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Il paraît qu'il y a une chance sur un million de se faire mordre par une chauve souris enragée. Mais combien de chance a t'on de se prendre un gros pain dans la figure par une chauve souris humaine. Beaucoup si on est un criminel. Incarné à l'écran par Christian Bale (American Psycho, Le règne du feu), Batman Begins nous amène aux origines du héros tout de noir vêtu. On nous annonce un jeu basé sur la peur des ennemis, on en attend pas moins cette nouvelle apparition du DC Comics sur console.

Bon alors, ça va être un peu dur par rapport au jeu vu qu'il fonctionne au début sous forme de flash back. Alors grossomodo. Bruce Wayne est le fils d'un riche corporatiste. A la sortie d'un théâtre, lui et sa femme se font assassiner sous les yeux du petit Bruce. Les années passe et Bruce ressent un besoin de vengeance. Il décide d'aller se former dans un temple dans les montagnes du Tibet, à la ligue des assassins. Comme la ligue veut se servir de lui pour purifier (=détruire) Gotham, il bousille la ligue et file vers Gotham où il entame sa lutte contre le crime, Falcone et Crane. Pourtant, il est persuadé que quelqu'un d'encore plus puissant tire les ficelles. Mais qui cela peut il donc être?

Tout d'abord, il faut savoir que le jeu ne suit pas exactement le film. Les scène ne sont pas montées forcément dans l'ordre. Donc, même si vous avez vu le film, vous allez le re-découvrir dans le jeu. C'est un peu comme si on assistait à un montage alternatif de l'oeuvre cinématographique. Hormis cela, la trame principale est préservée, du moins pour la forme. Pour le fond, c'est un peu différent. Batman Begins était centré sur le parcours initiatique de Bruce Wayne, sur ce qui a fait de lui le justicier de l'ombre qu'il est aujourdh'ui, sur ses motivations, ses craintes, ses erreurs. Dans le jeu, on entre quasiment directement dans le vif de sujet. Un simple passage avec Ras Al Ghul pour apprendre les commandes de base et deux ou trois scènes du film, et zou, c'est parti comme en 40. Quelques aménagements ont été effectués au passage comme renommer la ligue des ombres pour la ligue des assassins (beaucoup moins explicite à mon goût). La lineup du jeu démarre à Gotham, alors que Falcone et Crane commencent leurs histoires avec l'eau de la ville.
Au point de vue du Gameplay, Batman Begins profite exclusivement de la peur que peut inspirer la peur du héros masqué à ses ennemis. Plus votre réputation est grande, plus ils sont terrorisés. Du coup, leur combativité faiblit considérablement. Ce titre est tout sauf un jeu d'action pure. Il est plutôt entre un Max Payne, un Splinter Cell très light et un Punisher. Votre but ultime sera d'interroger vos adversaires pour apprendre d'eux les peurs des big boss. Pour certains il s'agira de la claustrophobie, pour d'autre du vertige. C'est une solution alternative à la violence pure et dure, et plutôt amusante à jouer.
Pour parvenir à vos fins, il faudra, comme vous l'a enseigné le vieux (en fait, très très très....très vieux) Ras al Ghul utiliser au maximum votre environnement pour coller les miquettes aux méchants de base. Vous devrez également manier les déplacement silencieux, les neutralisations dans le dos, et les rapprochements par en haut. Quoi de plus marrant que de chopper un mec par le colbac et de le placer à 20m du sol pour lui faire cracher le morceau. Ajoutez des actions particulières via l'environnement (chariot élévateur, vanne d'évacuation, ascenseurs, grues...), des gadgets à la Batman (Shurikens, Batarangs, Grenades aveuglantes; Kit de hacking...) et de quoi jauger de votre discrétion (compteur cardio et detecteur de bruits), et vous obtenez un parfait petit justicier chauve souris!
Cependant cette manière de jouer se répète presque indéfiniment. Il n'y a que lorsque vous enfourcherez votre proto batmobile que vous pourrez échapper aux interminables labyrinthes de discrétion. Et encore, la course avec la voiture est assez courte et vraiment trop facile pour quelqu'un qui a déjà joué à un jeu de bagniole. Si, par inadvertance vous heurtez des civils, vous perdez de la réputation, mais s'il s'agit de voitures de malfrats, là vous en gagnez. Mais en soit, on se lasse vite d'une voiture trop maniable et quasiment indestructible
