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Une île déserte, la survie, ça ne vous dit rien? Koh Lanta? Oui mais, non, c'est pas vraiment à ça que je pensais. Et puis les candidats, ils se font pas plomber les fesses toutes les 2 minutes avec des commandos mercenaires bien entraînés. Je veux parler de Far Cry. Il y a deux ans, ce jeu avait été une véritable révélation. Sorti de nulle part, il s'était taillé une place au sommet, balayant au passage les "grosses productions" de l'époque. C'est donc aujourd'hui, fort logiquement, que Far Cry Instincts est attendu comme le beaujolais nouveau sur XBox.

Jack Carver s'est trouvé un coin peinard. Avec son rafiot racheté aux enchères pour une poignée de dollars, il sert de pilote aux touristes qui veulent visiter la région. Alors quand la belle Corthez décide de monter sur le bateau, pour aller photographier sur une île paumée, un bunker japonais de la seconde guerre mondiale, le Jack, il sent que ça va tourner au vinaigre. Mais comme elle paye bien, on va pas s'amuser à aller chercher des mamelles à un taureau. Le temps qu'elle face son petit tour, une sieste salvatrice fera le plus grand bien. Sauf, que la sieste tourne court, lorsqu'un hélico vient canarder le bout de taule de Jack. Dans un réflexe de survie, le boucanier plonge, et parvient à la berge. C'est sûr maintenant, il flottera moins bien le rafiot.

