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Je crois que pour tester Killer 7 il faut une bonne préparation. Je dirais même une très bonne préparation mentale. C'est le genre de titre qui nécessite un stage de 2 mois chez des moines boudhistes, qui vous passent en boucle Las Vegas Parano en vous faisant fumer un calumet indien, coupé avec de l'Opium. Même shooté à la Kurt Cobain, vous risquez avoir du mal à appréhender ce titre. Attention, nous allons toucher aux mécanismes métaphysiques des pensées iconoclastes et désoxydées par les désirs excommuniés de la fatalité, destitués, et vice et Versa.... Bienvenue dans le monde psychédélique de Killer 7.

Oulalalalalala. Il faut que vous décrive l'histoire du jeu. Donc, au départ, il y a un CD vierge et un programme grâce à une chaîne de production... Oui je noie le poisson. Il faut dire, que le début est tellement zarb, qu'on ne comprend tout que vers la fin (si on a le courage d'y parvenir). Je vais quand même essayer. Vous êtes un assassin, ou plutôt un groupe d'assassin. En fait votre personnage a la possibilité de changer de personnalité et d'apparence via un poste de TV (cherchez pas à comprendre). Vous arrivez dans un bâtiment où l'ambiance est plutôt space pour remplir votre contrat. Là, vous apprenez que des êtres (les heaven smiles) ont pris d'assaut les lieux. Votre but, trouver le chef.

