes du cyclisme, oui. Mais c'est rudement pratique pour arriver à tenir aussi longtemps devant le PC ou devant la TV. Je suis pour le doping des spectateurs et des gamers à la caféine.

Vous êtes un grand dirigeant d'équipe cycliste. Votre mission sera de mener votre équipe vers la gloire et la renommée dans le monde des jambes rasées. Vous aurez l'occasion de faire participer votre team à la plupart des grandes épreuves mondiales. Mais attention, vos sponsors et votre boss n'hésiteront pas à vous fusiller si vous échouez.

Cyanide signe là, comme chaque année son titre deux roues. Réglé comme une horloge, le développeur sera encore présent sur la ligne de départ à l'heure. Que trouver à cette nouvelle suite? Tout d'abord, les professionnels et les accrocs du dérailleur verront les équipes, les sponsors et les coureurs mis à jour. Enfin, presque. Apparemment, toutes les licences n'ont pu être acquises. Même si ma culture dans ce domaine est plutôt limitée, le changement de nom de Ulrich pour Ulrach ne m'a pas échappé. De la même façon, quelques équipes n'ont pas leur dénomination réelle et certaines épreuves du circuit international ont été remplacées par des compétitions proches. Le plus drôle c'est le Dauphiné Libéré qui est devenu le Dauphiné Libre. L'histoire n'attend pas! Mais ceci est un détail. Les maillots sont bien présents et globalement les manques ne sont pas colossaux.
Par contre, par rapport à la plupart des titres de sport, Pro Cycling Manager 2005 se moque éperdument du physique des cyclistes. Ils ont tous la même tête et le même corps. Il est impossible de différencier deux coureurs d'une même équipe, vu qu'ils portent le même maillot. Mais bon, nous commençons par des détails qui n'ont pas vraiment d'importance. Du moment que le titre est de bonne qualité pour le reste, notamment au niveau de la simulation, on ne rallera pas.
Tiens, voila une transition excellente pour la suite. Parlons en de cette simulation. Tout d'abord, il va falloir gérer les recrutements de vos cyclistes. Vous aurez pour base les objectifs qui vous sont donnés. L'embauche se fera en fonction des statistiques. Ensuite, il sera à vote charge d'entraîner vos recrues et de les motiver pour remporter les courses. Quand je dis motiver, je ne pense bien sûr pas à contacter votre médecin traitant pour qu'il pique votre équipe avant chaque départ. Suivant les objectifs qui vous sont fixés il faudra orienter la préparation vers des domaines particuliers. Par exemple mener son équipe à la victoire n'impliquera pas forcément d'avoir un maillot jaune en permanence, mais un groupe soudé et toujours bien placé. A l'inverse, obtenir un maillot à poids impliquera un coureur performant et des hommes au service du grimpeur pour le protéger un maximum.
De leur réussite dépend la votre. Au départ vous serez associé à une équipe moyenne. Suivant vos résultats vous pourrez être contacté par des sponsors plus fortunés et des team plus en vue. Au contraire, si vous vous plantez à répétition, votre directeur vous dégagera et vous pourrez pointer chez les minables. Mais comme chacun sait, la préparation ne fait pas tout. Après avoir sélectionné votre stratégie et votre équipement (cadre, roues, casques...) il faudra faire les preuves sur la route.
Vous aurez le choix entre deux façons de suivre votre course: soit en la visualisant, soit en accédant directement aux résultats. Mais comme vous pouvez interagir et donner des ordres en pleine course, il vaut mieux prendre le temps de faire défiler le décors, même en mode rapide. En plus le jeu possède un moteur flambant neuf sur lequel nous reviendrons juste après. Les ordres à donner sont relativement basiques. Vous aurez le choix entre faire des relais courts, des échappées, des courses en tête de peloton, ou des phases de repos. Mais tout ceci n'est as si simple, un paquet de paramètres vient bousculer ces pignons pour les faire dérailler.
En premier lieu, les étapes ou les contre la montre possèdent un paysage propre. Il va donc falloir tenir compte du dénivelé, du vent et de la nature du terrain. Les performances des coureurs dépendront alors de leurs aptitudes physiques, de leur entraînement et du matos que vous leur avez filé. Des roues spéciales montagnes ne conviendront sûrement pas pour un sprint en plaine.