Far Cry Instincts c'est avant tout un jeu basé sur une trame cinématographique américaine. Un mec se retrouve contre son gré dans une machination où tout le monde le connaît mais où lui, se sent un peu seul. Au lieu de se tailler rapido de ce bazar, il persiste et gagne. On le capture, il se fait injecter un espèce de virus, et on le lâche dans la nature pour voir ce que ça donne. Heureusement Jack n'est pas un bleu. Il apprend vite à se servir de ses nouvelles facultés de Prédator, pour sortir vivant de cette île.
Afin de renforcer ce concept immersif, la caméra ne décolle jamais de la première personne. Même dans les cinématiques, vous continuez à voir de manière interactive, à travers les yeux de Carver. Et croyez moi le panel de mouvement de ce personnage est complet. Tout d'abord, trois modes de déplacement sont disponibles: debout (rapide, mais pas discret), accroupi (discret, mais lent), allongé (très pratique pour passer sous les maisons). A cela s'ajoute des fonctions secondaires, comme la possibilité de se mettre sur le dos afin de viser vers le haut.
Afin de connaître la position de vos ennemis, vous disposez d'un radar, affiché à l'écran. Ce dernier vous indique par des points le degré d'attention de chaque adversaire. Un point vert indique qu'il ne se soucie de rien, un jaune, qu'il est attentif, un orange qu'il est en acquisition de cible, en rouge qu'il vous défouraille les tripes. Plus vous serez discret, plus vous approcherez les ennemis, et plus vous pourrez progresser en sécurité, un peu à la manière d'un Splinter Cell. Par exemple, si vous êtes assez proche d'un garde, vous l'éliminerez discrètement en lui faisant un sourire rougeoyant entre les deux oreilles. De même, il sera possible de lancer des pierres pour détourner l'attention des sentinelles.
Mais ce n'est pas tout, Jack va pouvoir trouver sur place un arsenal assez vaste. Mitrailleuses, fusils de sniper, pistolets avec silencieux ou grenades feront rapidement partie de vos classiques. Les armes peuvent se tenir soit en simple, et laisser la possibilité de lancer des grenades soit en double. Chaque gâchette du pad contrôle une des mains de Jack (un peu comme dans Halo 2). A celles ci vous pourrez rajouter les tourelles de tir, disponibles dans pas mal de villages.
Qui plus est, Jack est un sacré pilote. La majeure partie de votre aventure, vous la ferez au volant de véhicule variés. Si les jeep vous assure une puissance de feu raisonnable, les quads et les zodiacs seront préférés pour les opérations d'infiltration, où la maniabilité est essentielle. L'ensemble du parc de location de Far Cry Instincts se conduit intuitivement. Le joystick analogique gauche vous permet de diriger l'engin, pendant que le droit vous permet de déplacer votre regard et de shooter ce qui passe à portée.
Il convient enfin de parler du mode Predator. Eh oui, le seul extraterrestre qui a réussi à mettre la pile à Schrwarzeneger, Dany Glover et Alien! A cause des, ou plutôt grâce aux manipulations dont vous avez été victime, un espèce de sérum vous confère des capacité animales qui sommeillaient au plus profond de vous. Vous pouvez ainsi rapidement regagner de la vie, basculer vos modes de vue (vision nocturne ou niveaux de chaleur), et acquérir une force sur-humaine. Envoyer valdinguer un commando à 15m d'un revers de la main, c'est pas vraiment courant. Pour remonter votre jauge d'adrénaline (qui correspond à votre niveau d'animalité), vous devrez récupérer des doses, ou vous comporter comme un prédateur (suivre discrètement votre proie avant de la massacrer).
Ce cocktail semble donc être proche du molotov. Pourtant, Far Cry Instincts est un peu décevant. Cela est en partie du à une première version sur PC très réussie. Tout d'abord, l'IA des ennemis n'est pas au top. Certes, ils plongent, ils cherchent et ils lancent des grenades. Des parfaits petits bidasse. Mais ils ne sont pas non plus d'une lumineuse astuce. A 10 contre 1, ils vous prennent de front sans réelle finesse, alors qu'une opération en tenaille vous aurait rendu la tâche plus difficile.
Ensuite, la difficulté est très mal gérée. Hormis quelques points délicats par ci par là, soit on fonce dans le tas, soit on est bloqué. Les passages obligatoires sont quasiment surmontés d'un panneau en néon "C''est ici que tu stoppes". Bien des fois vous passerez sans vous arrêter, le pied à fond sur l'accélérateur de la jeep. Eh oui, vos capacités d'intrusion sont souvent mises de côté pour une approche plus directe, moins fine, mais largement plus efficace. Dans le même ordre d'idée, le jeu, qui semble prôner une totale liberté, se compose de checkpoints. Bien souvent on quitte les sentiers battus, espérant trouver un raccourci ou surprendre l'ennemi. C'est peine perdue. Même si l'aire de jeu est vaste, elle est vide, et souvent violemment délimitée (comme par des murs invisibles dans l'eau, des arbres qui vous tombent devant le nez ou des barrières qui ne s'ouvriront qu'après avoir ratisser une zone). En résumé, votre unique objectif sera d'aller tout droit en bravant des check point.
Enfin, quelques petits bugs bien lourds plombent l'adaptation XBox. En premier lieu, les temps de chargement sont colossaux. Déjà, se retaper la même intro à chaque chargement du jeu, ça saoule, mais avoir le temps de se faire un café (véridique et testé) avant de commencer un niveau, c'est réellement agaçant. Et cerise sur le gâteau, il arrive au système de sauvegarde automatique de se louper. Vous venez de passer le checkpoint ultime, après 5 heures de tentatives veines. Alors, en bon soldat fatigué, vous éteignez la console, et oups, la sauvegarde elle a pas marché, faut tout recommencer. Ca en devient plus qu'agaçant, c'est le genre de truc qui vous donne envie d'apprendre à voler à la manette.
Mais Far Cry Instincts se révèle là où on ne l'attendait pas, sur le domaine du multijoueur. Eh oui, si toutes les options et les possibilités de jeu ne sont quasiment jamais exploitées en Solo, il en va autrement avec des adversaires humains et vicieux. L'utilisation des véhicules prend une réelle dimension, et le fait de jouer un seul contre tous, en mode predator est carrément jouissif. Sans point de passage imposé, le jeu s'allège grandement pour faire place à la liberté. C'est uniquement en MJ que l'on se rend compte de la taille colossale des maps.
Et au cas où vous n'en auriez pas assez, sachez qu'un éditeur de niveau gratos est fourni avec le jeu. Il est suffisamment ergonomique pour permettre des réalisations modestes en peu de temps. Alors que souvent on condamne le mode online pour les FPS, par rapport au mode solo, ici, c'est le contraire.
Conclusion :
Far Cry Instincts est un jeu agréable, mais répétitif en mode solo. Si les novices en matière de tir le trouveront d'une difficulté moyenne, les accrocs de la première heure pourront finir de tricoter leur moufle en poils de castor lapon pour cet hiver, pendant que Jack zigouille du mercenaire. Un paquet de bugs déplorables viennent gâcher une réalisation qui ne montre sa véritable valeur qu'à plusieurs.
Les plus : un multijoueur jouissif, l'éditeur de niveau
Les moins : mauvaises finitions, longuet, temps de chargement

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