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Pour commencer, voici une petite leçon d'anglais. C'est encore les vacances, alors c'est pour ça; une petite révision ne fera pas de mal. FEAR signifie peur. Oui mais non. En fait FEAR sont les initiales de First Encounter Assault Recon. Ah ah ah, je vous ai bien eu. Mais comme FEAR Est un FPS où, accessoirement, on arrive à sursauter comme un épileptique branché sur du 220V, le nom est plutôt bien choisi. A croire que Monolith l'a fait exprès.

Un complexe militaire aérospatial est pris d'assaut par un commando armé. L'action n'es pas revendiqué et aucune rançon n'est demandée pour libérer les civils à l'intérieur. Le gouvernement réplique en y envoyant ses propres sections. Malheureusement, ces dernières se font défaire par une force largement supérieure. Il ne reste qu'une option: vous. Comme d'hab, vous avez été entraîné pendant de long mois pour ce genre de situation. Vous êtes capable de survivre à un pleine jungle en ne vous nourrissant que de vos propres excréments et en buvant l'eau de pluie (techniques très utiles dans un complexe futuriste). Il va donc vous falloir intervenir pour débloquer la situation, flingue au poing. Pour être sûr de votre réussite, on vous confie des armes dernier cri (aaaaahhhhh) et on vous donne carte blanche.