Comme je le disais plus haut, le Game play lasse un peu. A force de se planquer, d'attendre, de recueillir des informations, on en a un petit peu marre. Alors on se rappelle qu'on ne s'appelle Sam Fisher, qu'on est un héros de Comics, un justicier de l'ombre avec tout ce qu'il faut là où il faut. Alors on fonce au corps à corps. Conclusion: Batman n'est qu'un homme (tout comme Sam), alors chauve souris ou pas, une rafale de mitraillette suffit pour vous dézinguer en 2 secondes. Moralité, il faut, même si on veut un peu d'action, subtilement éliminer les ennemis armés depuis l'ombre, par des moyens détournés, pour ne pas crever comme un sombre idiot. Le pire, c'est que dans ce jeu, on a l'impression que, quelle que soit la manière dont on fait une chose, c'était la seule option. Le scénario des niveaux semble être d'un déterminisme absolu. Une place infime est laissée à la fantaisie du joueur.
Fort heureusement, certaines séquences, vous obligent à faire du combat au corps à corps, de fracasser à coups de pied et de poings ces pourritures de criminels. Oui mais voila, la maniabilité en combat est déplorable. Il est extrêmement dur de mener les assauts du justicier de l'ombre. La caméra bouge sans cesse et la visée est plus qu'imprécise. Il faut une bonne dose de sang froid pour arriver à toucher proprement un ennemi.
En plus, en se rend vite compte que le combat manque cruellement de rythme. Seulement 4 coups de base pour venir à bout d'un ennemi c'est vraiment limitatif. Pas un seul combo, pas une seule once d'upgrade n'est prévue au programme. Pffff.... jusqu'au bout il faut enchaîner ces coups de poing et de pied ennuyeux à mourir. On ne même pas ramasser les armes perdues par les criminels. Elles disparaissent en même temps qu'eux. Eh ben, c'est vachement limité, un justicier.
Mais ce défaut de maniabilité ne s'arrête pas là. Même dans le déplacement dans les niveaux, Batman est lourd. Sa démarche fait penser à Balou dans le livre de la jungle. Ou alors, il a peut être mangé un peu trop de cassoulet avant de partir en mission. On ne sait pas trop. On a souvent du mal à se placer. Il faut souvent recentrer la caméra et la sélection des cibles n'est pas des aisée. Heureusement que les check points sont proches, parce qu'il arrive souvent de chuter dans le vide ou de tomber au milieu des ennemis sans vraiment le vouloir. Hop, un appui inconsidéré d'une seconde, et tous les larbins se ramènent pour truffer de plomb votre usine à guano. Bref, on a vu mieux en matière de maniabilité.
Pour en finir avec mes critiques acerbes et gratuites sur le vengeur masqué, il convient de donner quelques mots sur l'IA. Elle aussi semble avoir quelques antécédents familiaux avec la chauve souris. Elle est complètement aveugle. Il suffit parfois de prendre un peu d'élévation pour passer inaperçu, même si vous marchez sur des grilles de fer bruillantes à souhait. Par contre, dès qu'elle vous voit, elle vous allume, même à 100m. Et là, plus question de problèmes de vision.... Même remarque pour des combats où les personnages frappent parfois dans le vide, sans raison.
Mais Batman Begins possède un graphisme de très bon aloi. Il rappelle complètement l'ambiance dark et glauque du film. On se laisse prendre par ce Gotham aux dimensions fantastiques. Il n'y a quasiment aucun bug graphique à répertorier. Les niveaux sont très vastes. Même si on en visite qu'une partie, on a une impression de gigantisme. Le détail des personnages est très fidèle à celui du film. Pour peu on reconnaîtrait les acteurs. Les character design ont su saisir les attitudes de Christian Bale pour nous donner un Justicier Masqué au visage expressif. Le costume de Batman est très proche de celui du film. Du bon boulot de ce côté.
On peut adresser la même remarque à une bande son qui accompagne parfaitement l'action. Et en plus, elle a le mérite de ne pas être prise de tête. J'adresserai juste un petit reproche à la personne qui assure le doublage du personnage de la ravissante Katie Holmes. Son entrain et sa justesse sont vraiment ratés. On dirait une vraie cruche. Mais, le personnage n'est pas prépondérant dans l'aventure.
Conclusion :
Le gameplay de Batman se veut alternatif. C'est un plus, mais il restreint trop les séquences d'actions pure et dure. Le jeu reste dans la moyenne. Il aurait pu faire figure de bon jeu, si la maniabilité n'avait pas été aussi déplorable. L'ambiance globale est fidèle au film. Les fans y trouveront leur compte, les autres une curiosité à voir en occaz.
Les plus : Ambiance, Gameplay original
Les moins : Gameplay mal géré, maniabilité qui laisse à désirer

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