Qui plus est, un paramètre essentiel vient s'ajouter. Il s'agit de la fatigue du coureur, qui est traduite par une jauge d'alimentation. Quand celle ci est en bas, le coureur s'envoie une dose (de sucre) et il repart pour un tour. Mais ces réserves ne sont pas infinies. Le cyclisme, c'est du sport, c'est pas une randonnée pique nique. Si il ne peut plus se rassasier, alors ses forces diminuent et il perd peu à peu de la vitesse. C'est d'ailleurs très gênant, lorsqu'il faut faire un sprint à l'arrivée et que votre concurrent est à plat. A l'inverse, si vous gérez vos coures comme des Dieux, vous pourrez leur ordonner de prendre leur ration en avance. Comme ça ils seront au mieux de leur forme pour attaquer une partie stratégique de la course. Ceci est très pratique pour obtenir le maillot du meilleur grimpeur.
Enfin, une course ne serait pas une course sans ses aléas. Désormais, vous ne serez plus à l'abri d'une crevaison ou d'une chute. Ajoutez à cela une AI perverse qui agit de manière logique et vous obtenez de nombreuses heures de casse tête et de stress. Elle n'hésite pas à balancer des échappées pour essayer de creuser l'écart, ou de lancer un sprint en côte pour ravir le maillot à poids. Mais malgré tout ça, mater 200km de bitume ça devient vite lassant, même en x8. Surtout que dans ce cas, vous louperez touts les moments clefs de la course.
Cyanide a mis en place un moteur flambant neuf. Il est clair que dès le début, on voit que les courses sont nettement plus jolies. On peut zoomé et tourner dans tous les sens, c'est le pied (quoi de plus naturel pour un cycliste). Mais surtout, il ne faut pas regarder de trop près. De nombreux bugs d'affichage se glissent sans cesse, du plus anodin, au plus handicapant. Parmi les trucs choquants, on peut notamment noter des cyclistes dont les physiques se traversent comme s'ils n'étaient faits que de gaz. J'étais sûr qu'ils s'étaient dopés, mais à ce point! Ensuite, on a un public en 3D. Il est formidablement représenté mais, il est un peu statique. Il aurait eu besoin d'un bon coup de picouse magique. Les spectateurs sont figés dans leurs positions ce qui donne un côté assez ridicule à l'assistance. On continue cette série avec des changements de plan qui cassent les yeux lorsque l'on passe d'un peloton à une échappée (et vice et versa) ou quand des virages secs sont pris. L'écran bouge violemment et ça détruit les yeux, purement et simplement. Mais le pire est encore à venir. Il arrive que l'affichage plante d'un coup. Et pouf, c'est parti pour un écran gris pendant 200 bornes. Et en plus, on a risque substantiel de perdre la course puisque les ordres sont donnés en aveugle aux coureurs. Il n'y a pas à dire, il est trop top ce nouveau moteur!
Hélas les désagréments ne s'arrêtent pas au graphisme. Les temps de chargement sont assommants. Mais la palme d'or revient à la restauration des sauvegardes qui a sérieusement tendance à dérailler. Et hop, un petit reboot! Je suppose que le jeu a eu un développement final un peu speedé pour pouvoir répondre aux impératifs du Tour de France. Mais le produit mis en rayon n'est pas stable. Même si Cyanide prévoit un patch correctif dans les prochains jours, les bugs sont trop nombreux pour ne pas être préjudiciables au jeu.
Au même titre, on trouve une bande son pas franchement top. Pour être plus précis, les phases de gestion sont accompagnées d'une musique limite répétitive et saoulante. Quant au fond sonore des courses, il est ponctué par des commentateurs qui ont un tel feeling! Pfff, ça fait peur. Le public crie comme dans un stade de foot, ce qui contraste vachement avec leur dynamisme (ils sont fixes). bref, Cyanide, n'a toujours pas résolu le problème sonore inhérent aux autres épisodes.
Conclusion :
Pro Cycling Manager 2005 est à réserver à ceux qui ne connaissent pas la série. Les autres y trouveront un sérieux goût de déjà vu. Seule l'arrivée d'un patch rapidement pourrait me convaincre de le conseiller aux accros des Pro Cycling Manager, tant les bugs sont nombreux. D'un autre côté, la gestion est fort bien travaillée et plutôt passionnante. Ce déséquilibre profond me met mal à l'aise pour juger. Mais le bénéfice du doute et la rareté de titres sur le vélo aident à accepter certain sacrifices.
Les plus : une bonne simulation, un titre qui ne court pas les rues
Les moins : de nombreux bugs, il n'y a pas toutes les licences

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