FEAR, commence comme un FPS classique. Très bien réalisé, les images font largement penser à Half Life 2 d'un point de leur qualité. On ne s'y trompe pas. Honnêtement, quand vous vous lancez dans ce jeu, vous préparez la mitrailleuse et vous apprêtez à tirer sur tout ce qui bouge. Pourtant, les premiers couloirs sont désespérément vides et noirs. Tout est calme, trop calme. Votre seule source de lumière est bien souvent une lampe torche. Cette dernière vous éclaira quelques minutes au prix d'une charge automatique de quelques secondes. Les murs se dessinent. Bon, ils arrivent quand les méchants?
Soudain, au détour d'un couloir, on entend un rire d'enfant et des pas légers. Par pur réflexe de préservation, on se retourne et on shoote, sans sommation un .....pauvre baril qui n'a rien demandé. Petit à petit, les ennemis font face et on peut enfin dézinguer à grands coups de fusil à pompe, de mitrailleuse, d'armes à fort pouvoir pénétrant, ou encore de fusils à plasma, qui ne laissent qu'un squelette fumant pour trace. Le fight nous y reviendrons plus tard. Me voici maintenant dans un couloir noir. Je voit la porte au fond. Au moment où je m'apprête à sortir, elle me claque au nez. La saleté (pour ne pas dire autre chose). La pièce plonge dans l'obscurité. On y voit rien. Du coup j'allume ma lampe. Dans le faisceau une ombre fonce sur moi. Me voici dans un autre couloir, où des rires d'enfants et des petits pas rouges me glace le sang. Une silhouette immatérielle de petite fille flotte au plafond, irréelle. Suis je vraiment dans un FPS classique?
Ce jeu est vraiment éprouvant pour le coeur. Tout se passe sous deux facettes. La première vous place dans le pur FPS. Vous avez en face des ennemis qui sont là pour vous abattre. Comprenez par là, qu'ils ne vont pas taper la tarot avec une bibine pendant que vous les arrosez. Déjà en mode facile ils vous shootent directement (heureusement avec peu de précision), mais toujours dans un esprit logique. J'ai été très agréablement surpris de la qualité de l'IA. Les bots se mettent à couvert, s'assistent, balance des grenades et n'hésitent pas à détourner votre attention en lançant des tirs de barrage. Il faut vraiment faire preuve de stratégie et de maîtrise de soit pour vous sortir des situations de tirs. En plus, vous êtes en sérieuse infériorité numérique, à moins que vous ne jugiez que lutter seul contre tous est un avantage.
Qui plus est, ces gars là sont des vicieux. Si au début vous shootez n'importe qui avec n'importe quoi, au bout d'un moment, certains vont se ramener avec des armures blindées. Il va donc falloir oublier votre armement de base pour le remplacer par la gamme au dessus. Pour en finir avec l'aspect pervers, il s'agit du côté noir du titre. Le jeu est sombre, donc, il faut allumer sa torche pour distinguer et donc viser les ennemis. Le seul hic est que, dès que la torche s'allume, les ennemis eux, vous voient aussi.... Je vous laisse imaginer la suite. Poutrage et plombage dans tous les sens. Vous n'êtes pas répandu, c'est un miracle. Surtout que les soldats que vous avez en face adore jouer les morts pour mieux vous exploser la caboche.
Heureusement, vous avez de quoi faire face. Tout d'abord vous avez accès à vos armes. Seulement voilà, contrairement à beaucoup de jeu, vous n'êtes pas une armurerie ambulante. Vous ne pouvez donc porter avec vous que 3 armes différentes. Ensuite, vous pourrez balancer des grenades. D'ailleurs, les explosions sont fantastiquement modélisées. Si l'une d'elle se produit trop près de vous, alors, votre écran se blanchira et un tuuuuuuuuuuuuuuut lancinent vous cassera les tympans pendant 2 ou 3 minutes. Et ce n'est pas tout. Les fusillades c'est cool, mais mieux vaut éviter de trop tirer sur les murs. Ces derniers se réduisent légèrement en poussière. Combiné à d'autres impacts, vous vous retrouvez rapidement dans le brouillard, incapable de localiser votre cible. C'est bête, hein. Oui mais c'est aussi pratique pour fuir sans être vu. Même les gros fragueurs devront par moment temporiser pour ne pas y passer.
Je vois d'ici les novices du FPS se dirent, pfff, trop dur pour moi, j'y arriverait jamais!A ceux là je leur dit que nenni. L'avantage d'un jeu qui utilise des éléments réalistes comme le fait FEAR permet d'agir de manière logique, et bien souvent, si on est pas trop bourrin on s'en sort sans une balle dans le buffet. Par exemple. Vous avez trois gars en face, vous les distinguez. Méthode 1: la kamikaze suicidaire (pléonasme pour accentuer l'idée de mort inévitable). Méthode 2: tient, il y a un joli baril "Danger explosif"(je peux lancer une grenade dessus), ou enfin, je pourrais penser à éteindre ma lampe et arrêter de courir pour m'approcher discrètement et augmenter mes chances de surprise. Bien entendu, le titre ne va pas jusqu'à un Splinter Cell, puisqu'il privilégie l'action. Mais les possibilités restent très intéressantes.
Et pour couronner le tout, vous possédez le gadget ultime. Vous avez avec vous un objet qui vous permet de passer au ralenti. Cet objet a deux avantages. Tout d'abord, il vous permet de mieux voir votre environnement. Et en plus, tout le monde bouge au ralenti. Techniquement, vous aussi êtes au ralenti. Vous ne pourrez donc pas éviter des balles à la Matrix. Faut pas pousser le bouchon trop loin Maurice. Voyez le bon côté; ça vous évitera de finir aveugle. Par contre cela vous donne un avantage stratégique indéniable lors d'attaque. Par exemple, dès qu'une détonation se produit, les ennemis plongent et se planquent. Pour éviter cela, vous les mettez dans la lunette, vous passez en slow motion et vous tirez. Du coup, les gars ne plongent pas comme ils auraient du le faire. Efficace non? On se croirait presque dans Viewtiful Joe.
Graphiquement, et au niveau du son, le titre est largement à la hauteur de ce que l'on attend voire au dessus. Les textures sont magnifiques et les objets sont très souvent interactifs. On se retrouve dans un univers à la limite entre Half Life 2 et Doom 3. Je ne pourrais pas vous donner mon avis sur les effets en pleine lumière. Le niveau testé ne se passait que de nuit et dans des corridors. Néanmoins, la gestion des ombres et des diverses sources montre la qualité du nouveau moteur de Monolith. En plus l'anti-aliasing est franchement efficace, faisant place à des représentations aux traits précis et détaillés.
Par contre, je suis plus sceptique sur la puissance machine requise pour le faire tourner. En effet, il arrive souvent que le l'écran se mettre à trembler, voire à réellement saccader en pleine séance de tir. C'est très saoulant, car, outre la gène visuelle, cela nous fait perdre toute la précision de notre titr (pour celui qui vise...). Les sauvegardes se font sous forme de checkpoints, comme la plupart de ses homologues. Par contre, dès que cela sauvegarde, lâchez vos mains du clavier. Sinon, vous risquez de faire ramer le jeu pendant une ou deux minutes. Quelques petits réglages seront peut être apportés sur la version finale, au niveau de ces gestions un peu gênantes.
Conclusion :
FEAR est un jeu sur lequel on accroche assez vite. Cela est en grande partie due à un très beau graphisme, et à un mal à l'aise omniprésent. Un minimum de mise en condition et un bon équipement sonore seront bien sûr un plus. Le contraste entre les assauts musclés au fusil, et les apparitions fantomatiques à la The Grudge, Dark Water ou encore Ring lui donne une ambiance et une identité propre. Seule ses exigences graphiques pourraient dissuader les processeurs de petites config. FEAR, ou la rencontre réussie entre le shooting à la Monolith et l'horreur vue par Hideo Nakata.
Les plus : pour la première fois un jeu m'a fait sursauter, graphisme, IA
Les moins : puissance graphique, difficulté pour des non initiés au FPS

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