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Alors qu'il fait très chaud (trop chaud diront certains), j'ai décidé de vous embarquer vers un jeu où il fait froid (pas assez diront certains). Nous voici donc dans Fahrenheit - The Indigo Prophétie. Comme l'action se déroule en plein milieu d'un New York de Janvier avec de la neige tout partout et un dérèglement climatique à la clef, on se dit qu'on va pouvoir entonner du Chimène Badi à fond et que l'on va parler du Jour d'après. Eh bien non, Fahrenheit est un jeu des plus sérieux et qui ne manque pas de nous surprendre.

New York, Hiver 2006, un manteau de neige a recouvert une cité de New York paralysée. La ville n'a jamais connu d'hiver aussi rudes. Ce dérèglement serait il la cause de cette vague de meurtres étranges, de ces simples passants qui soudain, assassinent au hasard violemment. Cela aurait il un rapport avec cette légende de l'enfant Indigo, détenteur d'un Savoir Suprème, ou tout cela n'est t'il qu'un mauvais rêve. Non je ne crois, j'ai bien tué cette homme. Je l'ai poignardé de sang froid, et maintenant, il faut que je quitte les toilettes de ce restaurant sans me faire pendre. Aller courage Lucas, tu peux y arriver.

Avant de nous pencher sur le contenu de Fahrenheit, nous allons faire un petit flashback sur ses origines. A la base, le jeu se nommait "The Nomad Soul" et devait être distribué par épisodes de quelques heures. La commercialisation devait se faire comme "La ligne verte", ou plus récemment, le jeu vidéo "Sin". Cependant, après quelques changements et passations de réalisation, l'équipe de Quantic Dreams est revenu à un packaging boîte, nettement plus classique. Cependant, le titre se démarque facilement de la concurrence par un gameplay original et travaillé, même si il aurait besoin de mises au point.
Concrètement, vous devrez incarner plusieurs personnage successivement et alternativement. D'un côté vous suivrez l'assassin, à l'insu de son plein grès, Lucas Kane. De l'autre, il faudra mener l'enquête avec l'inspecteur Carla Valenti, en charge de l'affaire. Grâce à cette dualité, il faudra comprendre et percer les secrets de ces phénomènes que l'on peut qualifier de paranormaux.
Deux innovations principales apparaissent dans Fahreneheit. Tout d'abord, le scénario n'est pas spécialement linéaire. Chacun de vos actes aura des répercutions sur la suite des évènements. Par exemple, après avoir poignardé le type, il va falloir planquer le corps, se nettoyer du sang et sortir. Une connaissance parfaite de la série Les Experts est un plus indéniable. Si vous retournez dans la salle de restaurant maculé de sang, on va bien se douter que vous n'êtes pas le boucher du coin, et le flic qui est au comptoir ne tardera pas à vous arrêter. Mais ce n'est pas tout, le mode caméra passera en split screen, et montrera d'un côté vos actions, et sur l'autre les réactions en salle. Vous verrez par exemple le flic se lever et se diriger vers les toilettes. A vous de prendre un coup d'adrénaline pour finir le travail de camouflage. Mais peut être avait vous oublié un détail. Ce n'est sûrement pas maintenant que j'ai fui dans le métro, et pensé à payer l'addition à la serveuse que je vais retourner vérifier. Ca y'est, Je me souviens, j'ai laissé le couteau avec mes empreintes. Donc vous le voyez, une séquence n'a pas une seule issu. C'est le multipass.
Si au départ on trouve cela marrant de se dire qu'on a peut être oublié un truc, cette technique peut vous faire devenir complètement parano. A force de jouer, on encourt à chaque fois les risque d'essayer de penser à tout, et d'en oublier un peu le reste du scénario. Enfin, si le multipass ouvre des perspectives, il reste de tout même limité. On ne peut pas faire ce que l'on veut. Tout est très scénarisé et très chronométré, d'autant plus que seules une deux réelles options permettent à chaque fois de s'en sortir. A vous de suivre la logique des programmeurs.
Ensuite, on ne peut pas passer à côté de son côté point and click amélioré. Au lieu de cliquer comme un idiot dès que quelque chose s'affiche, il faudra faire un mouvement adéquat avec la souris (bouton gauche enfoncé), un peu dans le style Black and White. En général ces mouvements sont en corrélation avec l'action exécutée pour favoriser l'immersion. Le principe se résume à faire un mouvement de bas en haut pour ramasser, de droite à gauche pour ouvrir un mitigeur ou de haut en bas pour s'asseoir. De même, lors des actions physiques ou mentalement difficiles, il va falloir mitrailler les flèches droite et gauche du clavier pour finir dans les temps. Une jauge de stress apparaîtra dans certains cas pour vérifier si vous pétez un plomb ou non, comme dirait Disiz la Peste.
Là encore le principe est sympa car il permet de sortir des standards de base, mais je doute que cela convienne à tous les habitués du genre. En effet, cela oblige à quitter l'écran de jeu des yeux pour regarder les petits icônes en haut de l'écran qui vous indiquent le mouvement à suivre. Et le moment de réflexion "zut, c'est gauche droite ou droite gauche" suffit à vous faire perdre le fil du scénario. Le MPAR (Motion Physical Action Reaction) de David Cage (Quantic Dreams) a ses limites. Mais il a un avantage que l'on ne peut voir avec un clavier et une souris. Il rend l'utilisation du jeu ultra simple avec une manette. Un mouvement haut bas est bien plus intuitif avec une manette qu'avec une souris. Comme le jeu risque d'avoir droit à une adaptation console, le système sera à 100% efficace. Donc, bizarrement, Fahrenheit sera un jeu d'aventure où le pad sera recommandé. Décidément, il ne fait rien comme les autres.
Le graphisme du jeu est assez moyen. Mais je ne m'engagerai pas plus, puisque nous ne parlons pas d'une version finalisée. Et force est de constater qu'il y a eu des titres bien pires à ce niveau de conception. Quantic Dreams a promis un travail particulier pour les visages et pour le mouvement des lèvres. Si tel est le cas, espérons que le casting des doubleurs sera assez réussi, pour conforter ces optimisations.
La seule chose vraiment pénible, est une maniabilité pas top et un déplacement lourd. Lorsqu'ils se déplacent, les gens ont des mouvements qui ne sont pas vraiment naturels. Qui plus est, il est souvent très dur de s'orienter correctement vers un objet en particulier, ou de parler à une personne précise. Lorsque vous accomplissez une action, l'icône ne vous indique pas son but. On arrive à s'en douter, mais parfois, on a des surprises. Enfin, les dialogues sont ultra scénarisés et préparés. Quand je suis sorti des toilettes pour parler au flic, je n'ai même pas pu lui raconter un bobard. "C'est affreux monsieur le policier, ça a tranché!". A la place, il est sorti sans mon consentement une phrase, que même moi, avec deux bouteilles de whisky (l'abus d'alcool est dangereux pour les neurones) je n'aurait pu gober, sauf avec des glaçons....
Conclusion :
Voilà u jeu qui propose un bon scénario à la X-Files, avec des effets de caméra à la 24 Heures Chrono. Il vaut le coup d'oeil car sa facture est tout à fait respectable. Cependant, on se rend rapidement compte que les systèmes innovants tels que le Multipass ou le MPAR peuvent être encore améliorés, pour en tirer pleinement partie. Si vous avez apprécié Still Life, vous adhérerez à Fahrenheit.
Les plus : Originalité, scénario travaillé
Les moins : Manque de maturité pour le gameplay

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