La première remarque est que Killer 7 n'est pas un jeu vidéo à proprement dit. Il s'agit plus d'une oeuvre d'art collective. Il va donc être difficile de le noter sur des critères conventionnels. Du fait de sa nature, il vaut mieux le juger comme un bouquin ou comme un tableau. Que l'on aime Picasso ou pas, que l'on apprécie Boris Vian ou non, les deux personnages ont produit des réalisations en dehors des sentiers battus, et l'on ne peut que les apprécier de manière subjectives. Alors que certains s'extasieront sur le cubisme précisant le choix judicieux des couleurs, d'autres pesteront: "Pff mon gamin de 6 mois il en fait autant quand il renvoie son petit pot en colis express".
Ainsi Killer 7 a un style particulier. On ne peut que féliciter Capcom pour fournir des titres aussi avant-gardistes Dès l'intro, on voit un graphisme simpliste, mais tellement torturé. Les contrastes sont parfois énormes pour faire ressortir encore plus, l'angoisse, la douleur et le mystère. De plus, le trait sec et filiforme des visages et des personnages leur donne aspect irréel. Si j'osais, je dirais même cadavérique. Pourtant, si l'on se place d'un point de vue objectif, le jeu ne vaut pas grand chose. Techniquement, il est à cent lieux d'être qualifié de correct. Mais bizarrement, on s'en fiche. L'esthétique prime largement. De toute façon, dès que vous verrez une image, vous aurez spontanément une de ses trois réactions.
Côté scénario, on est pas déçu du voyage. On patauge semoule pendant un bon moment. Il achèvera rapidement les plus sceptiques, qui utiliseront alors le Disk comme freezbee sur la plage. Par contre, il plongera encore plus les curieux dans son univers. Le premier choc est le contact avec le/les personnages. On a l'impression que tous font partie intégrante d'une seule et même personne. Toutes ont le même but, le même objectif, mais ne se croisent jamais. La présence des Heaven Smiles, sortes de monstres, est encore plus stupéfiante. Alors que dans les premières secondes, on a l'impression qu'on a en charge liquider du ET à tout va, on se rend subitement compte, que ces êtres n'hésitent pas s'auto détruire pour massacrer. Sont ce des kamikazes envoyés par Missire Bin Laden? Qui plus est, on parle de démons, de paradis, de balles maudites. Pour couronner le tout ces saletés de bestioles ne sont pas visibles à l'oeil nu.... Où suis je tombé?
Heureusement, à chaque coin de décors, un de vos serviteur vous donne un coup de main, en prenant bien soin de vous rappeler que vous êtes dans le pétrin. Il apparaît et il disparaît à sa guise, suspendu en permanence au plafond. Et ce dernier n'est qu'une infime partie des êtres hors normes de ce jeu. Un gars qui tient un masque, un autre avec le dos arraché, une tête dans un séchoir à linge. Bref, si vous avez pris un pétard avant de jouer, vous trouverez cela totalement normal; pour les autres, prévoyez une camisole, et réservez d'ores et déjà une chambre dans l'hopital psychiatrique le plus proche.
Histoire d'éclairer un peu tout cela, je vais vous débroussailler au bulldozer la trame principale, pour savoir où vous mettez les pieds. Le Japon est au bord d'une crise qui pourrait causer sa perte. C'est dans ce contexte, avec le groupe seven, que vous intervenez. Harman Smith a sous sa croupe 7 tueurs à gages spécialisés et a pour but de rétablir l'ordre. Et avec ses données, il va falloir naviguer entre réalité, cauchemar et délires psychotiques. Qui est vraiment Harman Smith, qui sont ces Heaven Smiles, ou suis je vraiment? Le scénario est très efficace, pour peu qu'on aime se creuser le cortex cérébral au scalpel .
Venons en au Gameplay. Sa réalisation est ultra minimaliste. A première vue on a affaire à un jeu de tir. Cependant, votre capacité de mouvement est très limitée. Le bouton A pour avancer, le bouton B pour faire demi tour, une gâchette pour viser, une pour voir les bestioles, un bouton de tir et un de recharge. Techniquement le déplacement est lourd. A force d'appuyer sur A et d'avoir à sélectionner entre deux cases pour savoir si on prend à droite ou à gauche, on se lasse. Il en va de même pour le système de tir. Une fois en position, vous ne bougez plus. Il suffit de déplacer le curseur pour shooter la créature. Si vous touchez une particule doré,e c'est le perfect. Le seul hic, est que cela ne vaut pas mieux qu'un shoot en deux 2D, genre Duck Hunt sur NES. Là encore on en a vite marre de tirer de manière aussi molle. A chaque Heaven que vous blesserez correctement, vous gagnerez du sang. Stocké dans des capsules, il vous régénérera, vous donnera accès à des tirs plus puissants ou vous permettra de progresser.
Comme nous l'avons plus haut, plusieurs tueurs sont disponibles. Chacun a son propre caractère et ses propres capacités. Garcian est peu efficace en combat mais peut ressusciter les personnages morts. Kaede tire précisément et peut utiliser son sang pour se frayer des passages, mais sa recharge est lente. Con tire et recharge vite, malgré une puissance de feu limitée. Kevin peut se rendre invisible et lancer des couteaux en continu. Et ainsi de suite pour chaque personnage. Suivant l'action ou la mission en cours, il vous faudra permuter les personnages via une salle spéciale (la salle d'Harman) et un poste de TV.
Maintenant que nous avons tiré les cartes sans trop prendre partie, abattons maintenant notre jeu pour donner un véritable avis sur le tire. Ce qui est certain, c'est que killer 7 tranche et que son aspect esthétiques est irréprochable. Maintenant, il ne faut pas non plus crier au génie. Le gameplay est vraiment trop réduit pour permettre de prendre du plaisir. Il s'agit plus d'une aventure interactive qu'un réel jeu de combat. De même, certaines énigmes sont tellement tirées par les cheveux qu'on en vient à se demander si on ne se moque pas de nous. Aller chercher une bague de feu en parlant à une tête dans un séchoir à cheveu, pour, après avoir tiré une balle sur un masque (qui pompe le sang), allumer des bougies dans un ordre précis, afin de déverrouiller une étagère et obtenir un objet.... c'est un peu lourd... surtout que là, je n'en rajoute pas. C'est tel que je l'ai joué.
Enfin, la dernière grosse critique est d'ordre visuelle. Jouer trop longtemps à ce jeu vous bousille les yeux. Primo, les Heaven ne sont pas visibles à l'oeil nu. Par conséquent, il faut imiter le predator et basculer en permanence son mode de vision. Ensuite, à chaque nouvelle section, vous vous mangez un écran bleu ou rouge qui vous bousille les n'oeils. Veillez à ne pas jouer dans le noir si vous ne voulez pas finir avec une migraine. Je croix qu'un vampire serait rapidement réduit en cendre de part la violence de certains contrastes.
Conclusion :
Killer 7 est un OVNI. Avant d'acheter le jeu, je vous conseille fortement de l'essayer de vos propres mains. Même si le titre a une certaine tenue, il se rapproche plus d'un essai philosophique ou fantastique que d'un jeu vidéo à proprement dit. A mon avis, le titre ne conviendra qu'à un public très restreint. Même si, ayant passé les premières heures de jeu, l'intérêt grandit, le côté trop psyché (voir complètement chtarbé) et le Gameplay trop sobre lasseront bon nombres de gamers dès les premières minutes.
Les plus : Originalité, scénario travaillé
Les moins : Gameplay pauvre, énigmes sans queue ni tête, massacre des yeux

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